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Parc Naturel National de la Puszta, Hortobágy 20/04/2016

Bon alors par quel bout je commence, moi ? Il aura été bien chargé, notre séjour à Hortobágy.

Petite présentation du Parc Naturel National d’Hortobágy.

En hongrois : Hortobágyi Nemzeti Park.
C’est le plus vaste des parcs nationaux de Hongrie. Il a été créé en 1973. À l’époque, il s’étendait sur 52 000 hectares.

Il a ensuite été progressivement agrandi, jusqu’à atteindre aujourd’hui les 80 000 hectares. Depuis 1979, ce parc est une réserve de biosphère de l’Unesco. Depuis 1999 il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial sous le nom « Parc National de Hortobágy – la Puszta ».

L’hôpital des oiseaux. Après tout, c’est lui qui nous accueille.

Cette installation est unique en Hongrie. Elle est financée par une fondation nommée « birdclinic foundation » Elle recueille les oiseaux blessés qu’on lui apporte, ou que l’un des employés va chercher sur le lieu de l’accident. Toutes sortes d’oiseaux y sont soignés.

Les visiteurs empruntent un couloir vitré, à partir duquel ils peuvent observer sans déranger personne les « chambres » où sont hospitalisés les blessés, et les salles de soins où opèrent les vétérinaires.
En sortant de la clinique proprement dite, on trouve les volières de convalescence.

Et enfin, au bout des installations, une immense volière de préparation à la remise en liberté.

Les visiteurs sont sensibilisés aux dangers qui menacent les oiseaux, particulièrement les heurts contre les lignes électriques et les accidents de la route. Dans le périmètre du parc naturel, l’électricité chemine sous terre, pour protéger les oiseaux, justement. Qu’est-ce que c’est reposant pour les yeux, ces plaines qui s’étendent à perte de vue sans pylône, et sans câble pour rayer le ciel !

Pour les enfants qui s’ennuient pendant que Papa et Maman discutent de choses sérieuses : de très jolis jeux.
Balançoire à la hongroise, avec ses kopjafa, et qui peut fonctionner dans les deux sens.

Drôle de cheval de bois.

On peut même s’envoler avec un aigle !

L’hôpital des oiseaux est situé tout près d’un pont célèbre dans toute la Hongrie, qui attire à lui seul beaucoup de touristes, et baptisé « pont à neuf arches ». Il est considéré comme le symbole le plus important du Parc national. Il s’agit du plus long pont routier construit en pierre dans le royaume de Hongrie d’avant la première Guerre Mondiale. Il a été bâti entre 1827 et 1833. Sa longueur totale est de167,3 mètres. Par ici étaient convoyés les troupeaux de bœufs, et ce pont dispose donc d’une entrée plus large de chaque côté. Ce qui permettait aux conducteurs de troupeaux de faire passer plus facilement les animaux dans l’ouverture en forme d’entonnoir. Auparavant, il existait un pont de bois construit en 1697. Mais celui-ci se détériorait. Les réparations devenaient de plus en plus fréquentes et l’entretien de plus en plus coûteux. En 1825, la ville voisine de Debrecen décida de démolir le pont en bois et de construire un nouveau pont en pierre à la place.

La réserve.

Eh oui ! On s’est payé un safari dans la Puszta. Ce beau véhicule nous a menés jusqu’à la réserve où l’on s’efforce de préserver les animaux ayant vécu ou vivant encore à l’état sauvage dans la région.

Sur la petite route qui mène aux lieux sauvages, ce joli panneau :

À tout seigneur, tout honneur : Messire Loup.

Et bien entendu le Rusé Goupil.

Un que je ne m’attendais pas du tout à rencontrer ici, c’est le petit chacal doré. Je ne savais pas qu’il courait les plaines d’Europe. On en apprend tous les jours.

Le chacal doré peut vivre dans une grande variété d’habitats mais il en préfère les milieux ouverts. La Puszta lui convient donc très bien. Ce petit coquin avait disparu de Hongrie, mais il y est revenu tout seul comme un grand, sans que personne ne songe à le réintroduire artificiellement. Il paraît que très discrètement, il reprend du poil de la bête, sans trop faire parler de lui. On le retrouve en Turquie, Bosnie Herzégovine, Croatie, Grèce, Albanie, Hongrie, Ukraine et plus rarement en Autriche, Slovénie, Slovaquie et même au nord de l’Italie ! Il paraît qu’on l’aurait aperçu dans les Grisons (Suisse) en 2015. Et même : début 2016, un chacal doré y a été abattu par mégarde (pris pour un renard ?) : première preuve tangible de l’existence de cette espèce en Suisse. Il a également été identifié au printemps 2013 en Estonie. En septembre 2015, un exemplaire tué sur la route par un véhicule a été identifié dans le Jutland au Danemark.

