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Deutschland ? Nein ! Bayern !!! 21/06/2016

10 Juin : Schlögen – Grünau 20 km

Ce matin, on a chaussé Noé avec ses Old Macs amortissantes anti-dérapantes : y’a de la grimpette !
Trois belles montées. De là-haut, vue plongeante sur la Danube. Encore plus haut, tout là-haut une forteresse. Les Seigneurs d’autrefois aimaient à vivre perchés.

On repasse une nouvelle fois rive Nord, pour éviter la circulation de la rive Sud. Les passages d’une rive à l’autre se font en fonction des renseignements (pas forcément toujours justes, d’ailleurs) que l’on nous donne au sujet de l’état de la véloroute (rétrécissement, barrières…) et de la circulation automobile sur les voies routières.

Ici, rive Nord, nous nous retrouvons sur une routelette non interdite aux voitures. Là, on est sûr de ne pas rencontrer d’obstacle insurmontable. Les automobilistes préfèrent tous emprunter la jolie route du Sud, on ne croisera donc que trois autos sur tout le trajet.
Voici la frontière pour passer en Allemagne. En Allemagne ? Oups ! Qu’est-ce que je raconte là, moi ? En BAVIÈRE !
Seul indice du franchissement de la ligne : un panneau rectangulaire indiquant « Achtung ! Staatsgrenze » (Attention ! Frontière) et un panneau rond indiquant : « Freistaat Bayern » (État libre de Bavière). Pas une seule mention de « Deutschland ». Le panneau bleu barré d’un trait rouge marqué « Treppelweg » signifie simplement qu’on se trouve à la fin du chemin de halage. (La voie cyclable est en grande partie aménagée sur les anciens chemins de halage)

Comme en Autriche, tout est propre. Les maisons tirées à quatre épingles.

Accueil fort sympathique dans une ferme coquette, au bord du fleuve. Oswald éprouve quelques difficultés à comprendre le bel accent bavarois du vieux monsieur qui nous présente avec fierté sa propriété – depuis plusieurs générations dans la famille.

L’entrée est joliment décorée.

Une rampe d’accès tracteur monte au grenier, pour y stocker le foin sans efforts démesurés.

Derrière la ferme, le Danube. Quand on voit jusqu’où montent les crues…

Eh bien, nous nous trompons. Lors de la crue catastrophique de 2013, il n’y avait que 50 cm d’eau dans la cour, alors que dans le village, plus loin, l’eau montait jusqu’au premier étage des maisons.
Explication :
Le barrage qui se trouve juste en aval a été construit en 1953. Avant cette construction, le niveau du Danube, ici, était de dix mètres en dessous du niveau actuel. L’ancienne ferme, construite un peu plus bas, et qui de mémoire d’homme n’avait jamais été inondée, a été noyée. Cinq hectares ont été perdus. Énorme perte, car la ferme en comprenait quinze, des hectares. Cela veut dire : 1/3 de l’exploitation, plus la maison et les bâtiments, envahis par les flots. Cependant, l’indemnité touchée a été suffisamment conséquente pour permettre de reconstruire cette belle maison et ces dépendances, en 1954. Aujourd’hui, quand une crue est annoncée, le barrage « régule ». L’eau est évacuée vers l’aval très rapidement, la ferme se trouve épargnée.
À l’époque où la ferme a été rebâtie, 10 ha et 10 vaches à lait, avec production fromagère, permettaient de faire vivre la famille. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les enfants ont un travail salarié, Grand-Père est retraité, la ferme est devenue une « ferme d’agrément ». On y pratique l’apiculture (ce qui nous vaudra le cadeau d’un pot de miel) et la pension pour chevaux (ils sont trois) pour utiliser l’herbe et le foin.
Le propriétaire des chevaux en pension (des Shagyas, dont une vieille jument âgée de 35 ans) vient bavarder avec nous. On peut lui chiper du foin pour les juments, car elles auront vite fait de raser l’herbe de leur parc, un peu petit. Dans les prairies, le foin est prêt à être fauché, on ne peut pas l’abîmer en y parquant les louloutes. Très odorant, le foin. On aurait presque envie d’y goûter. Océane et Noé se jettent dessus.

11 Juin : Grünau – Donauhof 25 km

Notre idée, c’était de faire étape juste avant Passau (on nous avait indiqué un bel emplacement), de façon à traverser la ville le dimanche matin de bonne heure (demain, 12 Juin). Ce qui nous éviterait une circulation trop intense.
Après quelques kilomètres, une voiture nous double, s’arrête. Une femme en descend et nous fait signe qu’elle désire nous parler. C’est la femme du propriétaire des chevaux en pension chez nos hôtes de cette nuit.
Elle nous assure que ce n’est pas une bonne chose de nous arrêter à l’endroit prévu. C’est une zone « nature protégée », et on risque des ennuis avec la police.
Elle nous déconseille aussi la véloroute. « Il y a de forts rétrécissement. Un jour, je m’y suis coincée, avec ma calèche et mon cheval. Pour comble, les flics sont arrivés, et j’ai eu droit à une amende bien corsée ! » (Bon, pigé ! On restera sur la route. Qui est loin d’être intolérable, d’ailleurs)
Elle nous conseille vivement de traverser la ville aujourd’hui (Quoi ? Un Samedi à midi ???) Elle connaît un super endroit, après Passau, pour faire étape.
Et pour nous convaincre tout à fait… elle nous trace la route avec sa voiture. On la suit au petit trot. Ville en vue !

