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  • Article

Berry 15/09/2016

Berry

Avant d’entamer la dernière ligne droite, on se doit d’adresser quelques remerciements !!!
Tout d’abord à Marc, mon Papa, qui entre maintenant dans sa quatre-vingt-dixième année, et qui a accepté, sans trop se rendre compte de ce qui l’attendait, de s’occuper pendant mon absence de toute ma paperasserie. Je peux te garantir que ça n’a pas toujours été chose facile ! Cependant, cette tâche absolument ingrate était indispensable à ma tranquillité d’esprit tout au long de ce périple. (Faut bien continuer à payer certaines factures qui tombent même quand on n’est pas là.) Un énorme immense merci à toi, mon Papa. Quelle épine du pied tu m’as tirée…
Ensuite, je vais tirer mon chapeau à ma vieille copine Bernadette, qui s’est elle aussi quelque peu fourvoyée dans les paperasses dont mon Papa n’avait pas le cœur à s’occuper. En plus, je l’ai déjà dit plusieurs fois, mais je le répète ici, c’est à elle que tu dois tous les montages photos que tu as pu admirer dans ce journal de voyage. C’est elle aussi qui nous a envoyé un colis en Hongrie, avec quelques bricoles devenues nécessaires. Par dessus le marché, elle s’est occupée de la vente et des expéditions du bouquin d’Oswald quand il y avait des commandes.
Un million de merci Bernadette.
Gigantesque merci aussi à Thomas, le fiston de la Bernadette, qui a pris le relais des commandes de bouquins quand sa pauv’maman a été hospitalisée.
Gros gros gros merci à ma sœur Christine, qui nous a elle aussi envoyé des colis, et qui s’est chargée de la fabrication des albums-photos du cirque Soluna.
Un merci géant à Keny, mon plus jeune fils, qui a toujours prestement répondu à mes appels au secours quand l’informatique défaillait. Ou plus précisément, quand sa mère défaillait devant l’informatique.
Tout particulièrement merci à ma copine Isabelle, qui est venue vivre à la maison pendant la première année de notre voyage, pour prendre soin des poules, des chats, et de ma vieille jument Athéna. Et un autre super merci à Céline, ma fille aînée, qui a pris la relève d’Isabelle durant la deuxième année. Du coup, la maison n’est jamais restée inhabitée.
Merci à Marti, qui a pris le temps de nous guider sur le chemin du Danube. Il l’avait emprunté lui-même un an plus tôt avec sa compagne Irène, sa roulotte Ritana et ses deux chevaux comtois. Il nous a envoyé des cartes bien fléchées, avec des indications précises. Et même des endroits possibles pour les haltes. Grâce à toi, Marti, nous avons eu, entre autres, une merveilleuse étape aux abords de Vienne.
Et mille milliards de mercis à tous nos hôtes d’une nuit, d’une semaine ou d’un mois. À tous ceux qui ont croisé notre route, qui nous ont aidés, ou qui nous ont tout simplement offert la beauté de leur regard et de leur sourire.
Merci à tous les automobilistes qui ont levé le pouce pour nous saluer. À tous les camionneurs qui ont ralenti pour ne pas inquiéter les juments. À tous les usagers motorisés de la route qui ont été obligés nous suivre lentement, de gré ou de force, sans rouspéter ni grogner ni râler. À tous les cyclistes et apparentés qui ont croisé ou doublé notre chemin, sourire aux lèvres, sur des véloroutes parfois fort étroites, où notre roulotte aurait pu n’être pas précisément bien venue.

4 Septembre : Le Naviot – Laumoy 30 km

On se lève à l’aurore. Ciel féerique.