Le chat sauvage européen : il paraît qu’il en existe même dans notre Brenne. Fort discret. Jamais eu l’occasion d’en apercevoir un dans la nature. Celui-ci est captif dans une cage immense, mais cage quand même. En tout cas, c’est la première fois que j’en vois un pour de vrai.

En parlant de Brenne, je ne me sens pas trop dépaysée en rencontrant ces petites mignonnes-ci !

Voici l’hémione, âne sauvage.

Et les fameux chevaux de Przewalski, de ceux que l’on trouve peints dans les grottes préhistoriques.

Les chevreuils, eux, se font plutôt discrets.

Là, ces bestiaux, c’est pas vraiment des vrais. Ils appellent ça « aurochs ». Mais comme l’aurochs à pour de bon disparu, ce sont seulement des essais de reconstitution, pour arriver à un animal assez proche de l’aurochs par son aspect. Y’a pas qu’ici qu’on s’y essaie. Diverses sortes de bovidés sont testés. Ici sont croisés le watusi et le gris de Hongrie. Bon. Chacun a le droit d’avoir son opinion sur le sujet.
Voilà ce que ça donne.
En mâle :

Et en femelle avec son petiot.

Le village

Après ce bain de nature, nous voici flânant dans les rues du village. Sur le marché, ces grands chaudrons pour cuisine en plein air qui nous font tellement rêver. Mais où en caser un dans la roulotte ?

Oswald a des envies de doudou !

Repas au restaurant, ancien relais pour les chevaux de diligence.
Café dans une petite pizzeria sympa, juste à côté de l’église.

Toute une histoire, cette église.

Elle a été construite récemment. Le même mécène qui a créé la fondation pour la clinique des oiseaux en a monté une autre, de fondation, pour construire cette église. Il s’agissait de la bâtir en mémoire des déportés du goulag d’Hortobágy. Pour ce faire, la fondation a amassé de l’argent pour faire édifier le bâtiment. En terre, avec les techniques traditionnelles de construction locale.

L’idée, c’était que l’église soit à la fois pour les catholiques et pour les réformés (calvinistes) Donc, une fois qu’elle a été construite, on a mis le Vatican devant le fait accompli… et la consécration a été accordée.

Par conséquent sur le clocher, on trouve à la fois la croix (catholique) et l’étoile de Bethléem (calviniste)

À l’intérieur, de grandes plaques commémoratives, avec les noms de tous les déportés.

Sobre, simple, très beau, l’intérieur. Pas de croix (les calvinistes n’en veulent pas) mais l’autel placé « à la catholique ».

Malgré tout, sur le côté, une petite chapelle dédiée à la Madone, avec croix, celle-ci, pour le culte catholique.

Dans l’église : trois troncs pour recevoir les dons. Un pour le clergé catholique, un pour le clergé réformé, et un tronc commun destiné à l’entretien du bâtiment.

Petite parenthèse au sujet du goulag Hongrois de Hortobágy (Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire. J’ai essayé de résumer au maximum, mais si ça te barbe, tu peux sauter…)

De 1950 à 1953, la Puszta a été la « Sibérie Hongroise ». Des milliers de personnes y ont déportées et tenues en captivité dans des camps de travail. Pendant très longtemps, les victimes et les témoins survivants n’osaient pas en parler. Les faits et les documents concernant leur histoire étaient consignés dans des archives secrètes fermées même aux historiens jusqu’en 1995.
Les déportés, après avoir été arrachés à leurs maisons, avaient été transportés dans des wagons à bestiaux jusque dans les camps où ils étaient tenus enfermés. Le régime communiste a supprimé la plupart des traces de ces camps. À partir de 1990, des mémoriaux ont été érigés les uns après les autres sur les emplacements des anciens camps.
Au début des années 1950, la dictature soviétique atteignait son plus haut niveau.
On estime à environ 10 000 le nombre total des déportés. Pour être expédié dans la Puszta, il suffisait de posséder une grande maison de paysan, un appartement spacieux en ville ou simplement d’avoir un ennemi influant. Le but de ces déportations était clair : liquider la classe moyenne urbaine et agricole et terroriser la population.
Des groupes armés de la police raflaient des familles entières (y compris enfants, malades et vieillards), sans aucun préavis, leur accordant une demi-heure pour emballer quelques vêtements. En cette demi-heure, ils perdaient tout. Leurs affaires, maisons ou appartements étaient confisqués. Ainsi que leurs papiers d’identité, d’ailleurs.