Pour passer sous les remparts

il faut traverser un tunnel. Bruit assourdissant. Anne et Noé stressent. Oswald et Océane demeurent imperturbables.

Passau, située au confluent de l’Inn et du Danube, c’est abominable. Après le tunnel, la quatre voies. Circulation intense.

Heureusement qu’on a notre guide. Au moins, on n’a pas à chercher notre chemin. Les juments ont compris, elles collent au cul de la voiture.

Après la sortie de Passau, on récupère assez rapidement une petite route parallèle à la grande. Ouf !
C’est sur le bord de cette voie que nous allons stationner.

Les juments auront de l’herbe en abondance. Le fleuve, lui, coule de l’autre côté de la nationale.

Pendant que je me prélasse dans la roulotte, le pauvre Oswald est de corvée. Il prend le bus pour aller en ville : si tu veux continuer à recevoir de nos nouvelles, nous devons changer la carte SIM de notre jolie boulette Internet, comme chaque fois que nous passons d’un pays à un autre.

Belle promenade dans la montagne, sentier au bord d’un ruisseau cascadant. Retenu Altaï juste à temps : une jolie maman chevreuil d’un roux flamboyant, suivie de son petit faon tout tacheté de blanc, nous observe avec inquiétude et curiosité. Nous restons un très long moment immobiles. Qui est le plus fasciné ? La chevrette, ou bien nous ? Instants magiques...

12 Juin : Donauhof – Hilgartsberg 20 km

La véloroute, on ne peut pas : passerelles trop étroites pour la roulotte.
Environ 500 mètres de route très circulante : échange entre l’autoroute et Passau. Pour la quitter, il faut tourner à gauche. Je place la roulotte sur la bonne file. Oswald donne à Altaï l’ordre habituel par lequel il se colle à la roulotte au lieu de trotter sur le bas côté. Mais notre gros toutou n’obéit pas assez promptement, une voiture arrive qui nous double par la droite, entre la roulotte et le chien. Altaï ne sait plus où donner de la tête. Il reste planté au beau milieu de la route, nous regarde, regarde les voitures, n’ose pas nous rejoindre (Si tu es une récente adepte de Kaplumbağa ou un petit nouveau : Altaï s’était fait assez méchamment buter par une voiture quand on était en Italie. Depuis, il se méfie… Sauf quand, on n’a toujours pas compris pourquoi, il se met à courir après l’une d’entre elles ! C’est rare, mais ça lui arrive.) J’angoisse. Oswald me rassure : les automobilistes ont vu le chien, ils ne vont pas lui foncer dessus.
En tout cas, les automobilistes, on les enquiquine, et je déteste ça.
Ouf ! Altaï finit par nous rejoindre. Il a créé un petit embouteillage, mais il s’en fiche complètement. On s’engage sur la route secondaire. Gros toutou se remet à trottiner sagement sur le bas-côté, comme si rien ne s’était passé.
Stop dans un village, devant une boulangerie : on n’a presque plus de pain. Mais nous sommes Dimanche. La boulangerie est fermée. Un peu plus loin, on s’arrête encore, pour demander à une femme qui prend l’air sur le pas de sa porte si elle sait où on pourrait trouver du pain.
« Oh ! Mais je peux vous en donner, moi ! » Trente secondes plus tard, nous voici pourvus d’une belle miche… et de cinq personnes qui entourent les juments et nous bombardent de questions.
La route s’éloigne du Danube et s’en rapproche, s’en éloigne et s’en rapproche. Ce qui signifie, puisque la montagne borde le fleuve, que ça monte et ça descend, ça monte et ça descend. Sportif pour Océane et Noé. Pour trouver une halte, pas évident. Côté montagne, c’est de la forêt bien pentue. Côté Danube, soit ça tombe à pic si on se trouve au bord, soit ce sont des champs cultivés si on se trouve plus éloigné. (Maïs, blé, orge, seigle.)
Tiens, un embranchement avec la voie cyclable, indiquant qu’ici, elle est ouverte aux tracteurs. Chouette ! On la prend. Un peu plus loin, une ferme. Oswald va aux renseignements. Personne : la ferme est abandonnée, les bâtiments tombent en ruine.
Juste à côté, une prairie qui vient d’être fauchée, à ras le fleuve. On s’installe sans permission. On verra bien.

Mais pourquoi donc est-elle abandonnée, cette jolie ferme ??? Et d’ailleurs barricadée pour empêcher les gens d’y pénétrer. Des fois qu’une tuile leur tomberait sur la tête.