Pour traverser la Nationale 7, on a droit à un beau pont tout neuf : ça fait trois jours qu’il est ouvert à la circulation.
On a bien fait de prendre la grande route : ça nous économise pas mal de kilomètres (on pense surtout aux juments) et comme aujourd’hui est un dimanche, la circulation n’est vraiment pas stressante. Deux ou trois camions (ont-ils une autorisation spéciale, ou bravent-ils les interdits ?) Quelques camping-cars (Septembre, c’est le mois de vacances des retraités.) Les automobilistes sont rares, à cette heure-ci (grasse matinée dominicale oblige.)
Sancoins est traversé sans problème.
Ce moulin à vent se nomme… le moulin de l’Éventée.

On franchit l’Allier, une rivière que j’aime vraiment beaucoup.

Et nous voici dans le Berry !
Ça commence à sentir sérieusement l’écurie.

Mais pour ce qui est de trouver une halte, bernique ! On demande, on demande, chaque fois on nous renvoie plus loin. Un gentil monsieur nous propose bien un emplacement, mais ça nous écarte de notre route de 4 km. C’est bien mignon… 4 km, en voiture, ce n’est rien. Pour nous c’est 1/2 h ou 3/4 d’heure de marche. Sans compter qu’il faudra revenir demain sur nos pas. On préfère tenter notre chance sans dévier.
On finit par trouver l’idéal, après un peu plus de trente bornes sous les sabots : les bohémiens au château !

Ce château nommé Laumoy date du XVIème siècle. Il appartient à Laurent et Fabienne, qui ont deux filles : Salomé et Judith. Laurent y est né et y a grandi. Le château a été habité jusqu’en 1986. Aujourd’hui, la famille vit dans une petite maison attenante, plus facile et moins coûteuse d’entretien. Ils rêvent de réhabiliter le château, mais pour ça… faudrait d’abord gagner au loto !!!
La petite Judith est tout heureuse de nous apporter, bien accroché au porte-bagage de son vélo, un cageot dans lequel on découvre des tomates du jardin (dont de délicieuses petites tomates-poires jaunes) et un pot de rillettes fabriquées maison par son papa.

Un très très grand merci, Laurent et Fabienne, pour votre chaleureux accueil !

5 Septembre : Laumoy – Le Pondy 14,5 km

Jolie petite étape toute tranquille, sans autre circulation que… les cars de ramassage scolaire. Je suis obligée de ranger les juments sur le bas-côté pour qu’ils puissent doubler ou croiser.
Elle n’est pas mignonne, cette jolie petite école au milieu d’un joli petit village ?

On espérait trouver un emplacement près de canal du Berry au Pondy, et on l’a effectivement trouvé !

Ce canal de tout petit gabarit a été creusé entre 1808 et 1840. Il avait une longueur de 320 km.
Il est un peu particulier, puisqu’il est composé de trois branches qui se rejoignent sur la commune de Bannegon, que nous avons traversée ce matin. Il relie Montluçon à Vierzon. Il a été utilisé pour le transport des fûts de bois, mais aussi pour celui du charbon, et surtout du minerai de fer vers les usines de Montluçon.
Le petit gabarit du canal a entraîné la conception de bateaux spécialement adaptés nommés... les "berrichons". Ben moi qui suis berrichonne, je savais pas. Je viens tout juste de l’apprendre ! Ça m’a tellement surprise que je vais lui faire une petite place dans ma rubrique « quelques remarques ». Je suis Berrichonne de l’Indre, pas du Cher. Ça doit être pour ça que j’étais si ignorante. Y passe pas dans l’Indre, ce mignon canal ! Alors j’ai des excuses, na !
Le canal du Berry a été utilisé jusqu’en 1945. En 1955, il a été vendu pour un franc symbolique du kilomètre aux communes riveraines qui en ont fait ce que bon leur semblait. Certaines l’ont conservé totalement ou partiellement en eau, d’autres l’ont abandonné aux broussailles, d’autres… l’ont bouché et construit dessus. Ce qui laisse une tâche plutôt difficile à l’association qui prône sa réhabilitation. Mais n’entame pas son dynamisme ! Le canal du Berry pourrait devenir une pièce maîtresse du tourisme fluvial en France grâce à son gabarit spécial qui lui confère un charme tout particulier.
L’ Association pour la Réouverture du Canal de Berry (ARECABE) œuvre depuis 1996 pour une réouverture progressive.

