Accueil > le Voyage > 1 France > Allier, Allier, quand tu nous tiens ! (...)
rechercher:

Notre Bouquin est paru!


Ce beau bébé de 0.8Kg avec ses 463 pages, et ses 158 photos noir et blanc coûte seulement 16 €,
mais avec tout son poids, si il doit voyager, son transport coûtera 6€.
Puisque tu meures d'envie de le lire, on va t'expliquer comment faire. Tu as 4 solutions:
  • - Tu envoies un chèque à l’ordre de Oswald Hoepfner ou Anne Labbé à l’adresse suivante :

    Anne et oswald
    La Roche
    36500 Vendoœuvres

  • - Tu passes un virement bancaire. IBAN : FR 02 2004 1010 0902 8374 9U03 050

    Attention ! MARQUE BIEN TON ADRESSE DANS LA CASE PRÉVUE POUR ÇA PAR TA BANQUE !

  • - Tu viens nous faire un coucou et on te fait cadeau des frais de port si tu repars avec un livre.
  • - Tu commandes en ligne. Pour ça, tu cliques sur le bouton « acheter » et tu suis les consignes.
Si tu veux plus d'infos, regarde notre article sur ce magnifique livre en cliquant ici.
  • Article

Allier, Allier, quand tu nous tiens ! Chapitre 1 Trezelles

Encore et toujours dans l’Allier. Je ne dis pas que ce n’est pas un beau dé­partement, avec ses collines bucoliques, ses forêts, ses vaches, et ses ai­mables Bourbonnais. On a même découvert un beau matin un autocollant patché sur notre remorque. Écrit dessus : « COMME NOUS, REJOIGNEZ L’ALLIER » C’est bien sympathique, on ne l’a pas décollé. Mais nous, on ai­merait bien aller un peu plus loin, quand même !
Après l’arrêt forcé de deux semaines à Trézelles pour cause de bras cassé, nous avons donc réussi l’incommensurable exploit d’accomplir… une étape !
Et nous voici arrêtés au lieu-dit « le Courty », commune de Barrais-Bus­solles, dix kilomètres plus loin.

Ah ! Trézelles ! Trézelles ! Nous ne t’oublierons jamais...
Trézelles est un très joli village d’environ 400 âmes, superbement bien entre­tenu : des fleurs partout ; un vieux moulin à l’abandon ;


un charmant parc arboré, avec parcours de santé, s’il vous plaît.
C’est le premier endroit où tout un comité d’accueil est présent pour nous souhaiter la bienvenue. Ma fracture du radius m’a empêché d’en profiter au­tant que je l’aurais souhaité ! Un grand grand merci à Alain, le sympathique maire de Trézelles, qui s’est démené pour que je puisse être transportée au plus vite à l’hôpital de Vichy, et qui a laissé à notre disposition, pour tout le temps nécessaire, le parc au bord de la Besbre.



Nous sommes stationnés non loin d’un immense hangar. Une fabrique de chars. Ouh ! Là ! Que recèlent donc les recoins secrets de cet arsenal ? Ras­surez-vous : nul engin de guerre ne sort des usines de Trézelles. Point de tank, ni de canon. Il ne s’agit que d’un dépôt d’armement festif : tout sim­plement... des chars de carnaval ! Et toute une bande de copains et copines très actifs qui pansent les bobos de la dernière sortie (fleurs à refaire ou à recoller) et bichonnent leurs « bébés » en vue de la prochaine... Le 24 Août.

Par-dessus le marché, comme pour tout carnaval qui se respecte, il est indis­pensable de sortir quelques têtes monstrueuses !

Pour prévenir de la proximité de la fête, un lapin géant qui finit par paraître beau à force d’être moche, est placé à l’entrée du village avec son panneau annonciateur.