La guerre est déclarée entre les protecteurs de Dame Nature et la Compagnie du Danube.
Monseigneur Danube, en effet, sinue en larges boucles, et par ici, la navigation devient laborieuse. Ce serait tellement plus simple si on construisait un énorme barrage et si on coupait la boucle, n’est-ce pas ? C’est avec ce projet en tête que la Compagnie du Danube rachète autant que faire ce peut les terres des paysans riverains. Ces bâtiments abandonnés sont donc tout simplement devenus la propriété de la Compagnie. Le paysan a racheté une autre ferme plus haut. En attendant, il exploite toujours le foin des prés. Si le projet de barrage aboutit, le lieu est destiné à finir sous l’eau. Tout comme la voie cyclable, d’ailleurs. Bien entendu, toutes ces sinuosités Danubiennes abritent une faune et une flore qui se fichent pas mal de la navigation des gros bateaux. Tous les barrages déjà construits mettent en grave péril les espèces de poissons et autres bestioles aquatiques dépendantes des variations de niveau de l’eau. Alors si on en rajoute encore…
Pour l’instant la bagarre fait rage. On argumente des deux côtés. Argent et Vie Sauvage n’ont jamais fait très bon ménage. La décision sera entre les mains des tribunaux. Accrochez-vous, les poissons !
Autre anecdote dans la même veine, tout à fait locale, celle-ci : on voudrait bien restaurer le clocher de l’église de Vilshofen, le bourg voisin. Problème, une espèce de chauve-souris très rare y niche. (Notre informateur n’a pas su nous préciser de quelle espèce il s’agit) Il n’est pas question de déranger les bestioles. La recherche d’une solution est en cours.

Énorme orage. Le tonnerre suit de très près l’éclair. Pluie diluvienne.
D’ailleurs, il est bien gonflé, le Danube. Sur l’île en face de notre pré, les arbres ont largement les pieds dans l’eau.

On s’est installé sans permission sur le pré fraîchement fauché ? L’exploitante vient à passer… et nous réclame 10 €. On paye sans discuter. Pas la peine de faire des histoires.
Pour nous consoler, notre informateur de tout à l’heure, celui qui nous a raconté les histoires de la guérilla Danubienne et de la chauve-souris rare, nous apporte un sac rempli de bonnes choses à manger. Le train-train habituel, quoi ! Lui, il a même pensé aux carottes pour Océane et Noé, et aux biscuits-friandises-toutou pour Altaï.

Ça cafouille avec Internet. La nouvelle carte SIM achetée à Passau ne fonctionne pas. Donc : pas de petite épingle sur la carte pour nos suiveurs assidus qui vont s’inquiéter, encore, bien sûr, comme à chaque fois : « vous n’avancez plus ? Vous avez des ennuis ? » La panne Internet, y-z-y pensent jamais ! C’est comme nos fans sur Fesse-Bouc. « Pourquoi on n’a pas de photo ??? »
Comme on ne peut bien entendu pas lire nos courriels, ni ouvrir FB, toutes ces angoisses nous tomberont dessus seulement quand le malheur sera réparé. On ouvrira notre boîte, et il faudra répondre gentiment à une cinquantaine d’anxieux qui attendaient la gorge sèche de savoir si on n’a pas été victimes d’un accident grave !
DONC : si t’as pas de nouvelles pendant quelques jours quand on change de pays, pas la peine de paniquer !!!
D’ailleurs, vu qu’il ne devrait pas y avoir de souci quand on passera de la Bavière à l’Allemagne, on n’en a plus qu’une à franchir, de frontière : celle entre l’Allemagne et la France.
En attendant, nous on ne s’ennuie pas. Ça nous fait du temps libre en rab, d’être déconnectés. Oswald en profite pour fabriquer lui-même ses bonbons, vu qu’on se trouve en pleine cambrousse et qu’on est AUSSI en panne de bonbons.

13 Juin : Hilgartsberg – Niederalteich 22,5 km

Temps mitigé : y pleut, y pleut plus, y pleut, y pleut plus… On a quand même enfilé les impers. On démarre sur la véloroute, mais après 5 km, on est obligés d’en sortir : elle est inondée. Pas de souci, la petite route est très tranquille.

On a l’occasion d’y faire un portrait-reflet. Ça ne nous était plus arrivé depuis la Slovénie, voici un peu plus d’un an.

