Accueil > le Voyage > 1 France > Allier, Allier, toujours vers l'Est. 29 (...)
rechercher:
En Roulotte pour l'Aventure !
Si ça te demange d'être informé, dès l'heureux moment où il y a un nouvel article sur ce site, tu peux inscrire ton adresse mail dans la première case ci dessous. Ensuite clique sur "inscrire".Là, tu apartiens à la secte des admirateurs de Kaplumbaga et tu recevras un mail le moment donné..
Wenn's dich juckt, immer wenn es was Neues im Schaufenster gibt, dieses auch zu erfahren, schreibe ins erste Feldchen hier unten die Adresse deines Mehlsacks rein. Jetzt klicke aufs Feldchen darunter, wo "inscrire' steht. Jetzt wird dir im gegebenen Moment stets ein Mehl rübergepudert. Prost !

.
  • Article

Allier, Allier, toujours vers l’Est. 29 Juillet 2014

Ouh là là ! Quel accueil fantastique... une fois de plus. Oswald est stupéfait de constater que l’accueil n’est pas du tout l’exception, mais bien la règle ! Je crois être un peu moins étonnée que lui.
Ce voyage nous prouve au moins que le cœur humain est beaucoup plus ouvert et chaleureux qu’on voudrait nous le faire croire. N’écoutez pas trop les informations ! Regardez autour de vous ! Observez ! Les journaux ne titrent jamais : « Grand communiqué ! Scoop ! Aujourd’hui, 95 % des Français n’ont ni volé, ni violé, ni tué ! » Et d’ailleurs, ce n’est pas un scoop. C’est un fait quotidien.
Ici, à Chantelle, pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous sommes accueillis par une famille qui habite un pavillon assez récent, avec un grand terrain attenant, dans la banlieue résidentielle du village.

Noé marche sur le pied d’Oswald, qui le sent sérieusement passer !
Notre hôte, Denis, est éducateur dans un centre pour handicapés mentaux, et... pompier volontaire. Ses trois fils sont tous pompiers. Nous sommes invités à prendre un apéritif, avec d’autres pompiers, qui va s’éterniser jusqu’à onze heures du soir !

Et depuis la fenêtre de notre chère Kaplumbağa, nous avons vue sur le puy de Dôme !

Le lendemain, Oswald passe sa journée à dormir. Le pastis de la veille ? Le gros orteil douloureux ? La fatigue accumulée ? Tout ça réuni ?(Pauvre Oswald qui s’imaginait qu’un voyage en roulotte, c’est du tranquille pépère ! Eh non ! Quand on roule, tous les matins il faut se lever tôt, préparer le petit déjeuner, démonter la clôture électrique, toiletter les juments, les garnir, les atteler ! Et sur la route, comme c’est moi qui mène, il faut qu’Oswald descende avant chaque carrefour, courre devant les juments, me fasse signe d’attendre ou de passer, remonte dans la roulotte. C’est aussi Oswald qui descend détacher Altaï quand on arrive sur une toute petite route, et qui doit le rattacher quand on retombe sur une grande. À l’arrivée, il faut encore dételer, dégarnir les juments, vérifier l’état de leurs pieds, monter la clôture électrique... et alors seulement on peut penser un peu à nous !)
Donc, je profite du sommeil d’Oswald pour me comporter comme une touriste ordinaire, appareil photo à la main... Je me balade dans Chantelle

Je découvre la plaque du médecin généraliste du coin. Impossible de résister au plaisir de la photographier. Il existe vraiment des gens qui portent un nom prédestiné !

Je descends vers les gorges de la Bouble, jolie rivière au drôle de nom. J’y découvre un moulin en ruine. Il existait le long de cette rivière de nombreux moulins, mais la plupart d’entre eux ont été détruits par des crues ravageuses. Comme quoi, le problème n’est pas nouveau ! Je passe devant la très belle abbaye des Bénédictines, qui vivent de la production de savons, de parfums et d’huiles essentielles, et qui sont le premier employeur du village.

Nuit du 21 au 22 Juillet dans une belle prairie, non loin de St Didier-la-Forêt. Lui est décorateur d’intérieur, elle maître vitrier ! Rencontre sympa mais très rapide, car ils doivent s’en aller et ne passent pas la nuit ici.