Déjà, une portion de 12 km avec 5 écluses de Selles-sur-Cher à Noyers-sur-Cher fonctionne à nouveau depuis les années 1990 (prolongée vers Tours par le Cher canalisé), et une autre de 3 km avec 2 écluses fonctionne à Vierzon. En plusieurs endroits des ponts-levis ont été réhabilités, facilitant la navigation de petits bateaux électriques loués à l’heure ou à la demi-journée.

6 Septembre : Le Pondy – Uzay-le-Venon 26 km

Michel, le frère de ma copine Bernadette (oui, oui, celle-là même qui est responsable de tous les montages photos jalonnant mes articles… Tu vas dire que je radote, mais c’était magique. J’envoyais les photos, et deux ou trois heures plus tard, j’avais le montage. Remarque, c’est Internet, aussi, qui est magique ! Encore une fois, merci, la Yéyette !) Michel donc, habite Uzay-le-Venon, quasi sur notre route. Occasion d’une halte avec repos d’une journée. (Décidément, on les accumule, les repos d’une journée, ces derniers temps !)
Ce matin, on part donc sans l’incertitude de savoir où on va s’arrêter. En l’honneur de cette première étape « en famille » (Bernadette est une quasi-sœur, on se connaît depuis le collège) on a accroché les pompons rouges aux brides des juments.

Le pompon rouge s’appelle « ciucurel » (prononce tchi-ou-cou-rel, en roulant le r) Il est censé éloigner les mauvais esprits et protéger le cheval qui le porte. Et peut-être bien que ça fonctionne, figure-toi. On ne les avait pas accrochés aux brides des juments, jusque là, par peur (un peu idiote) de les abîmer. Mais ils se trouvaient quand même dans le roulotte, et résultat : sur le chemin du retour, on a presque pas eu d’ennuis ! 18 mois à l’aller pour arriver en Roumanie, pas tout à fait 6 mois pour en revenir. Les pompons rouges ont-ils inquiété la fée Carabosse ???????

Jolie étape tranquille :
d’abord, on longe le canal du Berry par un chemin non asphalté.

Sous ce petit pont, l’absence d’entretien bloque un peu le passage de l’eau 

qui disparaît… De l’autre côté, le canal est quasiment à sec.

On finit par rejoindre le goudron. On traverse la forêt de Meillant par une petite route tortilleuse et ombragée. Crinière et ciucurel au vent !

Pour arriver enfin chez Michel. Qui a dû entendre le bruit des sabots : il a la tête à la fenêtre ! Il est 10h30, le soleil ne cogne pas encore trop fort. Michel nous accueille avec grand plaisir. Kaplumbağa restera garée à côté de la maison.

Bernadette, qui doit venir nous rejoindre, (elle n’habite pas tout à fait la porte à côté) n’est pas encore là. Elle arrivera une demi-heure plus tard, toute déçue : son réveil a oublié de sonner… ce qui lui a fait rater notre arrivée. Quand on se jette dans les bras l’une de l’autre, Océane et Noé sont déjà déshabillées, et tranquillement en train de brouter à l’ombre des fruitiers.

7 Septembre

Journée papotages…
L’appareil photo de Bernadette ne reste pas au chômage, je te prie de le croire. Voici le résultat !



8 Septembre : Uzay-le-Venon – Lignières 31 km

On démarre avec Bernadette, toute fière, dans la roulotte.