Après la zone inondée, on récupère la voie cyclable. Le Danube décrit une grande boucle, ici. Deux possibilités : ou suivre le fleuve, ou couper la boucle. On avait choisi la deuxième solution… mais on se goure ! Suivre le fleuve, ça nous rallongera de quelques kilomètres ! Ma foi tant pis, la piste est agréable, le paysage bucolique. Pas de regret.
Un gros monsieur jovial qui promène son petit chien noir sans race bien définie nous assure qu’on peut continuer sur la véloroute sans aucun problème de rétrécissement ni de barrière jusqu’à Deggendorf au moins. Quelle bonne nouvelle ! Cette voie est ouverte aux voitures, pour les riverains uniquement. Une voiture par heure, environ, ça reste supportable.
On s’arrête juste après avoir dépassé Altenhufer. Belle prairie pour les juments, sans risque de déranger quiconque. La crue de 2013 a été catastrophique pour le village. L’eau a débordé par-dessus la digue. Depuis, elle a été rehaussée avec un mur métallique. La prairie où sont parquées les juments est piquetée de repères pour élever une deuxième digue protectrice. Les travaux ne sont pas commencés, et les prés ne sont plus exploités. D’ailleurs « Polizei » vient de passer, sans nous adresser aucun reproche. Juste un gentil sourire et un joyeux signe de la main.

Seul inconvénient : le Danube est caché de l’autre côté de la digue, hors de notre vue. Consolation : les prairies sont constellées de fleurs, dont de très belles roses trémières sauvage colorées d’un violet intense.

Comme on voudrait bien au moins pouvoir lire nos courriels, on marche jusqu’au village pour tâcher de trouver un bistro où on aurait une connexion. On trouve bien la bière et le jus d’orange, mais de connexion, bernique ! Deux kilomètres, sous une pluie battante, l’ordi sous le bras (et sous le parapluie) … pour des prunes !

14 Juin : Niederalteich – Pfelling 29 km

Hormis la traversée de Deggendorf, ville assez importante (on a provoqué un beau bouchon à la sortie de la ville, où il est impossible de doubler, le temps de trouver un déport où garer la roulotte pour désengorger la circulation. Une bonne douzaine de poids-lourds, et on n’a pas compté les voitures !) toute l’étape a été parcourue dans les paysages Danubiens de la voie cyclable.

Elle traverse de coquets villages minuscules, dépourvus de tout commerce.

Cependant, nous ne serons pas en panne de pain : le boulanger ambulant s’arrête et klaxonne. Oswald descend de la roulotte pour refaire notre provision.

Encore un arrêt au bord du Danube, avec abondance d’herbe pour les juments. Ça devient la routine.

Routine aussi les soins aux juments et le rangement de tout le bazar avant de pouvoir enfin casser la croûte et songer au repos.

Soirée orageuse.

15 Juin : Pfelling – Straubing 15 km

Superbe emplacement, à l’écart de la route, à 4 km de Straubing, ville de quelque importance.

Toujours au bord du Danube, dans lequel on puise l’eau pour les juments.

Oswald s’en va à pied jusqu’à Straubing (4 kilomètres à pied, ça use, ça use…) pour essayer de régler enfin notre souci de connexion.
Il tombe cette fois sur une demoiselle fort compétente. Problème résolu. Mais chèrement : le chargement de notre petite boulette est beaucoup plus onéreux en Allemagne que dans tous les autres pays traversés. Ça va nous coûter bonbon de continuer à t’envoyer de nos nouvelles !!!
Oswald déniche un magasin « équitation » qui lui permet de refaire une provision de mousquetons (encore un de cassé ce matin) et de racheter un licol pour Noé (le sien est tout effiloché.) Madame magasin-cheval refile à Oswald sept paires de lunettes de lecture, dans leur étui. (Bon, on n’aura plus peur de perdre les nôtres) Il a beau dire que ce n’est pas la peine, elle insiste. Et puis… elle l’emmène acheter nos provisions avec sa voiture, et le ramène ensuite jusqu’à la roulotte. Que voilà une bonne idée ! Surtout qu’un orage violent vient d’éclater, et une averse torrentielle s’est abattue sur le secteur.

16 Juin : Straubing – Wörth 20,5 km

C’est pas qu’on a battu notre record en nombre de kilomètres parcourus, mais on en a mis, du temps !
Un clog postérieur de Noé : barrette barrée ! On s’arrête pour réparer. Il faut ouvrir les coffres pour chercher le matériel, trouver une barrette neuve et des vis neuves. Couper la barrette à bonne dimension, c’est à dire : rentrer dans la roulotte pour trouver un couteau. Enlever la vieille vis (c’est pas le plus fastoche) Visser la barrette neuve. Rechausser Noé.
Plus loin, un village. Une jardinière en pleine cueillette de fleurs de sureau nous fait de grands signes. Nouvel arrêt. On profite de sa gentillesse pour lui demander de nous recharger en eau potable. Bavardages…
Son jardin ne ressemble pas du tout à ces petits jardins bavarois tracés au cordeau, méticuleusement peignés. C’est un méli-mélo de plantes sauvages, dont des orties et des chardons - mais quels chardons !

Ne va surtout pas croire qu’il s’agit d’un jardin négligé ! C’est un fouillis très savamment orchestré : Martina est architecte de jardin.

Elle est également artiste et créée des objets décoratifs non figuratifs, en utilisant bois flotté, graines diverses, écorces et cailloux.
Elle a placé son jardin sous la protection de Bouddha (bouddhisme tibétain), comme en témoigne la guirlande de petits drapeaux à prière accrochés entre deux arbres.