Nous partons assez tôt le matin du 22 avec l’idée d’arriver à St Gérand. Après le bourg de Billy, beau village médiéval, une très longue côte qui brusquement devient assez ardue. Noé, qui ne sait pas ménager ses efforts, glisse et trébuche. J’ai peur qu’elle ne se soit fait mal, mais elle continue bravement à marcher. Nous arrivons dans un petit village, Sanssat, environ 3 km avant St Gérand, destination prévue. Noé marche, mais je la sens mal à l’aise. Quand à moi, mon dos commence à protester. Je dis à Oswald que j’aimerais arrêter à la première occasion. Et l’occasion se trouve ici, à Sanssat. Une prairie jouxte le terrain de foot. Elle est bordée par un ruisseau, ce qui va faciliter l’abreuvement des juments. Nous suivons notre petit train-train ordinaire. Mais environ une heure après notre arrivée... Noé ne pose plus le postérieur gauche sur le sol. Elle reste immobile, tout tristounette. Pauvre Noé ! Je repense à sa glissade dans la côte. Entorse ? Le boulet est légèrement enflé, me semble-t-il. Je prépare un emplâtre à l’argile verte, et si demain matin ça ne va pas mieux, il faudra trouver un véto. Le lendemain, Noé repose le pied par terre, mais elle boite encore. Je l’examine sous toutes les coutures et je m’aperçois que les glomes (les bourrelets juste au-dessus du sabot, à l’arrière) sont sérieusement écorchés. Ça a dû frotter le goudron au moment de la dérapade ! Ça fait probablement très mal (comme quand on s’enlève le vernis de la peau) Je soigne avec la bickmore, cicatrisant très efficace. En tout cas, pas question de repartir, nous voici coincés jusqu’à guérison ! Pour nous, ce n’est pas vraiment le lieu idéal : Kaplumbağa est garée sur le bord de la route. Enfin, il faudra faire avec ! Curieux pour un si petit village, il y a ici des HLM ! Ils datent du temps où le châtelain avait créé une entreprise. Il avait fait construire ces immeubles pour loger ses employés. L’entreprise a fait faillite, mais les HLM sont restés. Et c’est Luc, qui vit ici dans un petit appartement du rez de chaussée, qui nous prend sous son aile ! Grand luxe : douche, machine à laver, connexion Internet... Sans compter qu’il nous offre un pot de miel de ses ruches et des courgettes de son jardin. Il nous emmène à Vichy, sous un terrible cagnard. Nous avons prévu le thermos plein d’eau fraîche. Luc nous conduit jusqu’à la source des Célestins, où il veut remplir ses bouteilles d’eau. Oswald marche devant moi, et horreur ! Avant que j’ai le temps de dire « ouf ! » je le vois vider le thermos de la bonne eau fraîche qu’il contient ! (Tous ceux qui me connaissent bien comprendront le sens du mot « horreur ») Je m’approche et je lui chuchote au creux de l’oreille : « Oswald ! Je déteste l’eau de Vichy !!! » Pauvre Oswaldito ! Le voilà tout penaud ! (Lui, qui la découvre, la trouve délicieuse...) Luc nous donne rendez-vous dans deux heures. Nous marchons dans Vichy sous la chaleur torride, nous découvrons des magasins sympas et nous remplissons notre panier. Incontournables : les pastilles Vichy, achetées dans une petite boutique qui ne vend que ça ! Quand enfin nous pénétrons dans un bistrot pour demander notre chemin (nous sommes un peu perdus et nous ne voulons pas faire attendre Luc) il est trop tard pour s’arrêter boire un coup : la biocoop, où nous avons rendez-vous, se trouve à deux kilomètres de là. Marcher, marcher, sur les boulevards de Vichy, qui empestent l’odeur de pot d’échappement, et soif, soif, soif ! Heureusement, à la biocoop : eau fraîche (pas de Vichy !) à disposition !
Le soir, nous dînons « dans l’ambiance », dehors, sur notre table près de la roulotte avec Luc et une amie à lui, Myriam, naturopathe de son état, qui avait très envie de nous connaître. Elle nous amène des graines pour le sac Kokopelli. Luc a préparé une soupe à l’ortie, et Myriam du riz aux courgettes avec du canard. Très chouette soirée !

