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En Roulotte pour l'Aventure !
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Zigs-zags 16/07/2014

Le voyage nous réserve décidément son lot de surprises. Inutile de préciser que depuis la fugue de nos deux coquines, la première chose que nous faisons chaque matin... c’est de vérifier qu’elles sont bien là !
À part ça, quoi de neuf ? Eh bien, avant notre départ, nous avions soigneusement prévu un bel itinéraire, tracé au surligneur orange sur la carte.
Sauf que !...
Vous vous souvenez de cette étrange coïncidence des roulottiers (Estelle, Jérôme, et leurs enfants) qui sont passés juste après nous sur la route de Tendu à Chavin ? Eh bien, ils nous ont dit qu’ils comptaient se diriger vers Toulx-Sainte-Croix, dans la Creuse, où ils connaissaient un hébergement possible, au lieu-dit « la Chaume ». Nous nous sommes dits que ce serait chouette de les rejoindre là-bas. Seulement, l’itinéraire que nous avions prévu passait par le nord de Boussac, alors que Toulx se trouve au Sud. Bah ! Tant pis. Première entorse à notre itinéraire :on peut facilement rattraper l’itinéraire initialement prévu. Donc, va pour Toulx-Sainte-Croix. Peu avant d’arriver à ce fameux lieu-dit « la Chaume », une voiture nous double,s’arrête sur le bas-côté. Un jeune homme athlétique en descend, et vient nous proposer un hébergement. Et justement, il s’agit du Cédric dont nous avaient parlé Estelle et Jérôme ! Nous resterons quelques jours chez lui, et c’est ici que nos deux coquines décideront de fuguer ! Nous ne sommes qu’à 3 km des pierres jaumâtres, et nous en profitons pour aller nous balader à pied dans ce site magnifique, sous une pluie qui s’accorde magnifiquement au paysage.

Cédric a construit lui-même sa maison en paille. Il ne travaille qu’à mi-temps, à son compte, et peut ainsi s’occuper activement de ses deux filles, Eva, neuf ans et Elena, vingt mois. (il est séparé de leur mère) Originalité : Eva n’est pas scolarisée. Nous avons l’occasion de discuter assez longuement avec Erika, la maman, de ce choix. En tout cas, Eva est une fillette vive, intelligente, curieuse, très sociable. Elle pratique la danse, la boxe française, le judo (elle réussit son passage à la ceinture jaune pendant notre présence) et l’équitation. Le fait de ne pas fréquenter l’école lui donne du temps pour toutes ces activités. Elle prévoit de commencer la musique en Septembre prochain (batterie). Elle est ravie de monter Océane, mais pas si rassurée que ça : elle débute en équitation et monte des poneys bien plus petits !

Nous avions prévu de descendre vers Briançon en coupant à travers le massif central. Mais nous nous sommes rendus compte, dans les premières grimpettes sérieuse de la Creuse que nos de juments ne sont pas encore assez en condition pour s’attaquer à beaucoup plus ardu. Donc -deuxième changement de cap -, nous remontons vers le Nord. Nous allons traverser l’Allier d’Ouest en Est, et rejoindre le couloir Rhodanien. De là, nous descendrons vers le Sud, et en fonction des capacités physiques des juments à ce moment-là, soit nous couperons pour rejoindre Briançon, soit nous descendrons plus au Sud, et là, nous aviserons de la meilleure manière de passer en Italie. Autre option possible, remonter vers la porte de Bourgogne, passer par Belfort, et faire carrément le circuit en sens inverse de ce que nous avions prévu au départ. Mais Oswald n’a guère envie de se retrouver dans le froid du Nord durant l’hiver et préfère nettement l’option Sud.
Nous passons les juments de la bricole au collier. Quelle différence ! Elles fatiguent beaucoup moins, et ont une puissance de traction dans les montée beaucoup plus efficace ! Nous garderons donc désormais les colliers... ce sera bien plus facile pour elles.
Nous progressons quotidiennement par petites étapes tranquilles (entre 10 et 15 km), trouvant chaque jour un terrain propice à l’arrêt.


Jusqu’à notre plus grosse étape : plus de 27 km, entre Vaux et Villefranche d’Allier. Étape bien involontairement si longue. Pour la première fois depuis notre départ, nous ne trouvons aucune halte. Dans chaque village, nous demandons s’il existe un terrain communal où nous pourrions passer la nuit. Chaque fois la réponse est non, alors nous continuons jusqu’au village suivant.
Arrivés à Villefranche, j’arrête les juments sur une place à côté de la mairie, devant la piscine, à côté d’une immense pelouse parfaitement tondue. Oswald va à la mairie afin de demander l’asile pour une nuit. Il revient : nouveau refus. Ce n’est pas possible ! Je suis crevée, les juments fatiguées avec leur presque trente bornes dans les pattes. Bon... puisqu’il faut aller plus loin... J’entame la manœuvre pour sortir du parking et là... Stress ? Fatigue ? De ma part ? De celle des juments ? Noé tourne trop, beaucoup trop et trop court. Et voilà mes deux louloutes coincées contre le flanc de la roulotte, la tête vers l’arrière ! Pas d’autre solution que de dételer, et de remettre la roulotte en ligne à la main. On dételle donc. On attache les juments. On commence à pousser la roulotte pour la mettre dans le sens du départ. (Et en plus, il pleut !) À ce moment-là, le maître-nageur de la piscine voisine et un employé municipale nous interpellent : « Vous avez besoin d’un coup de main ? Ah oui ! Ça, ce n’est pas de refus !
Nous leur expliquons notre problème.
« oh ! Nous dit l’employé municipal, mais pourquoi vous ne restez pas ici ? Si c’est juste pour une nuit, ça ne pose aucun problème !