L’emblème de Trézelles, c’est le « Tacot ». Un antique petit train, très actif avant la guerre. Il y avait une gare, à Trézelles, où deux voies se croisaient. Les paysannes du village prenaient le Tacot pour aller vendre leurs œufs, leurs volailles et leurs patates au marché de Lapalisse, et en revenir vêtue de la nouvelle robe à grosses fleurs achetée avec l’argent durement gagné. Chaque plaque portant un nom de rue, ici, porte aussi une image du Tacot. Mais pendant la guerre, les soldats Allemands ont démonté la voie ferrée pour la refondre sous forme de canons (des vrais, cette fois.) Ainsi est mort le petit train Bourbonnais.
En 1969, quelques nostalgiques ont décidé de reconstruire sur un tracteur agricole la vieille locomotive et de la faire suivre par trois wagons. Depuis, chaque année, la copie du petit train roule sur la route goudronnée, durant les trois jours que dure la fête patronale.

Comme cette fête approche à grands pas, nous sommes aux premières loges pour suivre les préparatifs !
J’essaie de dessiner un peu, mais ce n’est pas vraiment simple ! La patte gauche n’est pas habile, et la droite d’un usage fort réduit. Enfin, à force de patience, j’obtiens quand même ce petit résultat :

Si nous avons croisé beaucoup de villages moribonds : pas de boulangerie, pas de poste, pas de bistrot, encore moins d’épicerie, ce n’est pas le cas de Trézelles. Nous trouvons tout ce qu’il nous faut à portée de nos jambes. La poste est ouverte tous les matins, y compris le samedi. Une boulangerie. Un bar-restaurant. Et surtout la merveilleuse épicerie-quincaillerie-bazar-vais­selle PEJOUX , tenue par des commerçants qui savent se mettre en quatre pour satisfaire la clientèle. (exemple : le pauvre Oswald était en panne de gingembre. Le gingembre n’est probablement pas une denrée qui se consomme beaucoup à Trézelles, et il n’y en avait pas de disponible chez PEJOUX. Eh bien deux jours plus tard, Oswald avait son gingembre !)
C’est un magasin qui vend un peu de tout, à des prix tout à fait raisonnables. Comme nous n’avons pas de réfrigérateur, nous allons tous les jours y faire nos courses, en petites quantités. Pour le sac de croquettes du chien : 20 kg ! on a même été livrés. Et puis les épiciers ont régalé nos juments en leur of­frant... des feuilles de chou, des carottes un peu flétries, des déchets de sa­lade.
Cette épicerie est TOTALEMENT indépendante des grandes chaînes de dis­tribution. Elles existe depuis trois générations. Le camion Saviem qui sert à faire les tournées dans les villages et les fermes alentours, fort bien acha­landé, est âgé de 35 ans.

À Trézelles, il y a DEUX terrains de camping.

L’un dans le village, au bord de la rivière, dans le prolongement du parc où nous sommes stationnés.
Tenu par un couple de Hollandais. C’est le camping du Plan d’eau, où nous avons été très chaleureusement accueillis par Esther et Pieter-Jan. C’est ici que nous avons pu prendre des douches, laver notre linge, nous connecter à Internet...

et papoter en Anglais autour d’une tasse de café. Le camping est essentielle­ment peuplé de touristes Hollandais. Un Belge par-ci, par-là. Quelques Français, qui participaient à la semaine du cyclotourisme. Cette année, ce rassemblement se tenait dans l’Allier, pour une semaine de découverte du département. (Ça a l’air d’être un peu l’équivalent de notre Equirando, à nous autres, cavaliers.) Nous avons été surpris, le dimanche 3 Août, de voir passer tellement de cyclistes que nous avons renoncé à les compter. Et en effet, nous avons appris qu’ils étaient environ 12000 !

L’autre camping se situe dans une ferme isolée, à l’écart du village. Il est AUSSI tenu par un couple de Hollandais, et il accueille AUSSI essentielle­ment des Hollandais. C’est le domaine La Terrasse. En plus du terrain de camping classique, on trouve là deux immenses roulottes immobiles où l’on peut passer des vacances un peu plus confortables que sous la tente.
Et puis là... Maurits et Annemiek tiennent table d’hôte. Si vous êtes amateur de bonne cuisine et que vous passez par Trézelles, ne la manquez pas ! An­nemiek est à la cuisine et Maurits au service. C’est
chaleureux et SUCCULENT.