Le lendemain : L’étape suivante que nous visons est Trézelles. Une bonne quinzaine de kilomètres. Pour remettre Noé dans le bain tout doucement, j’aimerais trouver une étape intermédiaire, disons 7 ou 8 km. Luc, donc, nous emmène jusqu’à Trézelles en voiture, aller par un chemin, retour par un autre, pour reconnaître les difficultés du terrain, et voir s’il y aurait une étape intermédiaire possible. Il en profite pour nous montrer le très beau lavoir dodécagonal de St-Gérand avec son impluvium pour récupérer l’eau de pluie. Il n’existe que trois lavoirs de ce type en France. Malheureusement, nous n’avons pas amené l’appareil photo.
Après quoi, nous rendons visite à Yolande, une artiste Hollandaise. Elle a racheté l’ancien hospice de Sanssat (qui a ensuite servi comme centre de colonie de vacances) Elle nous fait visiter avec beaucoup de gentillesse son petit coin de paradis. Elle nous présente ses tableaux, ses sculptures, ses merveilleuses boules de verre soufflé, et son jardin conçu comme une œuvre d’art. À son tour, elle vient visiter noter roulotte et s’extasie. Richesse des échanges...
Nous n’avons pas envie de nous éterniser à Sanssat, et pas envie non plus de trop demander à Noé. Donc...
Le lendemain encore (nous sommes arrivés au 25 Juillet),très tôt, nous décidons de chausser Noé avec ses clogs (c’est le nom des chaussures de nos chevaux) et de la faire marcher en longe sur le goudron pour voir si oui ou non elle pourrait éventuellement se remettre au travail. Les glomes sont pratiquement cicatrisés, mais le postérieur gauche tire toujours, sans que ce soit vraiment net, net. On la sent gênée, sans qu’il n’y ait rien de véritablement visible. J’hésite. Je ne sais pas trop quoi en penser.
Vous croyez aux miracles, vous ? Quand je disais que depuis le début, on trouve toujours la bonne personne pile poil au bon moment ! C’est vraiment incroyable ! Une voiture se gare sur le bord de la route. Un monsieur en descend. On commence à bavarder, il nous interroge un peu, je lui expose notre dilemme.
Eh bien ! Ce Gérard-là est ostéopathe, spécialiste des bovins et des chevaux ! Je pense que même en dehors du problème de Noé, ça ne ferait pas de mal, compte tenu du travail que nous demandons aux juments, de leur offrir une petite séance d’ostéopathie ! Je questionne donc Gérard au sujet de ses tarifs. Et devinez quoi ? « Je vous le fais GRATOS !!! »
Il manipule d’abord Noé... et diagnostique une sciatique. Il remet tout en place .

C’est émouvant de voir Noé s’étirer, bailler, se détendre ! Impression presque magique... Ensuite, Gérard me montre quelques gestes à faire pour masser les juments avec efficacité (shiatsu). Il nous précise qu’il se déplace dans un rayon de cent kilomètres. Si on a le moindre problème avant d’atteindre cette distance, on pourra lui téléphoner (il nous laisse sa carte.) Ensuite, il s’occupe d’Océane, et la trouve en pleine forme, sans aucun problème. Je lui parle de notre expérience « sans fers ». Il examine les pieds et les trouve impeccables. Ce qui me rassure fortement, parce que je me demandais sans cesse, depuis le début, si je serais à la hauteur ! Océane n’a accompli que deux étapes avec les clogs, sur route gravillonnée. Autrement, elle marche pieds nus sans problème. Sa sole et ses fourchettes sont devenues extrêmement dures. Pour Noé, c’est différent : elle use trop ses postérieurs, parce que au lieu de juste poser ses pieds, elle les fait glisser, particulièrement dans les côtes. Nous sommes donc obligés de la chausser beaucoup plus souvent.
Gérard nous assure que nous pouvons laisser Noé se reposer une heure et partir. Mais le soleil commence à monter, il fait chaud. On ne veut pas imposer le cagnard aux juments. Donc, on décide de repartir demain matin à l’aube.
Dans la journée, j’observe Noé au pré. Elle remarche tout à fait normalement, et semble ne plus ressentir aucune gêne !
MERCI, Gérard !!!
Et MERCI, Luc !!! Merci pour cette photo :

Et MERCI Yolande !!! Merci pour cette photo :

Et MERCI aux autres habitants de ce village, qui nous ont offert courgettes (encore ! c’est cure courgettes, ici !) et prunes, ou simplement un brin de conversation.
Sanssat, où nous nous sommes arrêtés à l’arraché, et sans permission préalable, aura été une étape mémorable, pleine de jolies rencontres.
MERCI à toi aussi, pauvre Noé, bien que tu ne l’aies pas fait exprès : à quelque chose,vois-tu, malheur est toujours bon.

