Accueil > le Voyage > 5 România > Provision, le rêve de Lars et Robyn... (...)
rechercher:

Notre Bouquin est paru!


Ce beau bébé de 0.8Kg avec ses 463 pages, et ses 158 photos noir et blanc coûte seulement 16 €,
mais avec tout son poids, si il doit voyager, son transport coûtera 6€.
Puisque tu meures d'envie de le lire, on va t'expliquer comment faire. Tu as 4 solutions:
  • - Tu envoies un chèque à l’ordre de Oswald Hoepfner ou Anne Labbé à l’adresse suivante :

    Anne et oswald
    La Roche
    36500 Vendoœuvres

  • - Tu passes un virement bancaire. IBAN : FR 02 2004 1010 0902 8374 9U03 050

    Attention ! MARQUE BIEN TON ADRESSE DANS LA CASE PRÉVUE POUR ÇA PAR TA BANQUE !

  • - Tu viens nous faire un coucou et on te fait cadeau des frais de port si tu repars avec un livre.
  • - Tu commandes en ligne. Pour ça, tu cliques sur le bouton « acheter » et tu suis les consignes.
Si tu veux plus d'infos, regarde notre article sur ce magnifique livre en cliquant ici.
  • Article

Provision, le rêve de Lars et Robyn... 22/02/2016

Il est temps que je te présente PROVISION !
C’est quoi, Provision ? La réalisation d’un rêve.
Le rêve de Lars et Robyn.

Je t’ai déjà parlé d’eux, bien sûr. Ce sont eux qui nous accueillent à Alunişu – Magyarókereke.
On s’est connu bien avant notre départ, parce que Lars travaillait à la réalisation de ce rêve au cabinet vétérinaire de Mézières-en-Brenne (Il fallait bien mettre un peu d’argent de côté, quand même.) Lars et Robyn étaient fascinés par notre projet de voyage, nous étions fascinés par leur projet d’école d’autonomie en Roumanie, et dès le départ nous avons décidé que nous passerions par Alunişu.

Et c’était quoi, ce rêve ? Créer une école pour apprendre l’autosuffisance et par conséquence, l’autonomie.
Ah bon ? Mais c’est quoi, au juste, tout ça ? C’est ne pas avoir besoin d’une aide ou d’un soutien extérieur. Se débrouiller tout seul comme un grand, quoi ! (J’en connais quelques uns qui pestent sans cesse après l’état, mais qui vivent quand même grâce au RSA ! C’est pas dans le monde entier qu’un état peut distribuer des sous aux plus démunis... Bon, remarque, on a quand même le droit de pester contre l’état pour certaines autres raisons.) Bref, c’est au moins essayer de consommer le plus possible ce que l’on a produit soi-même (ce soi-même peut être un individu ou une communauté) Ça comprend bien sûr la nourriture, mais aussi la construction de son lieu de vie et la production de l’énergie. (Ah ! Ne plus dépendre d’EDF ! T’as vu les conditions de travail des Nigerians qui extraient l’uranium pour nos belles centrales nucléaires, uniquement pour satisfaire le besoin de confort que nous exigeons, nous autres Européens ? Ben va donc voir ça en interrogeant ton beau petit Internet, si t’en as le courage ! Attention, âmes sensibles, s’abstenir ! Enfin remarque, l’uranium, c’est comme le pétrole : y’en a plus pour si longtemps que ça.)
Bon, bien sûr, c’est trop compliqué d’être vraiment complètement autonome. Mais on peut au moins essayer de tendre vers...
Et pourquoi « Provision » ?
Si tu veux te suffire à toi-même pendant l’hiver, il faut penser à faire des provisions à la belle saison ! Même un écureuil sait ça.
Faire des provisions, c’est préparer l’avenir.

Lars et Robyn ont choisi pour cadre ce petit village bi-culturel, Roumano-Hongrois, Alunişu-Magyarókereke.
103 habitants : 65 Hongrois, 35 Roumains, plus Lars, Robyn et leur fils Carsten.