Ces drapeaux à prières sont des petites pièces de tissu colorées (bleu, blanc, rouge, vert, jaune) sur lesquelles sont imprimées des formules sacrées. Selon les adeptes du bouddhisme tibétain, le vent caresse ces mantras à son passage. Il les disperse dans l’espace et les transmet ainsi aux dieux et à tous ceux qu’il touche dans sa course. Les tibétains nomment ces petits drapeaux « loungta », ce qui signifie : chevaux du vent. Ce nom leur vient du cheval imprimé sur la plupart d’entre eux, cheval portant les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma (ses enseignements) et la Sangha (la communauté bouddhiste).
Les drapeaux à prière sont considérés comme des porte-bonheur possédant la capacité d’écarter les difficultés.
Cela n’empêche pas Martina d’être enchantée que la Vierge du village soit vénérée pour ses miracles. Le culte qu’elle suscite amènent à Sossau de nombreux pèlerins. Ces pèlerins deviennent parfois… des clients pour Martina !

Les bidons d’eau potable sont pleins, Martina a visité l’intérieur de Kaplumbağa, on s’est refilé nos adresses respectives, on peut repartir.
Il nous arrive assez souvent d’avoir comme ça des échanges brefs, mais chargés d’intensité…

Les juments marchent d’un pas très tranquille. Pas de velléité trotteuse en vue. On avance tout doucement.
Et encore un arrêt : plusieurs voies cyclables s’enchevêtrent, on ne sait plus trop si on se trouve sur la bonne. Renseignements pris, il faut faire demi-tour : une barrière ferme celle-ci un peu plus loin. Il sera possible de rattraper notre chemin dans un petit kilomètre.
On longe l’autoroute, très bruyante. On s’en écarte légèrement pour trouver notre lieu de bivouac. Pas suffisamment pour échapper au vacarme. Même les grenouilles, les loriots, les merles, les moineaux et les étourneaux, tous ensemble réunis dans un chœur de coassements, sifflements, trilles, piaillements et autres harmonies mélodieuses, ne parviennent pas à couvrir la rumeur des véhicules à moteur. Tant pis. On est trop lessivé pour continuer. Océane et Noé commencent elles aussi à en avoir plein les jambes.
Prairie au bord de l’eau, mais si tu regardes bien, tu vois les gros camions, sur l’autoroute, de l’autre côté de la rivière ?

Et voici un couple de cyclistes Français ravis de papoter un moment avec nous.

17 Juin : Wörth – Schwaighof 16 km

Ciel entièrement gris anthracite. Pluie fine persistante, bien pénétrante, qui ne nous lâchera pas tout le temps que nous roulerons. On grelotte : 11° nous annonce le thermomètre. Les jours précédents, même si le temps était loin d’être au beau fixe (nombreuses averses orageuses), la température ne descendait pas en dessous des 20°. Ça tournait plutôt entre 22 et 25. Ce matin, si on s’était bien équipés contre la pluie, on avait oublié de se prémunir contre le froid.
Nous voici repassés rive Sud. Pour la première fois, nous franchissons un pont sur le Danube quasiment sans circulation automobile. Et pour cause : l’autoroute n’est pas loin. Ici, les autoroutes délestent très réellement les routes secondaires pour une bonne raison : elles sont toutes gratuites.
Cette fois nous avons une raison très sérieuse de traverser pour la énième fois le fleuve : éviter à tout prix Regensburg. Chaque fois qu’on peut contourner une grosse ville, on le fait ! En plus, le « détour » nous raccourcit, puisqu’il coupe la longue boucle du Danube, qui méandre décidément beaucoup.
Donc nous quittons les berges du fleuve, et par conséquent la voie cyclable. Bonne surprise, très peu de circulation. Oswald imaginait qu’en Allemagne, ça ressemblerait au Nord de l’Italie : des véhicules sans cesse, même sur les petites routes de campagne. Eh bien jusqu’à présent, ce n’est pas le cas. Nous plongeons dans la Bavière profonde en nous éloignant des lieux touristiques. Mais là, finis les bivouacs sauvages sans problème au bord de fleuve. Il va falloir recommencer à mendier un emplacement pour la nuit.
Pour aujourd’hui, pas de problème. Après avoir traversé une belle forêt, on s’arrête à la première ferme qui s’offre à notre vue. C’est oui tout de suite. Un magnifique pré à l’orée du bois comme salle à manger pour Océane et Noé. On y stationne Kaplumbağa à l’écart de la route.

Avec un abreuvoir rempli d’eau très claire pour le délice des juments, et de merveilleux nénuphars roses pour les délices de nos yeux.