On avait prévu deux étapes pour arriver à Lignières en prenant les petites routes. Mais il fallait de toute façon parcourir 4 km sur la route rouge. Finalement, ces 4 km-là ont été si aisés (circulation fluide, très peu de camions) qu’on a décidé de continuer sur la lancée, jusqu’à Lignières. Ça nous a fait une grosse étape, mais ça nous a économisé pas mal de kilomètres. Et puis du coup, la journée gagnée, on la prendra demain pour se reposer, et surtout pour découvrir plus en détail le Pôle du Cheval de l’Âne qui nous accueille très gentiment.

Kaplumbağa sera dans un coin isolé, bien à l’écart de la route

Tandis que les juments disposeront d’un immense pré tout clôturé d’avance, où il reste même de l’herbe verte en dépit de la sécheresse qui transforme toutes les pâtures en paillasson.

C’est au bord de la rivière Arnon, en partie asséchée. Malgré tout, il reste quelques flaques suffisantes pour abreuver Océane et Noé.

C’est quoi, au juste, ce Pôle et du Cheval et de l’Âne ? Ben c’est un gros machin, dis donc ! Ça appartient au Conseil Départemental du Cher.
140 hectares. Avec un joli nom : le Domaine des Amourettes.
Un bel hippodrome, qui accueille des courses de galop, de trot et d’obstacle.
Un haras (les anciens Haras Nationaux, désormais privatisés).
De superbes installations équestres qui peuvent accueillir toutes sortes de compétitions (le championnat de France d’attelage y aura lieu début octobre, entrée gratuite.)
Un centre de sélection et de conservation de l’âne Grand Noir du Berry.

Un musée vivant des races d’ânes françaises.

Un original Village Vacances uniquement composé de roulottes. Il y en a cinquante !

Ça s’appelle « les roulottes du Berry »

Elles ont regroupées par petits « parcs » de 4 ou 5 roulottes, et chacun des parcs est désigné par le nom d’une race d’ânes.

Si t’as envie d’en savoir plus long, c’est ICI 

Y’a même une piscine, et tu peux faire des balades à dos d’âne (5 € la demi-heure, et 2 € supplémentaires si tu veux brosser ton âne avant la promenade. Ça s’appelle « atelier pansage » !) ou des promenades en calèche.
En tout cas, on a été super bien accueillis. Normalement, la pension, c’est 18 € par jour et par cheval. Ben quand ils ont appris ce que nos deux princesses viennent d’accomplir, ils ont décidé que pour elles, ce serait gratos !

Un énorme merci au Pôle du Cheval et de l’Âne !!!

9 Septembre

Deux visites, aujourd’hui ! Celle de Michel, un copain du CLLIC 36, le club ordi des fans de Linux, à Châteauroux. Celle d’Antoine et Nicole, qui nous suivent depuis longtemps sur Fesse-Bouc, et qui voulaient nous rencontrer « pour de vrai ». On fera d’ailleurs étape chez eux dans quelques jours. Ils ont apporté l’apéro : vin de pousse d’épine, jus de fruit et petits gâteaux...

10 Septembre : Lignières – Mers-sur-Indre 35 km

Non, ce n’est pas notre record. Il était de 39 km. Mais c’est trop long quand même. Les juments sont fatiguées, et mon dos aussi.
On était partis avec les Louloutes pieds nus, sur du beau goudron bien lisse. Ça s’est corsé ensuite, avec le gravillon. Il a fallu chausser. En plus : deux belles vilaines montées, tout à fait en fin d’étape.
Et nous voici dans l’Indre ! Snifff… Ça sent le point final.
Ouf ! On est quand même arrivé chez Dominique. On aurait préféré le faire en deux étapes, mais on n’a pas trouvé d’emplacement correct. Et puis une fois sur la lancée, sachant qu’on était sûr d’être accueillis…
Ah ben ça, pour être accueillis, on l’a été ! Dominique est au petits soins pour nous. Même pas besoin de faire la popote ! Pour les princesses : pré tout clôturé, un peu cramé, mais excellent foin à volonté.