La population est vieillissante. Côté Roumain, il reste une famille avec deux enfants. Côté Hongrois, quatre familles avec enfants. Beaucoup de personnes de plus de 70 ans, particulièrement des femmes veuves (« le mari est mort, et les enfants sont partis travailler en France, en Belgique, en Espagne ou en Italie »)
Nombre d’habitants ont un jardin, le cochon, les volailles, des moutons. Les vaches sont en train de disparaître (les dernières appartenant pour la plupart à des « plus de soixante ans ») Les chevaux aussi (ils ne rapportent rien, on préfère garder l’herbe pour les moutons. Louer les services du tracteur du voisin revient moins cher que d’entretenir un cheval)
Lars et Robyn désiraient apprendre tant qu’il en était encore temps des techniques menacées de disparition. Et partager ensuite le savoir acquis.

Mais qui sont donc Lars et Robyn ?

Lars est né en Hollande. Après ses études à l’école vétérinaire, il a voulu élargir sa vision du monde en voyageant. C’est en traversant les USA avec l’un de ses frères qu’il découvre l’écologie. Il souhaite alors profondément ne plus fonctionner « dans le système ».
Robyn est née à New-York, de parents hippies très engagés contre la guerre au Vietnam. Elle a été élevée très librement. Elle a grandit à Atlanta, fréquentant des écoles alternatives. Maîtrise de musicothérapie. Formation à la communication non-violente.
Lorsque Lars et Robyn se rencontrent, ils prennent conscience de leurs différences et de leur complémentarité.
Lars est plutôt du genre terre à terre. Il éprouve le besoin de pratiquer physiquement ses idées.
Robyn vit plutôt dans le monde de la conscience et des idées.
D’où le rêve qui émerge presque tout de suite dans leur esprit : trouver un lieu où l’eau, la terre et l’air ne soient pas encore trop abîmés, et que l’on pourrait habiter avec une haute qualité de vie et de conscience.

Ils achètent une camionnette. Ils roulent à travers l’Europe, les USA, la Turquie, le Maroc...
Le moment clé, le « tilt », a été la découverte de la communauté de l’Arche, à Roqueredonde. Ce qui les marque dans ce lieu ? L’importance accordée à la spiritualité, la pratique de la non-violence et l’autonomie.
Mais comment ont-ils découvert la Roumanie ? En 2000, des villages Roumains ont été sinistrés en raison d’une grave pollution au cyanure dans une mine d’or. L’un des frères de Lars faisait partie d’une équipe de secours. À l’occasion d’une visite à son frère, Lars découvre comment fonctionnent les petits villages roumains. Il prend conscience que ce mode de vie est en danger, que tout cela va basculer : l’Europe est en route.
Lars et Robyn décident donc (pour 3 ans ? 5 ans ?) de vivre les dernières années d’un village traditionnel roumain. Dans la simplicité volontaire, que Lars préfère nommer « simplicité nécessaire » Leurs motivations : éviter les produits des grandes multinationales, refuser d’acheter dans les supermarchés (produits mauvais pour la terre et les êtres vivants) : sans clientèle, les multinationales ne pourraient pas exister ! « Bien sûr, on est loin d’être à 100%, mais on essaie de ralentir. Ici, on produit presque tout, la qualité de la nourriture est indubitable »
Ils achètent donc leur petite ferme

avec grange, verger, jardin.

Sans oublier d’y installer une belle bibliothèque très fournie en livres sur l’écologie, le jardinage, la permaculture, la non-violence, la philosophie, etc... etc...

Pour les animaux, pas de problème : les immenses pâturages communaux tout alentour. C’est un endroit où on peut payer une maison comptant. Condition sine qua non pour vivre ici : pas de dette. Difficile de gagner de l’argent, mais ça doit être possible. Ils y croient.
Les deux premières années sont consacrées à l’observation et aux apprentissages. Ils achètent un cheval, cultivent leurs céréales, font leur farine et leur pain avec leurs propres graines. Travail de A à Z ! Une fois le triticale récolté, il faut encore séparer à la main le bon grain du mauvais.