À leur arrivée dans la Puszta, ils étaient regroupés à 100 ou 200 personnes dans des étables, et forcés de travailler de longues heures dans des conditions pénibles. Tout contact avec l’extérieur était interdit.
Après le décès de Staline (1953), le système politique s’est adouci. En juillet 1953, les camps de travail ont été supprimés. Les déportés ont été libérés par petits groupes, mais avec l’interdiction de retourner dans leurs villages ou villes d’origine. Ils ne récupéraient rien de ce qui leur avait appartenu, ce qui rendait bien difficile un nouveau départ dans la vie. Une documentation relatant leur passé ainsi que les observations de la police et de la Sécurité d’État ont accompagné leurs parcours jusqu’en 1990. Leurs enfants avaient des difficultés à être admis dans des lycées ou à l’université.

L’art n’est pas absent du village. Voici un banc sculpté, bien à la hongroise :

Et nous, on a craqué pour ces fort belle statues de bronze.

Le conservatoire des animaux domestiques plus ou moins en danger de disparition.

L’été dernier, j’avais rédigé un petit topo sur les races domestiques hongroises.
(Si tu ne l’as pas encore lu, ou si l’envie te prends de le relire, c’est ICI)
En visitant ce lieu, je me suis rendue compte que j’en avais oublié quelques unes.
Pas le racka, quand même, mouton de la Puszta particulièrement rustique, qui nous accueille sous forme de bronze à l’entrée de cette réserve un peu particulière.

Il est présent ici « pour de vrai », bien entendu.

Celui que j’avais omis, parce que personne ne nous en avais parlé, c’est le cikta, dont les cornes enroulées surprennent un peu moins nos habitudes d’images moutonnières. Le berger un peu beaucoup porté sur la pálinka (c’est un pléonasme) de notre dernière étape roumaine en avait des comme ça.

Un autre dont j’avais bel et bien parlé, c’est le cochon mangalica, avec son poil bouclé. Je ne résiste quand même pas au plaisir d’en rajouter quelques photos ici. Il me fait trop craquer !
Il existe en trois couleurs :

le roux

le blond

et ce bicolore très joliment appelé « hirondelle »

Il existait autrefois une variété entièrement noire, mais elle a aujourd’hui disparu.
Et on a appris ici pourquoi cette magnifique race n’est plus élevée que par quelques mordus : après l’abattage, on obtient, tiens toi bien : 70 % de gras pur !!!

Salut, toi !

Du splendide Gris de Hongrie aussi j’avais déjà dit deux mots.

Mais il me faut maintenant réparer mes involontaires oublis. Car ici, nous avons découvert que la Hongrie possède quelques autres trésors, parmi les races domestiques.
Un petit âne, tout d’abord. Le parlag. En hongrois : « magyar parlagi szamár », c’est à dire « âne de jachère hongrois » : (parlag, c’est la jachère et szamár, c’est l’âne.)
Y’en a des clairs et des foncés.

Ils servaient de montures aux bergers, ces petits bourricots-là. Et bien entendu pour le transport des marchandises aussi.

Je t’avais bien entendu longuement entretenu des races chevalines… mais j’avais omis le petit Hucul (prononce houtsoul), poney très rustique originaire des Carpates, présent en Roumanie, Hongrie, Ukraine. C’est un descendant du Tarpan. Le Hucul peut jeûner ou se contenter d’une nourriture très pauvre. Il s’adapte mal à l’enfermement et ne réclame pas de soins particuliers. S’il se trouve ici, dans ce parc, c’est qu’il est menacé de disparition (Seulement 800 poulinières agréées dans le monde entier).

Quand l’été dernier nous avions séjourné chez Tamás, l’éleveur de buffles, j’avais cru à la gentille lubie d’un original. Il n’en était rien. Je me trompais du tout au tout. Le buffle des marais est traditionnellement élevé en Hongrie depuis la nuit des temps. D’ailleurs, il est nommé ici « magyar bivaly » c’est à dire buffle hongrois.