Dominique est AUSSI l’une de ces personnes qui nous ont suivis sur la toile, et qui avait envie d’un peu plus de concret. Nous, on avait suivi le périple de son mari, Michel, qui au printemps dernier avait attelé pour trois semaines sont cheval Loulou à sa petite roulotte fabrication maison. (Même qu’il avait pataugé dans les inondations !) Michel n’est pas là, il est parti randonner quelque part à la limite entre la Creuse et la Corrèze, avec le petit cheval arabe de Dominique. Mais on fait la connaissance du grand Loulou, cob normand de 900 kg.
Et Kaplumbağa fait la causette avec sa p’tite sœur !

11 Septembre

Mon papa, ma maman et Jean-François, l’un de mes frères nous ont rejoint ici, chez Michel et Dominique. On déjeune tous ensemble, sauf Michel qui ne rentre que ce soir. Il y a là aussi Stéphanie, la fille de Michel et Dominique, son mari Philippe, et leur petit garçon Gabriel.

C’est seulement le soir que nous ferons la connaissance de Michel, qui rentre de sa randonnée.

12 Septembre : Mers-sur-Indre – Velles 26,5 km

Aventure peu après notre départ : Michel nous avait indiqué un chemin de traverse, et on s’est gouré : on n’a pas pris le bon ! On s’est retrouvé sur un raidillon de terre rouge, bien ardu à grimper. Noé et Océane en ont bavé !!! Pour couronner le tout, notre Altaï (quelle mouche l’a donc piqué ?) s’est jeté sur une malheureuse agnelle échappée de son enclos et l’a couchée au sol. Bêlements de terreur de la pauv’bête. J’ai hurlé, hurlé, hurlé. Oswald (qui était parti en reconnaissance devant, à pied, pour voir si on pouvait continuer) a réussi à intervenir à temps. L’agnelle n’a pas une égratignure, ouf ! Plus de peur que de mal. J’ai la voix cassée ! On s’est quand même sorti de l’auberge...
Ensuite, la route était très jolie, bien vallonnée, grimpettes et descentes que nos Loulouttes se sont joyeusement avalées au trot.
On passe à Lys-Saint-Georges, très joli village, avec son château entouré de douves.

Puis devant une ancienne léproserie. Vieilles pierres émouvantes.

le lieu-dit se nomme bêtement « L’Hôpital ». Autrefois, les lieux d’accueil des lépreux étaient appelés « maladreries ». Celle-ci a été bâtie bâtie au XIIIe siècle. On raconte qu’elle a été bâtie pour un seigneur revenu lépreux des croisades.
Elle était composée de trois bâtiments : une maison de soins, une ferme et une chapelle.
Par la suite, la léproserie est devenue hôtel-dieu. En sus de sa fonction d’hôpital destiné aux lépreux, elle a ajouté celle d’hospice recevant pèlerins et mendiants.
La bâtisse consacrée aux malades a été détruite pendant les Guerres de religion. La chapelle est toujours debout à côté de la ferme. Quelques traces de fresques y sont encore visibles. Même que je les ai aperçues depuis mon poste de pilotage dans la roulotte.

On est attendu chez Antoine et Nicole, ceux qui étaient venus nous rendre visite à Lignières. Accueil fantastique. On n’est jamais blasé de toutes ces rencontres merveilleuses. Ouh là là ! Ça va nous manquer !

13 Septembre : Velles – Saint-Maur 18 km

Dernière étape avant le retour à la maison. Ça fait vraiment un drôle d’effet de parcourir des lieux plus que familiers tant de fois sillonnés en vélo, à cheval, à pied, et… en automobile !
Je trouve quand même le moyen d’y découvrir des détails que je n’avais jamais remarqués ! Un mur de pierres sèches, par exemple. Ce long voyage m’aurait-il appris à ouvrir les yeux ???
Arrêt devant la maison de mes parents.

J’embarque ma Maman pour descendre jusque chez François,

qui va nous accueillir dans sa merveilleuse prairie arborée.