Puis le passer dans le moulin pour obtenir la farine. Électrique, le moulin, quand même.
Pétrir.

laisser monter la pâte dans les moules avant de l’enfourner.

Mais là , pour du coup, on sait vraiment ce qu’on mange !

Ils ont déjà en tête l’idée de leur projet : maraîchage bio, et école d’auto-suffisance. Mais ils refusent de s’imposer dans le village en étalant leurs idées d’occidentaux, style « vous ne savez pas vous y prendre ; la permaculture c’est bien mieux que vos vieilles méthodes ringardes, etc... »
Ils sont pleinement conscients que les villageois ont beaucoup de choses à leur enseigner, même si toutes leurs méthodes ne sont pas forcément convaincantes (préjugés, superstitions...) Et ils apprennent effectivement énormément. L’hiver, période creuse, ils le passent en France où Lars exerce son métier de vétérinaire, pour pouvoir financer le projet. L’été, ils demeurent en Roumanie, où ils peaufinent leur projet.

Ils apprennent à faire des « Provisions » ! C’est à dire : des conserves pour tout l’hiver avec les produits de leur propre récolte ;

Mettre des choux entiers à lacto-fermenter, dans ce magnifique fut en bois. Ils serviront à la confection des sarmales, obligatoires pour tout repas de fête.

Au départ, les habitants du village sont méfiants : alors que tous les jeunes rêvent d’aller vivre à l’ouest, que viennent faire ici ces gens-là ? Sûrement, ils fuient la police de leur pays ! Mais la confiance fini par s’installer, en particulier après la naissance du petit Carsten. Lars et Robyn commencent à expliquer ce qu’ils ont l’intention de mettre en place. Szilárd, pasteur de l’église réformé, marié, trois enfants, leur est une aide précieuse. Il parle anglais, et possède une certaine influence sur les gens du village, tout au moins sur la majorité hongroise. Il cultive 4 ha en jardin, rucher et verger. Il élève quelques porcs et des moutons.

Il achète le lait des vaches du village pour fabriquer des fromages.

Ensemble, ils parviennent à convaincre quelques uns des habitants qu’ils détiennent des connaissances précieuses, et qu’ils pourraient devenir « professeurs ». En voici une superbe, et qui s’investit beaucoup :

Voilà bien l’originalité de l’école créée par Lars et Robyn : impliquer les villageois dans leur projet. Leur faire comprendre qu’ils sont porteurs de savoirs inestimables. Et ça fonctionne ! Des personnes qui avaient un peu honte de se sentir « attardées » découvrent qu’elles possèdent des trésors de connaissances, que les gens de l’Ouest ont perdues. Certaines de ces personnes trop riches, saturées du « trop de tout » souhaitent ré-apprendre une vie plus simple. Les élèves qui arrivent de tous les coins du monde font revivre le village pendant les mois d’été. Ils achètent la quasi totalité de leur nourriture ici même. Ce qui met du beurre dans les épinards des paysans ! Les villageois n’en reviennent pas, mais ils sont très heureux maintenant (« nous en avons fait l’agréable expérience ») de recevoir tous ces étrangers ni fiers ni hautains, qui viennent simplement partager un peu de leur vie. "On leur apprend des choses, et ils nous en apprennent aussi. C’est un échange." Cela n’empêche pas la stupéfaction : "Les gens qui viennent à Provision ont assez d’argent pour voyager. Pourquoi dépensent-ils cet argent pour venir couper le foin à la faux, peiner, suer ? POURQUOI ne l’utilisent-ils pas pour aller à la PLAGE ?" Et puis il y a parfois des trucs vraiment trop bizarres : "Il y a des gens qui viennent de partout. Même du Mexique. Même de Thaïlande ! Et ceux de Thaïlande, ils mangent des INSECTES ! Berk !"
Naturellement, Lars et Robyn mènent eux-mêmes leur vie dans la plus grande simplicité (volontaire et assumée !) Chauffage et cuisine au bois (comme tout le monde ici.)