(Ou « nénufars », selon la dernière rénovation de l’orthographe française ? Mon ordinateur souligne « nénufars » en rouge. Il n’a pas été mis au courant de la réforme. Je me permets de rappeler à ceux qui pestent contre le remplacement du « ph » par le « f » pour des raisons d’étymologie qu’il y a belle lurette que les Italiens et les Espagnols écrivent toujours « f » pour le son « fffff », et qu’aucun « ph » ne vient compliquer leur orthographe. Je ne pense pas qu’ils soient pour autant plus nuls que les Français en étymologie (la même que la nôtre, en grande partie). D’ailleurs, ça fait beau temps que plus personne ne songe à râler parce qu’on écrit « fantôme » et non plus « phantôme », et pourquoi pas « phantosme », aussi, pendant qu’on y est. Mon ordi ne veut rien savoir : « phantôme » et « phantosme », il ne connaît pas. Il souligne. Là, il est au courant des réformes : elles ont été décidées bien longtemps avant sa naissance. S’il n’y avait jamais eu d’évolution de l’orthographe, on écrirait toujours comme Rabelais ou Villon. T’as déjà essayé de les lire « dans le texte » ? Ben oui, je suis écrivine. Ben oui, l’orthographe et l’étymologie m’amusent beaucoup. Mais je ne suis pas trop coincée. Du moins, j’espère. Faut savoir évoluer un peu quand même ! Le français est une langue VIVANTE.)

Près de cette mare romantique, une minuscule chapelle.

De l’autre côté de la roulotte, à tribord, un immense champ de pommes de terre en fleurs.

On en voit des hectares et des hectares, en roulant. Des champs aussi grands que des champs d’orge ou de blé. Un régal pour les doryphores. Certains champs en sont totalement exempts (pesticides ????), d’autres en sont envahi (bios ????). Oswald me raconte que quand il était petit garçon, en RDA, les écoliers étaient réquisitionnés pour aller débarrasser les champs de patates de leurs doryphores. Ils en remplissaient de pleins sacs. On racontait que c’était les Anglo-Américains qui balançaient des doryphores au-dessus des champs pour enquiquiner les communistes. Il existait d’ailleursdes chansons à ce sujet. Oswald ne se souvient plus trop des paroles, mais le thème, c’était à peu près : « les sales capitalistes balancent des doryphores sur nos champs de patates, mais ont s’en fiche, on est plus forts qu’eux, on les ramasse, on les détruit. » La conclusion de ces chansons, en gros, c’était « le communisme vaincra ! »
Tu vois ce qu’on fait tout en roulant ? On se raconte des petites histoires ! On rigole bien...

Anne : « Eh ben dis donc… Il y en a vraiment beaucoup, des champs de patates… et pas des petits !
Oswald : « Eh ! Oh ! On est en Bochie, dis donc, quand même ! »

18 Juin : Schwaighof – Gemling 17,5 km

le soleil est de retour. Étape bien tranquille. Traversée de plusieurs villages paisibles

avec leurs églises typiques, clochers-oignons boursouflés.

Une jeune femme nous double. Elle nous fait de grands signes des bras. Nous nous arrêtons. Juste devant son lieu de travail : un centre pour handicapés adultes, qui pratique la caresse-thérapie. C’est à dire le contact tactile avec les animaux (chiens, chats, chevaux) Elle tient à nous offrir des friandises-toutou pour Altaï, et des tablettes de chocolat pour nous ! La personne handicapée qui se trouve avec elle se précipite vers Altaï pour une grosse séance câlin-câlinou.

Hé ben dis donc ! Ils sont modernes, les Bavarois ! Ils ont mis au rancart la bonne vieille locomotive à vapeur !

Feu rouge. La barrière se baisse. Passage à niveau fermé. Il faut attendre. Assez longtemps. On est précautionneux, dans ce pays-ci.

Une fois n’est pas coutume, nous serons hébergés dans l’énorme centre équestre du lieu-dit Gemling, sur la commune de Bad Abbach.
Pas d’herbe bien juteuse pour Océane et Noé. Elles seront au foin sec ! Mais c’est du très bon foin, et c’est à volonté.

Kaplumbağa, elle sera stationnée à côté des vans.

Les propriétaires du centre équestre, Albert et Daniela, sont tout jeunes mariés, et fort sympathiques. Ils nous expliquent la coutume du « portrait des mariés » et du « mât à cigogne »… Tu pourras lire ça dans la rubrique « quelques remarques ».
Mais… on ne rencontre que des cavalières, dans ce centre équestre ! On interroge le « patron » (C’est bien un homme, lui, et barbu, en plus.) Si ! Si ! Il y a quelques cavaliers. 5 %, nous dit-il. C’est un bon score. Plus que la moyenne des centres équestres bavarois !

En faisant le tour des écuries, on découvre cet astucieux système d’arrosage : l’eau des gouttières n’est pas perdue.

Sur les portes des toilettes, ce n’est pas l’habituelle mention hommes – femmes, qui est inscrite. Mais…

Albert nous fait cadeau d’un magnifique drapeau bavarois…

Que Kaplumbağa arborera fièrement !

Et, ajoute-t-il, nous sommes ses invités. Donc, pas question de payer le foin, et interdiction de ramasser nous-mêmes le crottin des juments.

Danke schön, Albert !

