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En Roulotte pour l'Aventure !
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Y a-t-il quelqu’un qui m’entend ? 04/07/2014

(. . . un essai de déchiffrage d’une des mélodieuses séquences proutologiques de Noé.)

Je me demande bien ce qu’elle a. Pleurnicher pendant toute la nuit juste pour ça ! Nous deux, Océane et moi, on peut entendre ses lamentations jusqu’à ce paisible lopin de prairie que nous avons choisi pour passer la nuit. C’est sur nous qu’elle pleure ? Oh, non ! Je crois plutôt qu’elle pleure pour elle-même, et peut-être aussi pour lui. Ces deux humains nous collent à la peau comme des tiques sanguinaires ! Ils croient nous avoir perdues. C’est pourquoi elle sanglote, sans doute.
Ils ne savent pas ce que c’est, la Liberté.
Ah ! ! ! La Liberté !

Si difficilement acquise. . .
Bon, j’ai été obligée de donner une petite correction à ma sœur qui est un peu trop lente pour comprendre certaines choses. Ça s’est passé cette nuit-là dans l’obscurité profonde, qui était déchirée par les éclats brusques des éclairs. Et ce fracas du tonnerre, vraiment exaspérant !
Bon et bien . . . il a fallu que j’explique à cette nunuche de frangine que ce n’était qu’un simple orage , en lui donnant juste un petit coup de pied au derche. Mais un gros coup de tonnerre a explosé à la seconde même ou je lui appliquais cette gentillette torgnole. Voilà la frangine qui fonce dans la clôture électrique ! Les violents coups de jus de l’emberlificotage du fil électrique autour de ses pattes ont été encore épicés un peu plus par le deuxième coup de tonnerre qui a suivi. La pauvre godiche a tout arraché.
Adieu notre Guantánamo, qui gît par terre comme un tas de spaghettis mal digérés, régurgités.

Bien-sûr c’est Moi, Noé, qui capte aussitôt quoi faire : d’abord apaiser la pa­nique de ma sœur. Ensuite, lui faire comprendre ce que c’est la Liberté. La Liber­té juste devant nous !
Quand elle s’est un peu calmée, je l’ai guidée jusqu’au jardin. Les salades ? Un su­per déstressant ! Les choux encore dans la fleur de leur jeunesse ? Rien de mieux comme calmant  !

Puis une petite visite aux deux bourricots enfermés dans leurs fils à haute ten­sion. Aucun d’eux ne s’est laissé convaincre de casser ce maudit fil. Heureuse­ment j’ai ma sœur bien aimée pour me libérer de cette tâche-là.
(On ne peut pas TOUT assurer . . .)
Alors, en marche. Sans cette maudite carriole attachée au cul ! Quelle légère­té ! Comme si on volait ! Vive la Vie !

Et ce paysage !!!
Un pré plus juteux qu l’autre ! Tout vert, tout édénique, vraiment, c’est le Pa­radis ! !

Malheureusement il y a des limites physiques. On ne peut pas brouter éternel­lement, sans interruption. Il faut piquer un petit roupillon de temps en temps, bien cachées sous un grand chêne, bien abritées par une haie somptueuse. Hors de la vue de ces humains liberticides qui prétendent être nos amis, mais qui nous exploitent éhontément en nous faisant courber l’échine, en nous faisant suer. Et en plus, pour calmer leur mauvaise conscience, ils ap­pellent la gamme de leurs commandements de « l’éducation éthologique ».
Bref est le bonheur, longue la souffrance.

Ça n’a duré que deux nuits douces, et une merveilleuse journée, rien de plus.
Pourtant, on s’était bien cachées ! Mais ils sont arrivés avec leurs licols. Ils se sont approchés de nous tout doucement, comme si de rien n’était. Pire : ils semblaient être tout heureux !
Et bien-sûr, Océane, cette bêta, s’est dirigée en plein galop vers la femelle des deux. Plus aucun espoir... Licol autour de la tête, et clapotin clapota, retour vers notre Alcatraz.
Mais quand-même : comment diable ont-ils pu nous retrouver ?
Ce sont des magiciens diaboliques. Capables de communiquer par télépathie grâce à toutes sortes de machines et appareils. Radio, portable, Internet ils appellent ça. Ce sont des armes fatales pour mettre toute créature vivante, du pissenlit au taureau, toute, tout, la nature entière, sous leur terrible joug.
Et ça durera, il faut croire, jusqu’à ce que leur avidité de pouvoir les étouffe.
Seule consolation :
Nos seigneurs et maîtres sont comme ils sont. Et pardieu ! Il en existe de pires !
Et pour leur excuse on peut dire : ils ne se rendent pas compte, ils ne peuvent pas agir autrement. Que voulez-vous : ce sont des humains…
Noé

( . . .la réponse déproutologisante d’Océane)
Ouais, ben moi, je vais vous dire. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec la version de Noé : Je trouve qu’elle se donne un peu trop le beau rôle, la frangine. D’abord, à mon humble avis, et sans vouloir me vanter, il me semble bien que la plus intelligente des deux, c’est plutôt moi. Ah ! Elle peut bien se vanter… Mais qui est-ce qui tire la roulotte comme une tarée, dans les côtes, juste pour faire plaisir à nos « seigneurs et maîtres », comme elle dit ? C’est elle ! Et pourquoi je me fatiguerais, s’il vous plaît, puisqu’elle est assez bête pour ça ?

Bon d’accord, c’est vrai, elle m’a balancé un coup de postérieurs. Pas de quoi s’en vanter, elle me fait le coup dix fois par jour, par pure méchanceté ou jalousie.
Si je me suis emberlificotée dans cette fichue clôture électrique, c’est pas du tout parce que j’ai eu peur de l’orage. Ces petites colères de la nature, ça fait longtemps que je les connais ! C’est juste qu’il faisait très noir, et que je n’ai pas vu le fil. Et vous pouvez me croire, je déteste ça. Ça pique, ça fait mal ! C’est horrible ! Elle peut se foutre de moi, j’aurais bien voulu la voir à ma place, elle !

Mais quant à la Liberté, là, je suis bien d’accord avec elle : C’est vachement chouette. N’empêche… je l’aime bien quand-même, mon humaine, et ça m’a fait de la peine de l’entendre pleurer. Et puis d’abord, c’est qu’une sale menteuse vantarde, la Noé ! Parce que en vrai, la première qui s’est précipitée au galop vers notre humaine quand ils nous ont retrouvées, c’est elle !!!! Promis-juré ! Et même, il faut voir les câlins et les mamours qu’elle lui a fait ! Sale fayote, va !

Océane

Bon, ça va, vous inquiétez pas... En vrai, on s’entend super bien toutes les deux. Mais on est des vraies frangines, alors faut bien qu’on se chamaille de temps en temps, non ?

Océane et Noé, le 5 juillet 2014

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