Pas de machine à laver. Salle de bain rustique : on fait chauffer l’eau sur la cuisinière à bois, et on en remplit la baignoire. Toilettes sèches à l’extérieur de la maison.

Astucieuses, les toilettes sèches. J’en avais pas encore vu des comme ça. Il y a deux compartiments.

On se soulage dans l’un d’entre eux. Quand c’est plein, on va sur l’autre. Pendant que ce deuxième se remplit, dans le premier compartiment, ça commence à se composter. Ce qui fait que lorsqu’on ouvre la trappe par derrière pour récupérer la chose, c’est déjà presque devenu un bon terreau !

Je te rassure : Lars et Robyn possèdent une voiture et un ordinateur !

Comment fonctionne Provision ?

La ferme est cultivée les premières années avec les méthodes locales. Lars se passionne pour la traction animale. Il a un petit cheval de travail. Culture d’une parcelle de céréales, verger et maraîchage. Le foin est coupé à la faux et monté en meule dans le pré. L’abattage des arbres est effectué à la hache. Ce sont les gens du village qui enseignent ces méthodes. Depuis cette année, Lars et Robyn ont commencé à mettre en place la permaculture.

Les stages auto-suffisance

Il ne s’agit pas, bien entendu, que tous les élèves se mettent à vivre réellement en autosuffisance complète après ce stage. Il s’agit plutôt d’une prise de conscience. Accomplir au moins un petit pas, changer un petit quelque chose au retour dans la vie habituelle
Dès le début, avec très peu de réclame, les deux mois d’été sont pleins : l’intérêt est évident.
les stagiaires viennent de Roumanie, USA, France, Pays-Bas, Allemagne, Angleterre, Belgique, Autriche et même Égypte
Chaque stage dure une semaine et accueille 10 personnes au maximum. Bien entendu, il existe beaucoup de stages de ce type, alors pourquoi choisir celui-ci ? Son originalité, c’est justement l’interaction avec le village, qui n’est pas du tout « folklorique », mais bien ancrée dans le quotidien des gens dont c’est le mode de vie réel. Il ne s’agit pas de l’habituel groupe « écologistes à part ».
De plus, ce stage est vraiment accessible financièrement. Naturellement, il y a le coût du voyage. Hormis cela :
150 € pour l’hébergement et la nourriture à payer à la réservation. La nourriture vient presque exclusivement d’Alunişu-Magyarókereke. Des femmes du villages font la cuisine pour les stagiaires, ce qui leur permet d’avoir un petit complément de revenu non négligeable compte tenu de la modestie de leurs ressources.
Divers types d’hébergement sont proposés, depuis la tente jusqu’à l’hébergement chez l’habitant, en passant par la grange à foin.
Pour les cours, le montant est laissé au libre arbitre du stagiaire, qui donne ce qu’il veut en fonction de ses moyens ou de la valeur qu’il donne à ce qu’il a appris. L’idée, c’est de partager les revenus avec les habitants du village.
L’école fonctionne depuis maintenant trois ans.

Déroulement du stage :
On aborde un thème par jour

- Découverte du village,

de son histoire, de ses habitants, avec Vlad un étudiant qui parle anglais.
La visite du marché de Huedin, la ville la plus proche, n’est pas obligatoire mais fortement conseillée.

- La nourriture :

Pain, yaourts avec Robyn. Conserver sans réfrigérateur avec Sofia, une vieille femme du village.
Fabrication du fromage, jus de fruit,

cidre, vin avec Szilárd, le pasteur calviniste, qui est aussi paysan.

- Les animaux

Soins holistiques. Chevaux, volailles (poules, canards, lapins)

chèvres, vaches (traite) chiens avec Lars.