Miracle ! En dépit de la sécheresse, l’herbe y est encore verte ! Océane et Noé sont aux anges.

Délicieuse, l’ombre du saule pleureur… et délicieuses, ses feuilles vert tendre.
« Allez-y ! a dit François. Ça lui fera du bien d’être taillé un peu. »

Céline, l’aînée de mes filles, vient nous rejoindre. Pas vrai qu’elle a un joli sourire ?

On fête les retrouvailles par un repas au restaurant. Marc, mon Papa. Geneviève, ma Maman. Céline, ma fifille. François, l’ami de mes parents, qui nous accueille à bras ouverts dans son magnifique moulin au bord de l’Indre. Puis Oswald et moi, bien entendu.

14 Septembre : Saint-Maur – La Roche (Vendoeuvres) 21,5 km

Dernière étape. Les juments sont toutes tranquilles. Route par cœur connue. Impression bizarroïde. Mélange d’émotion, de joie, d’inquiétude… Qu’est-ce qui nous attend ? Des rendez-vous médicaux, des monceaux de paperasses administratives, du débroussaillage, l’écriture du livre, les montages photos, la rédaction d’articles, un petit tour dans l’Hérault pour qu’Oswald puisse revoir sa famille et ses amis, la réadaptation à la vie sédentaire, reprendre le volant d’une voiture automobile. Et puis ce fichu téléphone ! On a vécu sans lui pendant plus de deux ans. Waouh ! Le bonheur de l’absence de sonnerie intempestive ! Bon. La vie d’aujourd’hui a ses impératifs. Il va bien falloir qu’on s’y refasse.

Premier panneau indiquant « Vendoeuvres » ! C’est indiqué 10 km, mais pour nous, il n’en reste plus que 6 à parcourir.

On rigole bien devant ce que j’appelais autrefois, il y a longtemps, « la montée de Lancosme ». Ça ? Une montée ? Océane et Noé se marrent !
Et là… il faut bifurquer à droite. Transmission de pensée ? Belle mémoire d’Océane et Noé ? Indication inconsciente et involontaire ? Toujours est-il que je n’ai pas besoin de donner un ordre, ni de la voix, ni de la main. D’elles-mêmes, les juments tournent dans le chemin. Laurent et Sylvie, nos plus proches voisins, guettaient notre arrivée ! Joie des retrouvailles !!!
Encore 800 mètres… Au pas. Tout doucement.
La maison !

Le jeune marronnier, dans la cour, a pris plus d’ampleur que je ne m’y attendais.

Nette sensation qu’Océane et Noé reconnaissent les lieux. La barre d’attache. Altaï, je ne sais pas. Il ne manifeste rien, en apparence. Mais que se passe-t-il dans son crâne de chien ?
On rentre à la maison. J’ouvre la porte qui donne sur le jardin. Le figuier s’est beaucoup étoffé, lui aussi. Et l’actinidia a envahit l’espace.
« Mais regarde à droite ! » s’impatiente Céline.
Oups ! Quelle surprise ! Jarkka, le cher et tendre Finlandais de ma Céline, nous a construit un sauna ! Un vrai sauna finlandais ! Quelle surprise ! Le secret a été bien gardé…
Waouh !!!
Un énorme merci, Jarkka !!!

Séquence émotion : retrouvailles avec ma vieille Athéna.

Athéna a 28 ans. Elle n’était encore qu’une gracieuse pouliche de un an quand elle est arrivée à la maison. Tu imagines tout ce que nous avons partagé ? C’était un crève-cœur pour moi que de ne pas pouvoir l’emmener avec nous. Mais bon, vraiment, c’était pas possible… Comment lui expliquer ça, à la pauvre Athéna ?
Athéna n’a jamais été ferrée de sa vie. Elle a toujours été montée sans mors, jusqu’à l’âge de 25 ans. À l’attelage, par contre, je lui mettais dans la bouche un mors très doux. Jamais eu le moindre problème.
Plus de deux ans toute seule dans son pré ! (Il était prévu de la mettre avec une vieille copine, mais la copine en question est morte peu de temps avant notre départ.)
Ben ma foi… ça se passe très bien. Un peu d’excitation, quand même. Ça lui redonne un coup de jeune, à notre Athéna !