26 Juillet : Sanction sévère de notre inénarrable étourderie ! Quand Oswald a attaché les clogs postérieurs de Noé, ce matin, ils n’étaient pas serrés à fond. Je lui en ai fait la remarque, et il m’a répondu : « je sais, je les resserrerai juste avant de partir. » Mais entre temps, Luc est arrivé, nous avons papoté, et bien sûr... oublié de resserrer les clogs. Ce qui devait arriver arriva : deux kilomètres plus loin, l’un des clogs s’est déplacé. On arrête les juments, Oswald place la cale devant une roue de la roulotte par mesure de sécurité, se met à la tête des juments, et moi je descends pour réajuster la sandale. Je prends le pied de Noé dans ma main droite, et elle fait un mouvement assez brusque. Mon poignet se tord, et une douleur fulgurante le traverse. Tant bien que mal, je resserre le clog. Je remonte dans la roulotte, reprends les guides, mais je suis incapable de les tenir de la main droite. Non seulement j’ai très mal, mais surtout, je n’ai plus aucune force. Je badigeonne mon poignet au baume du tigre, je le bande bien serré, et en route !Je mène de la main gauche, et pas avec une grande adresse ! Les juments le sentent bien, ces coquines ! Heureusement, elles n’obéissent pas si mal à la voix.
Pour tout dire, ça n’a pas été l’étape de mes rêves !!! Consolation : Noé ne se ressent plus du tout de sa sciatique. Elle n’a absolument pas boité, et elle a même très bien marché ! Donc, pas besoin d’étape intermédiaire. But de la journée : Trézelles.
Et à Trézelles, tout un rassemblement pour nous accueillir !!! Comme depuis chez Luc j’avais téléphoné à la mairie pour prévenir de notre arrivée, le maire était là. Ainsi que l’équipe du comité des fêtes, qui justement se trouvait en train de préparer les chars fleuris juste à côté du terrain où nous devons stationner. Alain, le maire a pris son téléphone. Peu après, une ambulance arrivait pour m’emmener aux urgences à Vichy.

Diagnostique après radio : fracture ! Me voici donc avec le poignet dans le plâtre. Il faudra refaire une radio dans une dizaine de jours. Conclusion, nous sommes coincés à Trézelles pour un petit moment. Le voyage n’avance décidément pas vite ! Serons-nous en Italie avant Noël ????
Si dans 10 jours on constate à la radio que la fracture n’est pas déplacée et qu’elle commence à se ressouder, on m’enlèvera le plâtre pour le remplacer par de la résine, beaucoup plus légère. Je devrais alors pouvoir mener, et nous pourrions reprendre la route...
En tout cas, nous nous trouvons ici comme des coqs en pâte. Invités le premier soir, à mon retour de l’hôpital, à partager la grillade avec les gens du comité des fêtes.

Et installés dans un superbe parc arboré, au bord de la Besbre, belle rivière assez turbulente. Nous allons essayer de profiter au maximum de ce farniente forcé, en dépit de la pluie, pluie, pluie, qui donne au paysage un petit air tout à fait romantique. Nous faisons de longues promenades à pied avec Altaï, revêtus de nos imperméables, sur de jolis chemins bordés de grandes berces, d’asters, de saponaires, d’herbe-à-Robert, de verges d’or, de molène... Nous tombons sur des mares vertes cachées sous bois, nous nous arrêtons au bord de la rivière pour contempler les gerris (improprement nommés familièrement « araignées d’eau »), les tourbillons dans le courant tumultueux, et l’impact des gouttes de pluie sur l’eau brune...

En premier lieu, j’avais eu l’intention de ne terminer cet article et de ne le mettre en ligne qu’à notre sortie de l’Allier (il ne nous reste en principe que trois étapes dans ce département.) Mais évitons de faire trop attendre ceux qui attendent de nos nouvelles... À la prochaine !

Anne, 29 Juillet 2014

2013-2017 Tête de Mulet
| | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | SPIP | Valid XHTML 1.0 Transitional