- Le foin

Maniement de la faux, fanage, méthode pour monter une meule traditionnelle dans le pré, qui peut rester tout l’hiver dehors.

Le cours est donné par le paysan qui se trouve justement à devoir faucher son foin. Très content, d’ailleurs : ça lui fait une main d’œuvre inespérée !
(Cette technique est probablement condamnée à assez court terme. On trouve maintenant des presses pour les petites bottes, mais surtout, le roundballer a fait son apparition.)

- Le jardin

Ça, c’est le domaine de Lars. Jardinage biologique. Depuis tout récemment : permaculture.

Verger.

Compostage

- Les constructions traditionnelles

Terre, paille, chaux, bois, avec Douglas, un écossais qui tente ici de sauver le patrimoine architectural de la région.

- Les vêtements

Couture, travail de la laine avec Robyn

- Conférences et ateliers approfondis sur des thèmes spécifiques

Exemple : abattage et préparation d’un animal. Viande. Évidemment pas pour les végétariens ! Mais cet atelier provoque un grand intérêt. Prise de conscience. Responsabilité : si on mange de la viande, savoir que c’est prendre la vie d’un animal. Regarder les choses en face. Lars pense que si on élève et tue ses propres animaux, globalement ça devrait diminuer la souffrance animale (élevages concentrationnaires).

Lars et Robyn éprouvent beaucoup de plaisir à offrir une ambiance chaleureuse. Les stagiaires sont très motivés, avides de découvrir, ce qui donne une excellente dynamique de groupe. En dépit de la grande fatigue physique, la satisfaction est le plus souvent profonde.
Suite au stage intensif d’une semaine, ceux qui le souhaitent peuvent rester davantage pour mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

WWOOF
Provision accueille également des WWOOFers, mais pas moins de deux semaines. Pour une bonne fructification, ce temps-là est nécessaire.

Pour un véritable apprentissage et approfondissement il est possible de rester un an (un cycle) en tant que bénévole.

Faut pas se leurrer : il existe quand même quelques difficultés
La langue.
La communication n’est pas toujours évidente. Lars et Robyn ont appris le roumain, bien entendu,mais les subtilités échappent souvent. De plus les échanges avec les Hongrois se font en roumain, qui n’est pas non plus leur langue maternelle. C’est parfois frustrant des deux côtés.
« Dans une langue qu’on comprend, ça rentre dans la tête, dans la langue maternelle, ça rentre dans le cœur »
La fatigue psychologique
La Roumanie a une image fortement dévalorisée dans les pays de l’Ouest.
Tenter d’éliminer l’image d’une navigation à contre-courant demande beaucoup d’effort. À l’Ouest, peu de personnes comprennent ce choix. Vivre en Roumanie ? C’est à contre-courant.
En Roumanie, incompréhension aussi. On arrive à expliquer la vie « écologique » (nourriture saine) mais pas la simplicité volontaire, qui donne une image de retour en arrière. Contre-courant aussi.
La fatigue physique
Le projet exige beaucoup de temps et d’énergie. Ce qui occasionne de la fatigue physique. Et il est difficile de vivre loin de la famille.
Les inquiétudes face au « land grapping »
L’accaparement des terres menace directement Alunişu-Magyarókereke. En effet, pour toucher les subventions de l’Europe (subvention à l’ha sur les « surfaces toujours en herbe »), l’agriculteur doit être soit propriétaire soit locataire des terres. Il ne peut donc pas prétendre à ces aides en faisant pâturer ses animaux sur les communaux. D’autre part, pour obtenir cette subvention, il faut exploiter directement les terres, donc les communes propriétaires ne peuvent pas la toucher non plus. Résultat : de nombreuses communes louent ou vendent les communaux aux gros exploitants qui en ont les moyens, et qui, eux, pourront ainsi avoir droit aux subventions.
Catastrophique pour les petits paysans en autosubsistance qui ne pourront plus faire paître leurs bêtes en montagne : ils n’ont pas suffisamment de terre. Très rapidement, la vache de la famille et les quelques moutons qui permettent de gagner un peu d’argent liquide seront amenés à disparaître.
Il se trouve qu’une partie des communaux d’Alunişu-Magyarókereke est actuellement sous la menace. Les habitants vont devoir se battre !
Et puis l’agriculture dirigée par les gros manitous de l’industrie agro-alimentaire s’étend à grande vitesse. Ces messieurs s’approprient par achat ou location les plus grandes surfaces possibles pour pratiquer l’agriculture intensive. Ils emploient des ouvriers agricoles pour accomplir le travail. Très intéressant pour les multinationales : les terres sont souvent excellentes (tchernozium, parmi les plus riches terres d’Europe), et main d’œuvre très bon marché (250 €/mois)
Des associations comme écoruralis, filiale roumaine de via campesina, tentent d’enrayer un petit peu le mouvement. David contre Goliath (Mais après tout, c’est David qui avait gagné, en fin de compte !)