19 Juin : Gemling – Abensberg 27,5 km

Train-train quotidien avant le départ…

On retrouve pour quelques kilomètres nos chers paysages Danubiens.

Avec la vision, ce matin, d’un accident peu banal ! Un superbe bateau « croisière sur le Danube », portant le fier nom de « Viking Tor » s’est buté dans un pont. Le courant violent l’a drossé par le travers contre les piles du pont. Comme la longueur du bateau est presque égale à la largeur du fleuve, la proue touche une rive et la poupe quasiment presque l’autre.

C’est arrivé juste avant le lever du jour. Il paraît que ça a réveillé les touristes-passagers. Tu m’étonnes ! Ça a dû faire un sacré raffut !
Les pompiers envoyés au secours se grattent la tête. Ils ne voient pas un truc pareil tous les jours.
Compte tenu de la puissance du courant et de la position du bateau, on n’arrive pas trop à imaginer les méthodes de dépannage. Pousseurs à péniches ? Remorqueurs ? Ça va être coton !
En attendant, la circulation fluviale est totalement bloquée.

Au secours ! On se fait attaquer par une chenille géante ! Heureusement, sa morsure restera bénigne.

On re-quitte le Danube. Pour éviter Ingolstadt, cette fois-ci. Océane et Noé renouent avec la grimpette. Plusieurs bonnes petites montées. Par-dessus le marché, on ne trouve rien pour stationner : chaque mètre carré est cultivé. Les villages traversés sont totalement déserts. Pas un chat. Personne à qui demander un emplacement. On continue, village après village. Algensberg est un gros bourg. On ne risque pas d’y dénicher un pré. On le traverse d’un bout à l’autre. Et tiens, juste à la sortie, une immense place communale, bien fournie en herbe et bordée par un ruisseau.

Gros inconvénient : invasion de moustiques. À un point encore jamais rencontré. On sort tout l’arsenal des huiles essentielles... Elles peinent à se montrer efficaces. Il faudrait bombarder toutes les demi-heures. Trop c’est trop. Le corps de nos pauvre louloutes se couvres de boursouflures.

Balade dans les rues d’Abensberg

Avec une jolie surprise : l’architecte et artiste Autrichien Hundertwasser a sévi par ici. Une très ancienne brasserie transmise de père en fils depuis le XIVème siècle a fait appel à ses services.
D’abord un mur, comme apéritif.

Le « biergarten », jardin de la bière, où tu peux boire à l ’ombre des marronniers (Ça, on en trouve dans presque tous les villages bavarois. Avec la tour de la brasserie : y’en a pas deux pareilles au monde !

Et puis cette maison des arts…

20 Juin : Abensberg – Niederwöhr 17 km

En nous éloignant d’Abensberg, un dernier clin d’oeil à la tour de la brasserie.

La Bavière étant le pays de la bière, Oswald commençait à se demander d’où on sortait le houblon. On n’en avait encore pas vu. Eh bien le voilà.

Notre étape de ce matin, ça a été asperge et houblon tout du long.

Avec le seigle, quand même, évidemment : ici, c’est la principale céréale cultivée. Ensuite vient l’orge. Du blé, en en voit assez peu. Encore qu’il existe de la bière de blé.

Une pizzeria isolée au milieu de la cambrousse, un pré en face. Pas très riche, le pré, mais on s’arrête. Les juments sont dégarnies, on est en train de monter la clôture. Une belle grosse Audi vient se garer à côté de Kaplumbağa. Une Manuela en descend, et nous supplie de venir chez elle. C’est à 200 mètres d’ici. Elle a des chevaux, et une belle prairie toute clôturée d’avance. Ouais, c’est bien joli, mais on n’a pas envie de ré-atteler pour parcourir 200 mètres ! Elle insiste. On emmène les juments à la longe. C’est vrai qu’il est chouette, le pré.

Et Kaplumbağa sera tractée par l’Audi.

Manuela, Albert et leur fille ont des chevaux quarter-horse et pratiquent l’équitation western. La demoiselle a même été sélectionnée pour participer aux championnats du monde aux USA. Elle n’y est pas allée : trop coûteux. Soit tu y vas avec ton cheval, mais il faut payer son transport. Il faut compter arriver environ trois semaines avant les épreuves pour que le cheval se remette de ses émotions, et donc payer la pension pendant tout ce temps-là. Tu as aussi le droit d’y aller sans ta monture, et de louer un cheval sur place. Ce qui se paye son prix, surtout si le cheval est réputé pour ses qualités. En plus, ce cheval, tu ne le connais pas. Il te faudra donc lier amitié avec lui avant la compétition, ce qui prendra un certain temps. Autant dire que très peu d’Européens sélectionnés pour le championnat mondial peuvent se permettre d’y participer. Le titre ne risque guère d’échapper aux Étazuniens.

les installations d’Albert et Manuela sont superbes, leurs chevaux très bichonnés. Ils ont même leur salle de douche.

Nous voici installés pour deux jours de repos. Ça ne fera pas de mal !