Cette race est également présente en Roumanie, Croatie, Serbie, Albanie, Macédoine, Bulgarie, Grèce, Turquie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Iran. Et même en Italie, où son lait sert à fabriquer la mozzarella. (Tu le savais, toi, que la vraie mozzarella, c’est fabriqué avec du lait de bufflonne ? Moi, je savais pas ! )
On raconte que ce seraient les Tziganes qui auraient rapporté le buffle avec eux, en venant de leur Inde originelle.
Faux !
Il existe des preuves archéologiques de la présence du buffle en Italie et dans les Balkans dès l’époque archaïque, à l’aube de l’Antiquité.

Ce buffle est est utilisé pour :
- la traction (deux buffles ont une puissance équivalente à quatre bœufs),
- les produits laitiers (le lait de bufflonne est d’excellente qualité nutritive : pour la « fausse » mozzarella, confectionnée avec du lait de vache, il faut 10 litres de lait pour obtenir un kilo de fromage. Tandis que pour la vraie mozzarella, confectionnée avec du lait de bufflonne, 6 litres suffisent pour obtenir un kilo de fromage.),
- la viande,
- le cuir (très réputé)
- et le fumier (qui ne doit pas différer beaucoup de celui de nos bonnes vieilles vaches).

La race de chèvres traditionnellement élevée en Hongrie, c’est la chèvre des Carpates, que nous avons rencontrée aussi en Roumanie. (Je te rappelle que la Transylvanie n’est Roumaine que depuis 1920. Avant, c’était la Hongrie. Ce que n’ont garde d’oublier les Hongrois, aujourd’hui encore.)

Quand j’avais écris mon petit article au sujet des races hongroises, je n’avais pas pensé aux bestioles de la basse-cour. Honte sur moi ! Il existe une superbe race d’oie, nommée oie du Danube, qui a la particularité d’avoir les plumes frisées ! Elle est bien sûr fièrement présentée dans ce conservatoire.

Un autre illustre inconnu, le lapin géant de Hongrie. Il n’est même pas reconnu par les hautes instances cunicoles internationales parmi les races géantes. Trop rare, sans doute. Il le mériterait bien, pourtant. Drôlement impressionnante, la bestiole ! Désolée, sur la photo, on n’a pas de repère pour se rendre compte des dimensions de l’animal. Mais c’est un vrai costaud, tu peux me croire sur parole.

Les poules ? Bon, ce sont des poules. Pas de race particulière. Ce qui est intéressant, ce sont les poulaillers, par contre. Des idées à piquer.
Traditionnellement, élever des poules, dans la Puszta, c’était la tâche des femmes. Les nourrir, lever les œufs, prendre soin des couvées, castrer les coqs pour en faire des chapons, abattre et préparer les poulets…
Le petit rapport de cet élevage servait aux besoins personnels de la femme : acheter une nouvelle robe, un chapeau, des fanfreluches pour sa fille...
les hommes contribuaient à la réussite de ce labeur féminin en construisant les poulaillers. Dont voici quelques modèles datant des années trente.

Le conservatoire en a fait construire de tout neufs, en prenant modèle sur les anciens.

Ici, on nous présente le matériel utilisé autrefois pour nourrir tout ce petit monde :
d’abord, égrener le maïs, avec cet égrenoir

puis le réduire en farine : pour tourner la meule, fallait des bons biscoteaux.

Et pour transporter tout ça, une belle brouette en bois.

On t’explique gentiment qu’ici tu peux caresser les animaux.

Mais attention, quand même, hein !

(traduction pour ceux qui ne comprennent ni le hongrois ni l’anglais : « Lorsque nous avons choisi ces animaux, c’était en accordant en grande importance à leur gentillesse et à leur sociabilité envers les humains. Mais les animaux comme les humains peuvent méjuger d’une situation, ce qui risque de provoquer un accident. Aussi, veuillez vous rappeler que vous approchez et câlinez ces animaux seulement sous votre propre responsabilité. »

Là aussi, les jeux pour les enfants sont très esthétiques.

Le musée des bergers.

Très intéressante présentation. Gravures anciennes, objets sous vitrine, scènes reconstituées, avec personnages en cire. C’est bien figé, tout ça, mais que veux-tu. Le bon vieux temps n’existe plus…

Alors un peu en vrac, pour te donner une petite idée… On n’a pas tout photographié ! Et en plus, on a même eu des photos ratées. Photographier ce qui se trouve derrière les vitrines sans découvrir des reflets indésirables au résultat, c’est pas fastoche.

C’est comme ça qu’on trayait les brebis.

Le berger dormait dans une hutte de roseaux où ne se trouvait que le strict nécessaire

Ou même carrément dehors, bien à l’abri dans sa houppelande, quand le temps le permettait.