L’avenir

Malgré toute leur sympathie,(les gens n’hésitent pas à venir frapper à leur porte lorsqu’ils ont besoin d’un service ou pour donner quelque chose : des œufs, du lait, un gâteau, un pâté) les villageois s’étonnent encore du choix de vie « simple » de Lars et Robyn. Ils ont le sentiment d’un « retour en arrière ». Ils ne parviennent pas à saisir qu’il ne s’agit pas de « revenir à la bougie », comme on entend souvent ironiser, mais de la recherche d’une voie différente, avec une amélioration possible des traditions (matériel moderne pour la traction animale, permaculture...)
La réalité incontournable, c’est que le village se dépeuple de ses paysans, et se peuple de résidences secondaires. Le gros agriculteur du coin est en train d’accaparer toutes les terres disponibles et de pratiquer une agriculture intensive. Pas de jeune pour continuer un mode de vie non choisi, en voie de disparition rapide.
Que faire pour tenter de revitaliser le village ? Le projet Provision, au départ faire partager à des citadins sur-saturés un retour vers la simplicité et le savoir faire soi-même, a donc évolué vers « est-il possible d’attirer de nouveaux jeunes paysans ? De prouver qu’une petite structure peut être viable ? »
La paysannerie traditionnelle n’est plus viable. Les rendements sont trop faibles. Après avoir beaucoup appris des villageois, il est temps maintenant de partager les savoirs et de montrer d’autre possibilités. L’agro-écologie, par exemple. Lars et Robyn ont donc consacré plusieurs mois, délaissant pour quelques temps Alunişu-Magyarókereke, à se former eux même à la permaculture, en France. Depuis leur retour, en Août 2015, ils travaillent à convertir leur petite ferme entièrement à la permaculture. Alors que les villageois pensent qu’il est judicieux de vendre le cheval pour faire appel au tracteur, Lars veut tenter de promouvoir la traction animale. Il faut PROUVER que quelque chose est possible.
Toute la structure est existante pour cela. Il y a beaucoup de terre disponible. On peut inspirer des vocations, créer une micro-économie locale. Des petits projets sont tout à fait envisageables. Puisque les jeunes du village s’en vont, il faudrait attirer de jeunes citadins roumains (mais oui, les néo-ruraux existent ici aussi !) ou même des personnes venant d’autres pays. Cluj, la 2ème plus grande ville du pays, ne se trouve qu’à 60 km. Dans cette ville étudiante, très vivante, beaucoup de gens prennent conscience de l’importance de la qualité de la vie, de la qualité de la nourriture. À Cluj le bio se vend bien. De plus en plus de citadins souhaitent acheter local et sain.