Quelques remarques

- Le « berrichon » était bateau créé spécialement pour pouvoir fréquenter le canal de Berry, de petit gabarit. Il mesurait 27,5 m sur 2,60m. Il pouvait porter 60 tonnes sur le canal de Berry, et 100 tonnes sur les canaux plus profonds.
C’était un bateau emblématique de la grande époque de la batellerie. Construit en bois ou en métal à plusieurs milliers d’exemplaires entre 1830 et 1950, il n’en reste que quelques exemplaires, une demi-douzaine environ, tous métalliques et reconvertis en bateaux-habitations. Un seul continue à travailler, comme avitailleur (bateau équipé pour ravitailler en combustible d’autres bateaux, de plaisance ou de commerce) Il s’appelle « Cher » (tiens, tiens !) et travaille à Paris.
Le tout premier « berrichon » avait été surnommé « bé de cane » à cause de son avant relevé qui ressemblait assez vaguement à un bec de canard.
Le « berrichon » a également connu d’autres petits surnoms assez mignons, dont… « cercueil ».
Ce bateau était tracté soit par un homme (à l’aide d’une corde) soit par un cheval ou même plus souvent par un âne. Quand le bateau s’arrêtait, l’animal de trait était hissé à bord par une grue (fixée à demeure sur le « berrichon ») et il passait la nuit dans la cale.

- L’âne grand noir du Berry est une race d’âne originaire... du Berry ! (départements du Cher et de l’Indre). C’est un grand bourricot de robe noire.

Son élevage reste très localisé dans son berceau d’origine : près de 60 % des effectifs se situent en
« Boischaut », dans le sud du Berry. À l’étranger, la race est présente en Belgique, en Allemagne et en Suisse.
La race n’a été reconnue officiellement qu’en 1994. C’est la deuxième race asine française qui a été reconnue par les Haras Nationaux, après le baudet du Poitou près d’un siècle auparavant.
Autrefois, le Grand Noir du Berry était surtout utilisé pour le trait, tant pour les travaux des champs que pour travailler la vigne, mais aussi pour haler les péniches le long du canal de Berry et du canal de Briare. Docile et costaud, il s’est aujourd’hui reconverti dans les loisirs. Bâté, il transporte les bagages des randonneurs. Sous la selle, c’est l’âne idéal : il possède toutes les qualités physiques et mentales requises.
Un peu têtu, quand même ??? Hi-Han ! Des fois, on se demande c’est qui le bourricot !

(je ne connais pas le nom du peintre...)

Leçon à retenir : les humains, dans leur immense majorité, sont accueillants, serviables, gentils, hospitaliers… Et c’est seulement le tout petit pourcentage de malappris qui fait la une des journaux. Les médias ne parlent que des « vilains ». Alors, les gens ont peur. Remarque, c’est un peu de leur faute, aux gens, – et rassure-toi, je m’inclus dedans – ils achètent le journal quand il raconte des horreurs. (Voir le tirage de Charlie Hebdo au lendemain de l’attentat !!!) T’imagines un journal qui titrerait à la une, tous les jours, en lettres bien grasses : « aujourd’hui, 95 % des habitants de ce pays n’ont ni volé, ni violé, ni assassiné, ni escroqué... » Ben franchement, tu crois qu’il ferait fortune ?
Question la plus souvent posée : « mais vous n’avez pas eu peur d’être agressés ? » Ben non, on n’a pas eu peur. Et ce que nous avons vécu nous a donné raison.

FIN

Anne, le 15 Septembre 2016

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