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L’attache "à la Manouche"

Nous avons prévu d’emmener une clôture électrique alimentée par l’énergie solaire pour parquer Râli et Sekü durant les étapes : nous ne trouverons certainement pas tous les soir un pré bien clôturé ! Mais il faut aussi prévoir des arrête plus brefs, durant lesquels il serait trop contraignant de monter la clôture. Ou des endroits où ce sera tout bonnement impossible.
Voilà pourquoi il est nécessaire d’accoutumer nos deux mulets à brouter « à la manouche », attachés au bout d’une longue chaîne. Ce qui est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît. D’abord parce qu’au début, il y a un risque réel que l’animal s’emberlificote la chaîne autour d’un membre, s’affole, tire et se blesse .
Il s’agit donc de toute une éducation, surveillance attentive à l’appui, du moins dans les débuts.
Nous avons rencontré Manuel, sa roulotte, ses chevaux, sa famille, toute son abondante marmaille. Un peu surpris que des gadjé viennent lui demander conseil ! Il nous a expliqué sa manière de faire.
Oswald n’était pas chaud pour utiliser de la chaîne, même embobinée dans du tuyau d’arrosage, et s’imaginait qu’une longue corde serait mieux. Mais Paulo, le roulottier, ( attelage.locattelage.free.fr ) a confirmé ce que nous avait dit Manuel : « une chaîne ! ». Parce qu’une corde risque beaucoup plus de blesser le cheval si elle s’enroule autour d’un membre et qu’il tire. (D’ailleurs, Oswald lui-même en a fait la douloureuse expérience un jour où Sekü lui a arraché la longe des mains : la peau arrachée a mis bien du temps avant de cicatriser.) Cependant, Paulo nous a conseillé d’utiliser, au début, à la place du tuyau d’arrosage, du socorex, en coupant six morceaux d’un mètre, puisque la chaîne mesure six mètres, pour ne pas gêner la mobilité. Comme nous avons du socorex à la maison, c’est ce que nous faisons. Nous avons mis au bout de la chaîne, pour la fixer au licol, un mousqueton d’attelage qui se détache très rapidement, même en tension, en cas d’urgence.

Première séance, le 29 Mai : j’attache d’abord Sekü, qui panique dès qu’il entend le bruit horrible que fait le socorex contre la chaîne. Il nous envoie valdinguer, Oswald et moi, dans la haie de lilas. (Nous ne nous méfiions pas assez, et nous n’avons pas eu le temps de nous écarter assez promptement.) Heureusement, pas de mal ! Sekü reste un instant au bout de la chaîne, secoue la tête... puis se met à brouter tranquillement !!!
Passons au deuxième larron. Je lui ai laissé son licol ordinaire, celui qu’il avait déjà pété une fois, mais qui avait été réparé très solidement par Yvon, le cordonnier. Je branche l’instrument de torture. Aussitôt, même réaction que Sekü. Mais cette fois, nous avions prévu le coup. Sauf que Râli tire comme un malade... et que la belle couture toute neuve se rompt. Impossible de laisser le garnement sur une telle victoire. Tant pis pour lui. Je lui met le licol en corde. C’est un peu rude, mais au moins, je suis sûre que ça ne lâchera pas. Seulement voilà, le monsieur ne veut plus s’approcher du monstrueux serpent noir ! J’ai beau tirer sur la longe , rien n’y fait. Non je ne céderai pas ! Au bout d’une heure passée à essayer d’accrocher le mousqueton au licol, Oswald me dit que ça ne sert à rien « pauv’Râli, c’est de la torture ! » Non, Oswald, je ne céderai pas ! Parce que si il reste cette fois sur une victoire, il ne l’oubliera jamais. On est tête de mulet ou on ne l’est pas ! On déjeunera quand il sera attaché, pas avant. Alors je fais tourner Râli au bout de la longe, je le promène dans la cour, mais dès que je l’approche de l’horrible serpent noir, il renâcle et refuse d’avancer. Je finis par réussir à l’attacher assez court à un poteau du chenil. Et à approcher le mousqueton. Râli tire comme un malade, mais le licol de corde tiens bon, et je parviens enfin à accrocher le mousqueton dans la boucle du licol, et à retirer la longe.
Bon, la petite séance a commencé à onze heures du matin. Il est treize heures ! Râli reste bloqué au bout de la chaîne, complètement tétanisé ; je le laisse un bon moment, il demeure immobile. Je lui masse la nuque, il finit par céder légèrement, je le détache aussitôt.
Les jours suivants, je me contente de secouer la chaîne dans tous les sens, sous son nez. Quand il est à l’attache, il se débat comme s’il était sous l’emprise d’une terreur sans nom. Mais tiens donc ! Quand il est libre, ce bruit horrible ne lui fait plus ni chaud ni froid, et il broute paisiblement. Quel comédien !
Le 10 Juin, j’attache Râli à la barre, comme tous les jours pour le pansage. J’ai attaché le bout de la chaîne au pied de l’un des poteaux. Comme ça, je boucle le mousqueton, sans trop de difficulté, après avoir bien brossé le pépère. Je détache la longe. Voilà mon Râli qui se remet en bout de chaîne, comme la première fois.

Je vais chercher une poignée d’avoine que je dépose par terre, dans l’herbe, sous son nez. Il penche la tête, hésite, ronfle, puis... finit par manger. Pas très détendu, mais quand même ! Restons la-dessus pour aujourd’hui.

Quand à Sekü, aucun problème. Il a très vite compris que ce crotale ne présente aucun danger. Il reste zen, broute tranquille, ou même... s’endort !

2013, Juin
Anne

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