Pour la popote, c’était une autre hutte, nommée vasaló, ouverte en haut pour laisser sortir la fumée.

À l’extérieur étaient rangées les cordes.

Le jour du grand marché, deux fois l’an, le berger pouvait acheter ses paniers

Ou des petites douceurs

Le guetteur. Dans la Puszta, les bergers plaçaient de loin en loin des troncs d’arbres auxquels ils avaient laissé des ébauches de branches afin de pouvoir grimper facilement tout en haut. Un jeune guetteur surveillait, du haut de ce perchoir, tout ce qui se passait. La vue portait loin, sur cette plaine infinie ! Pour signaler un événement, il pouvait soit crier, soit faire des signes conventionnels, style sémaphore, en agitant son chapeau ou un bâton.

Le fouet était un accessoire absolument indispensable.

C’est d’ailleurs le joujou favori des touristes, qui s’efforcent désespérément de le faire claquer, sans succès ! Tous les marchands de souvenir d’Hortobágy vendent des fouets, et savent faire démonstration de leur sonorité. À les voir, comme ça, on a l’impression que c’est tout facile. Ben essaie donc !

Pour finir, voici une partie de l’intéressante charpente de ce musée.

Le puits à balancier

Impossible de passer dans la Puszta sans remarquer de très loin ces fameux puits à balancier, nommés ici « gémeskut ».

Ceux qu’on avait vus l’été dernier, plus au sud, étaient hors service. Soit en mauvais état, soit superbement retapés… juste pour la décoration. Ils ne fonctionnaient pas. Ici, nombre d’entre eux sont encore en service, et nous avons donc eu l’occasion d’en faire fonctionner un. Ça prend certes de la place, un engin pareil, mais c’est super pratique. Démonstration :

Les seaux sont en bois.

Tu plonges les seaux dans l’eau en descendant doucement la tige de bois.

Puis pour ramener l’eau tu remontes la tige sans aucun effort en laissant le balancier faire son boulot de contrepoids.

Ensuite, il n’y a plus qu’à verser l’eau dans le canal qui l’emmène vers l’abreuvoir.

Ces puits ne servaient pas seulement à abreuver les bêtes. Ils étaient utilisés pour envoyer des messages qui se voyaient de très loin. En voici quelques exemples !

Les roseaux.

Roseaux, merveilleux roseaux…
Ils servent à tout, ces roseaux.

À construire la hutte où dort le berger.

Reconstituée avec soin dans le musée comme tu as pu le voir un peu plus haut, mais aussi dans le parc.

À ériger le vasaló, coin cuisine, avec ses murs obliques, non fermé en haut pour laisser sortir la fumée.

À monter des coupe-vent, pour les bêtes comme pour les gens.

À couvrir étables et maisons

par dessus de superbes charpentes.

Voici quelques détails…

Le Haras ????

Le fameux haras de Hortobágy ! Celui où l’on élève la prestigieuse race hongroise de chevaux Nonius. Eh bien… Ce sera la deuxième fois de ma vie que je le rate. La première fois, c’était en 1973. Le communisme était encore de mise. Nous étions arrivés à Hortobágy à l’improviste. On nous avait refusé la visite, parce qu’il fallait prévenir à l’avance. Déception amère pour la jeune amoureuse des chevaux que j’étais…
Cette fois. En deux jours, nous avons déjà vu pas mal de choses. Nous sommes quelque peu fatigués. Il est déjà 15 h 30, et nous repartons demain matin. Le haras se situe à deux kilomètres de l’endroit où nous nous trouvons, et nous n’avons pas d’autre choix que de nous y rendre à pied. Quatre kilomètres, aller-retour, plus le temps de visiter là-bas. Par dessus le marché, tous les lieux que nous avons visités jusqu’à présent ferment leurs portes aux visiteurs à 16 heures. Il ne manquerait plus qu’on arrive là-bas pour se faire bouler ! Et puis Oswald n’est pas très enthousiaste à l’idée de marcher si longtemps pour aller voir des chevaux brouter dans un pré. Nonius ou pas Nonius. Si encore on était sûr d’avoir droit à une démonstration de csikosok. Mais à cette heure là, et compte tenu que nous risquons d’être les seuls visiteurs (on n’est pas à la saison du grand rush touristique) faut pas rêver.
On renonce.
Allez, quand même, juste pour le plaisir, une photo chipée sur Internet. (Je ne sais pas si j’ai le droit !)

Bonne nuit les petits… Faites de beaux rêves…

Anne, le 19 Avril 2016

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