21 Juin

Aux aurores, Manuela nous invite dans son « saloon »

pour prendre avec elle le petit déjeuner.

Déco entièrement western !

Avec un superbe piège à rêves.

Après quoi, Manuela nous emmène faire nos petites commissions. Entre autres, acheter pour Océane et Noé de belles protections anti-insectes. N’en déplaise à ceux qui prétendent que les chevaux sauvages doivent bien supporter les petites bestioles, qu’ils sont adaptés pour ça, qu’on fait de l’anthropomorphisme…
Toute la nuit, à Abensberg, les louloutes l’ont passée à marcher de long en large, à se rouler, à ruer, à trotter, à marcher encore et encore en oubliant de brouter. Au matin, elles étaient couvertes de gros boutons. Elles n’avaient pas du tout dormi. Merde ! Ça nous fait mal au cœur. Et puis on commence à voir les taons arriver, en plus. Bref, si on peut leur procurer un peut de confort, pourquoi le leur refuser ? Ces protections sont la seule chose VRAIMENT efficace. Bon, bien sûr, ça fait un peut cosmonaute...

Merci pour votre chaleureux accueil, Manuela et Albert ! Danke schön !

Quelques remarques

- Le long du Danube, entre a été tracé un sentier de randonnée « système solaire » où l’on se balade d’une planète à l’autre sur l’échelle 1 mètre = 1 milliard de kilomètres. Chaque planète est matérialisée par un gros rocher sur lequel est fixée une petite bitte métallique. Une plaque explicative indique les propriétés de la planète en question.

Le point de départ étant le soleil, Mercure s’en trouve à 58 mètres, Vénus : 108 m, Terre : 250 m, Mars : 229 m, Jupiter : 778 m, Saturne : 1,4 kilomètre, Uranus : 2,8 km, Neptune : 4,5 km.
Les « petites planètes » lointaines sont matérialisées par des bittes plus petites. Pluton se trouve à 5,91 km du soleil, Hauméa à 6,4 km, Makémaké à 6,8 km et Éris à 10 km.
À Hilgartsberg, Kaplumbağa est stationnée juste à côté d’Uranus.
D’où notre Noé attachée à Uranus !

En roulant, nous allons passer par Neptune et Pluton.

- En Bavière, les jardins sont extrêmement peignés, soignés, coquets. Toujours décorés d’œuvres d’art diverses. Mais presque obligatoirement, il y a des boules de toutes tailles et de toutes couleurs.

- On rencontre aussi des petits panneaux rigolos.

- Sympa, la langue allemande ! « Dame » signifie « femme ». « Herr » signifie « homme ».
« lich » est un suffixe qui indique que le mot qui s’en affuble est un adjectif. Eh ben devine !
« dämlich » signifie bêta, nunuche, nounouille, ou ce que tu voudra de ce genre. Tandis que « herrlich » signifie splendide, merveilleux, ou ce que tu voudras de ce genre.

- Dans les villages qu’on traverse, plus de la moitié des maisons est équipée en panneaux solaires.

- L’allemand est une langue agglutinante. C’est à dire qu’on a le droit de fabriquer des mots très très longs. (Bien plus long que notre pauvre petit malheureux « anticonstitutionnellement ». La preuve : celui-ci, on l’a déniché dans les toilettes d’un restaurant. « toilettenbürstenbenutzungsanweisung »
Ce qui signifie : « instructions pour l’utilisation de la brosse des toilettes ». Comme si on avait le droit d’écrire en français (je traduis mot à mot) « toilettebrosseutilisationinstructions »
Pour le cas où tu ne devinerais pas tout-e seul-e :
« ganz falsch » = tout faux
« falsch » = faux
« fast richtig » = presque bien
« richtig » = bien

- Sonnez les matines ! Sonnez les matines ! Ding ! Ding ! Dong !
La Bavière, c’est comme la Hongrie : grand carillon de cloches à cinq heures du matin.
Debout les gars réveillez vous !
Il va falloir en mettre un coup !
Dire qu’il y en a qui se plaignent du chant des grenouilles...

- Coutumes matrimoniales bavaroises :
les amis du jeune couple érigent devant leur demeure une « œuvre d’art » (ça, c’est de l’art brut !) censée les représenter.
Un beau couple d’éleveurs « bio » avec leur vache.

Pour nos hôtes cavaliers, propriétaires d’un centre équestre, ils sont représentés… sous la forme de deux mignons petits cochons ! Avec leur beau tracteur en paille.

À côté du portrait des nouveaux mariés, le copains érigent un « mât à cigogne ». Tout en haut, le nid, habité par la cigogne. Le mât lui-même est décoré avec de la layette et des joujoux. On prie la cigogne, en quelque sorte, d’apporter aux amoureux un bébé dans l’année qui vient. Si au bout d’un an il n’y a pas de bébé, les jeunes époux se trouvent dans l’obligation de payer une tournée générale à tous les invités de la noce !

Bonne nuit !

Anne, jour du solstice, été 2016

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