À Trézelles, vraiment... On nous propose de nous emmener voir les jeux de la Montagne Bourbonnaise. C’est Lydie et son homme qui nous emmènent. La même Lydie me prendra en charge le surlendemain pour me transbahuter jusqu’à Vichy, où on m’enlèvera le plâtre pour le remplacer par une résine, plus légère et plus confortable. MERCI Lydie !
C’est au bistrot de Trézelles , le 7 Août, que je discute avec deux hommes qui semblent se passionner pour notre aventure. En réalité, ils buvaient un verre à l’extérieur, pendant que nous étions à l’intérieur. J’ai bien entendu qu’ils par­laient de nous, mais une phrase m’a fait bondir : « Oh ! La Turquie, c’est pas bien loin. Dans un mois ils y seront ! »
(Ça fait deux mois que nous sommes partis, et nous sommes TOUJOURS en France !!!!!!!)
Alors là, je n’ai pas pu m’empêcher de sortir, et d’intervenir dans la conversa­tion. On a discuté un moment, ils nous ont offert un verre. J’ai donné à l’un d’eux notre carte avec l’adresse du site. Ça aurait pu en rester là.
Pas du tout !
Le dimanche matin, 10 Août, une camionnette vient se garer près de Kaplum­bağa. Ce sont les deux hommes d’avant-hier. Christian a regardé le site, et il a lu mon petit article au sujet de Kokopelli, le petit dieu malicieux, et de mon sac plein de graines...
Or, ce Christian (avec un joli accent ensoleillé : il est natif de Marseille) et ce Vadek (avec un joli accent plein de R roulés : il est natif de Pologne) sont de fameux jardiniers ! Ils nous apportent un cageot plein, plein, plein des pro­duits du jardin ! Salade, haricots beurre (frais, et même un bocal de conserves !), poivron, courgettes, persil, oignon, ail, menthe, et surtout, de surprenantes pommes-de-terre bicolores, issues d’un croisement accidentel, que Christian replante depuis plusieurs années. C’est son espèce à lui. Il ne lui a pas donné de nom.

Il affirme qu’elle sont très bonnes. Je confirme. Elles sont délicieuses ! Du coup, nous en gardons quelques tubercules que je vais expédier à la Roche pour les faire planter par cette Isabelle à qui nous avons confié la maison.
Du coup, je sors le sac de Kokopelli pour offrir quelques graines.


(Petite parenthèse : ça marche vraiment bien, cette idée d’échange de graines. Je ne regrette vraiment pas de l’avoir eue ! Chaque fois que nous nous trouvons chez un jardinier, je sors mon sac. Et nous avons déjà recueilli des graines : quand le sac se vide, il se remplit aussi !)

C’est seulement après le départ de Christian et Vadek, en faisant l’inventaire du cageot, que nous avons découvert une enveloppe. Dans cette enve­loppe... un tout petit talisman. C’est un drôle d’oiseau, accompagné d’un petit mot : « je sais me faire discret. SVP, prenez-moi avec vous. »
J’en ai les larmes aux yeux. Avec un morceau de raphia pris au bouquet de persil, j’ai suspendu le talisman comme un médaillon au cou de l’un de nos deux petits chevaux Ukrainiens, offerts comme porte-bonheur par Emma­nuelle avant notre départ. Au fait, ce sont peut-être eux qui empêchent que nos catastrophes ne tournent au drame ????

Comme nous n’avions pas grand-chose à faire, à Trézelles, nous en avons profité pour flemmarder. J’ai inauguré le très confortable boubou que ma fille Isabelle et son mari Ella avaient fait confectionner pour moi en vue de ce voyage.

Et nous avons accroché aux arbres nos hamacs, pour fainéanter à l’ombre quand le soleil était trop chaud ! (Ah bon ? Ça vous est arrivé, à vous, d’avoir un soleil trop chaud cet été ? Ben... Euh... C’est-à-dire que...) Bon, on a quand même réussi à profiter un tout petit peu de nos hamacs.
Comme ça :

2013-2017 Tête de Mulet
| | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | SPIP | Valid XHTML 1.0 Transitional