  • Ici ? Mais cette belle pelouse si bien tondue, quand même. Et puis nos juments ont besoin de manger, et ça risque d’être un peu juste !
  • Aucun problème ! Je vous amène deux bottes de foin !
  • Mais à la mairie, on nous a dit...
  • Ne vous occupez pas de la mairie ! » Et voici comment nous nous sommes arrêtés à Villefranche d’Allier. Le soir, fourbus par toutes ces émotions et trop flemmards pour nous faire la popote, nous décidons d’aller manger à l’auberge. Nous sympathisons avec l’aubergiste, qui nous montre sa magnifique cour d’ancien relais de poste. Elle aimerait y photographier notre roulotte. D’accord pour la photo, demain matin en repartant !

De Villefranche, nous montons jusqu’au Montet, et c’est bien le cas de le dire. Ça grimpe, pas très très dur, mais neuf kilomètres d’affilée. C’est un excellent entraînement pour les juments, et nous ne regrettons pas d’avoir choisi cet itinéraire. Collines, haies, moutons, vaches charolaises et salers, un paysage qui nous plaît bien. Montées et descentes pas excessives, mais suffisantes pour que Noé et Océane travaillent sérieusement.
En nous promenant dans Le Montet, nous découvrons une affichette annonçant pour après-demain une démonstration de travaux agricoles à traction animale avec chevaux de trait et bœufs. C’est à Deux-Chaises, pas très loin (Trois kilomètres) mais cela nous fait revenir un peu en arrière. Tant pis. Coup de téléphone à la mairie de Deux-Chaises, depuis la maison du tourisme du Montet. C’est O.K. Il y a de la place pour nous !
Quel accueil, à Deux-Chaises ! Nos juments n’ont jamais eu un parc aussi grand, et nous sommes installés aux premières loges, en plein sur le lieu de la fête.
Donc, le 13 Juillet, malgré le temps plus que maussade, nous nous régalons à voir magnifiquement travailler :
Une paire de chevaux Ardennais, au labour, puis à la chassine (charrette où l’on entasse le foin en vrac, à la fourche)
Une paire de splendides bœufs Salers, au labour, et à la faucheuse, menés par leur maître, âgé de quatre-vingts ans, mais aidé de jeunes prêts à prendre la relève ! Et deux petites vaches Aubrac, très douces, déjà nhabituées à travailler, mais qui n’avaient jamais labouré. Aujourd’hui, c’est une première, pour elles, et elles s’en tirent très bien.

Une jument un peu difficile à la faneuse.
Et une vieille jument Comtoise à l’andaineuse. Cette jument nous impressionne beaucoup : elle reste attelée, non attachée, et sans surveillance, sans bouger du tout. On nous explique que tant que personne ne tient les guides, elle ne bouge pas. Mais au travail, c’est une vraie merveille !
Le petit bourricot attelé à la charrette du rémouleur. Particularité : au lieu de plonger dans un bac à eau placé au-dessous d’elle, la meule est mouillée par une corne de vache attachée au-dessus, et percée d’un petit trou d’où l’eau coule goutte à goutte.
Le rémouleur, qui dans la vie est éleveur d’escargots, s’intéresse à la conception de notre roulotte (son grand-père était marin, et il s’y connaît en construction de bateaux. Je rappelle que notre Kaplumbağa a été construite sur un chantier naval avec les techniques réservées aux bateaux) Nous lui en faisons faire le tour, et il remarque que les crochets que nous avions collés sur la peau de la roulotte ne tiennent pas. Il nous propose de passer quelques jours chez lui, à Vernusse : il a tout le matériel pour nous arranger ça. Proposition alléchante, sauf que Vernusse n’est pas sur notre route. Et que 20 km, ce n’est rien en voiture, mais beaucoup en roulotte ! Tant pis, on accepte. Ce ne sera que notre troisième changement d’itinéraire !
Repas du midi et du soir fort copieux !
Nous avons la permission de rester demain, et de ne repartir que mardi matin.
La copine Emmanuelle, qui habite Chamalières, en profite pour nous rendre visite, le 14 Juillet, donc. Les bénévoles qui viennent ranger les restes de la fête nous invitent à déjeuner avec eux, des restes de la veille ! Emmanuelle est invitée aussi. Et encore un copieux repas !

16 Juillet, nous voici donc chez Michel et Sylvie. Michel (aidé par son fils Denis) pratique, le maraîchage, élève des chèvres, des poulets, et surtout... des escargots, au lieu-dit Rechat à Vernusse. Sylvie est actuellement en formation chez un producteur d’herbes aromatiques et médicinales, afin de développer par la suite cette activité. Michel et Sylvie ont aussi pour projet d’ouvrir un gîte rural. Michel voudrait se mettre à la traction animale pour l’activité maraîchage. Il a deux chevaux de traits et élève un jeune bœuf dans cette perspective.
Accueil somptueux ! On mange ensemble, on discute beaucoup ; machine à laver à disposition (super pour laver les draps !) ainsi que douche et... Internet ! Le but de Michel et Sylvie, c’est de pouvoir vivre au maximum en autonomie. Il y a là une petite Eva de neuf ans, qui me fait les honneurs de la propriété ! Elle se débrouille très bien pour éduquer son poney de deux ans, Roméo, croisé Shetland-Appaloosa, d’une gentillesse vraiment exceptionnelle.

Voici pour les dernières nouvelles.

Anne, le 16 Juillet 2014

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