« Ça PEUT marcher, on ne sait pas encore, on va voir »
Concrètement : un jeune couple roumain, parti travailler en Angleterre pour financer son installation a déjà acheté une petite ferme ici et va venir s’installer dans un an pour faire du maraîchage en bio (vente sur Cluj)

Le choix définitif de rester à Alunişu-Magyarókereke s’est effectué en 2015
Cela s’est concrétisé par l’achat deux maisons qui serviront de logement aux stagiaires et wwoofers. Agrandissement du terrain pour les cultures, plantation de nouveaux arbres fruitiers, organisation en permaculture.
Lars et Robyn recherchent des bénévoles pour un stage approfondi de plusieurs mois, voire un an. Ce qui leur permettrait de libérer du temps pour leurs autres activités dans diverses associations. Il est très important d’entretenir des liens d’une façon plus large avec des associations et des ONG qui puissent apporter un soutien au minimum moral ! Et qui permettent des échanges approfondis avec des personnes « sur la même longueur d’onde. »
Autre projet de Provision : créer autant que possible des petites oasis de biodiversité dans le paysage de grandes cultures qui menace de s’installer dans la région.

Liens

Avec Dan et Adela, des activistes de Cluj, Lars et Robyn ont monté une association « économie circulaire »
Ils adhèrent également à Ecoruralis, le « via campesina » Roumain. Lars en est le représentant pour les congrès dans toute l’Europe.
Provision joue également un rôle dans le mouvement « Nyéléni », dont le « forum pour la souveraineté alimentaire » va justement avoir lieu à Cluj fin Octobre 2016. C’est la deuxième fois que le forum de Nyéléni aura lieu en Europe (la première fois, c’était en Autriche en 2011) Provision participe activement à l’organisation de ce forum.

Alors, ça te dit, un petit séjour intelligent en Roumanie ?

Tu es motivé-e ?
Tu rentres peut-être dans l’une des cases suivantes :

- Tu aimes la vie à la ferme. Tu as déjà commencé une vie autonome (ou tu voudrais le faire) et tu sens que cette expérience pourrait être inspirante. Ça devient plutôt rare de ressentir la vie dans une communauté paysanne rurale traditionnelle en Europe !

- Tu aimes voyager, découvrir, tout simplement et tu désirerais sortir du tourisme à la Bidochon. Tu veux rentrer à la maison avec le sentiment d’avoir vécu une expérience profonde qui va vraiment marquer ta vie.

- Tu cherches vraiment une nouvelle façon de vivre, en harmonie avec tes aspirations. Tu aimerais revenir à la terre nourricière, mais tu sens bien que tu as besoin d’un petit coup de main et de quelques encouragements pour marcher dans la bonne direction.

- Tu t’intéresses à la culture Transylvanienne et aux coutumes locales ? Tu as planifié un voyage en en Roumanie et tu cherches un endroit pour entrer en contact avec le style de vie de la majorité des habitants de cette région : les paysans ? Alors viens ici vivre un moment parmi eux, partager leur sueur, les histoires et les rires dans un échange plein de richesse.

- Vous êtes les heureux parents d’enfants qui se plaisent en plein air ? Toute la p’tite famille aime la nature et les animaux ? Vous voulez apprendre et jouer ensemble dans une atmosphère de vacances originales ?
« Provision » propose un pays ou la vie en campagne est encore vivante comme option éducative, ludique et relaxante pour vos vacances en famille.

Même pour les groupes ! Vous êtes un groupe d’amis, un groupe familial, un groupe de collègues ; vous voulez avoir ensemble une expérience authentique, pas de problème ! « Provision » peut personnaliser votre séjour et vous offrir ce que vous recherchez. « Provision » vous aidera à accroître la satisfaction globale et le bien-être qui aideront votre groupe à devenir plus durable.

Alors vite, vite, va voir le site de « Provision » Tu trouveras le contact, les coordonnées, et tu seras super bien accueilli ! Ça, je peux te le dire par expérience personnelle, mais pas seulement. Les témoignages des élèves et wwoofers qu’on a lus ou entendus de nos propres oreilles sont édifiants. N’hésite pas !

CLIQUE ICI !

Anne, le 22 Février 2016

2013-2017 Tête de Mulet
| | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | SPIP | Valid XHTML 1.0 Transitional