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Deux variations sur le même thème Été 2014

Un thème très littéraire
Non mais franchement, il y a des endroits où ce ne serait pas du luxe de réintroduire des loups. Bon, enfin, pour ne fâcher personne (ou le moins de monde possible) disons au minimum des vautours. Bon, O.K., d’accord, y’a les mouches. Et les bactéries, oui, bien sûr. Mais il va leur en falloir, du temps, à ces bestioles, pour venir à bout d’une pareille besogne.
L’été est enfin là pour de vrai. 32° à l’ombre depuis trois jours. Mais ici, au milieu d’un paysage enchanteur, chez des hôtes charmants, quand on sort de la roulotte... Oh ! Quel doux parfum naturel et charmant ! Respirez fort cette odeur enchanteresse ! Pouark ! Quels sont ces relents abominables et nauséabonds ?
Les émanations proviennent d’une vache morte en mettant bas, probablement un peu prématurément étant donné la taille du veau. Elle est là, au bord de la route (une toute petite route, disons un chemin carrossable, mais quand même...!)

Ouh ! Ouh ! Y a-t-il des équarrisseurs dans le secteur ??????
On ne peut pas dire que ce soit la faute du week-end, on est au beau milieu de la semaine.
Si c’était le week-end, on pourrait à la rigueur comprendre. Il faut bien que les équarrisseurs se reposent le dimanche. Ils ne sont ni médecins, ni infirmières, ni employés dans un restaurant, ni paysans, ni...
Ou bien... Ils sont en grève ?
Ou bien... Leur camion est en panne ?
Ou bien... Il n’y a pas de centre d’équarrissage, dans ce département ?
Ou bien... Le paysan propriétaire de la vache a des problèmes financiers, on lui a coupé le téléphone, et il n’a pas pu appeler l’équarrisseur ?
Ou bien...c’est une protestation volontaire de sa part, pour une raison inconnue de nous ?
Ou bien... ????
En tout cas, étant donné l’aspect des ossements qui traînent dans le coin, il semblerait que ce n’est pas la première fois que ça arrive.

Comme c’est bucolique et charmant : une veau couché parmi les camomilles. Bon, bien sûr, il y a quelques mouches autour. Il faut bien qu’elles vivent aussi, ces petites mignonnes. (Remarquez bien qu’on peut voir AUSSI des mouches autour des veaux vivants. Mais ça ne fait pas le même effet - à moi tout au moins) Dommage que par écrit, on ne puisse pas vous faire l’odeur !

Peut-être que certains de nos lecteurs vont vite fermer la page en se bouchant le nez. Peut-être trouveront-ils que quand même... Écrire ces choses... Sur un sujet aussi dégu...
Pardon, pardon, âmes sensibles. C’était vraiment trop tentant.
Ȏ Cher Baudelaire ! Nous pensons à toi très fort !

Anne...

Une charogne (Charles Baudelaire)

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes . . .
Oh, splendeurs, oh merveilles insoupçonnées !
En se baladant tranquillement dans nos campagnes paisibles, où les quotas et les normes dictées par Bruxelles pullulent, en écrasant le dernier recoin du Paysan Français, nous avons découvert un des derniers résistants.
Oui, ils existent encore, les fiers, les braves, les intrépides qui résistent au dictât des normes   !
Mais détrompez-vous !
Le Paysan Français n’est pas un plouc arriéré, qui ne sait pas écumer la crème flottant sur le méli-mélo inextricable des directives européennes sous la forme de toute sorte de subventions, aides, et autres bienfaisances !
Non, il démontre son esprit rebelle en bravant les normes de la poste par exemple.
Regardez-moi ça !
Le décret n°2007-29 du 5 janvier 2007 stipule que « la distribution est
subordonnée à l’existence, chez le destinataire, d’une installation de réception des envois de correspondance accessible et conforme aux spécifications établies dans le respect de la réglementation en vigueur... ».
Les mesures exigées sont :
(H x L x P) :
• 260 mm x 260 mm x 340 mm ou
• 260 mm x 340 mm x 260 mm ou
• 340 mm x 260 mm x 260 mm

Pour être sûre, Anne a mesuré cette boite à lettres. Elle a fait demi-tour avec la roulotte jusqu’au bourg que l’on venait de traverser, et où se trouvait une charmante petite quincaillerie. La gentille quincaillerine nous a prêté son mètre avec lequel on a pu prendre les mesures de la boite rebelle découverte 4 km avant ladite bourgade.
Et, tenez-vous bien, les mesures étaient :
• 283 mm x 181 mm x 76 mm ! ! !
Incroyable ! ! !

oswald

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