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On tanne et on distille 16/12/2015

Premier au 15 Décembre.

Il faut quand même qu’on te montre qu’il n’y a pas que des spectaculaires maisons clinquantes, à Huedin. On voit aussi de nombreuses bicoques passablement délabrées, mais bel et bien habitées.

Au centre ville, on s’active à poser les décorations, deux semaines seulement avant Noël.

Avec ou sans entraves, la sagesse des chevaux roumains nous épate toujours. Ils peuvent rester garés tout seuls, en plein centre ville, pendant plus d’une heure, tant que leur humain n’a pas repris les guides. Je sais, je rabâche. Mais c’est si étonnant...

Cabine d’essayage d’un grand magasin de vêtements de luxe à Huedin. Fourrures pour riches bourgeoises éprises de faste ostentatoire...

Ben non ! T’as tout faux ! C’est une toute petite tannerie, qu’on visite là. Elle fait vivre trois personnes.

On y tanne les peaux de chèvres et de moutons qu’élèvent les paysans du coin.

Ben quoi ? On n’a pas le droit de craquer ? On a craqué ! On a acheté une belle houppelande de berger. C’est notre cadeau, un peu en avance, pour fêter le solstice d’hiver qui approche à grands pas. On l’a posée sur notre lit, comme couverture supplémentaire. Tellement douce et chaude et lourde qu’on n’ose plus se lever le matin !

Ah ! La pálinka ! Incontournable. À quoi tu crois qu’ils servent, tous ces vergers dont on prend si grand soin, et au cœur desquels se blottit Alunişu-Magyarókereke ?

En Juillet-Aôut, on récolte les prunes. On les jette dans de grands bacs en plastique où elles fermentent, se transformant en une bizarre purée mauve et odorante. En décembre, la purée est prête à être emmenée à la distillerie.
En Octobre-Novembre, on ramasse les pommes et les poires. Elles subissent le même traitement que les prunes. Leur purée prendra la direction de la distillerie au printemps.
En ce moment, la distillerie tourne sans arrêt, nuit et jour, sans relâche. Chacun son tour ! Lars nous a demandé de lui donner un coup de main. Il faut charger la charrette avec les fûts de prune... et le bois ! Car chacun doit fournir le bois qui permettra de distiller ses fruits.

À l’arrivée, Roïbo salue un copain.

Mais pas facile d’accomplir un demi-tour dans la bouillasse, avec ce lourd chargement !

Oswald, debout dans la charrette, se charge de remplir les seaux.

Il les passe à Lars,

qui les transvase dans un fût de plastique qui traînait par là.

Il y a 400 litres de ce liquide peu appétissant, qui se transformeront en 40 litres de limpide pálinka.

Maintenant, il faut décharger les bidons vides... et les re-remplir (le premier fût n’appartenant pas à Lars !)

Comme le bidon trouvé sur place fuyait un peu, et qu’on ne doit rien perdre, Oswald ramasse à la main ce qui a dégouliné sur le sol. Un peu de boue mélangée ne nuit pas au goût final, paraît-il !

Et voilà l’travail !

Après ça, bien tout fermer.

Eh ! Oh ! Attends ! C’est pas fini ! Il faut encore décharger le bois.

L’entasser sur les bidons, pour que les couvercles ne s’envolent pas.

Et bâcher pour que le bois reste bien sec.

Ben oui, quoi ! Pour bien brûler, faut que ce soit bien sec.

Eh ! Dis donc, le Oswald !!!

Reste encore à rincer le fût qui avait servi au transvasement, et qui doit rester ici. J’me d’mande si les poissons du ruisseau sont pas devenus alcooliques, à force...

Le pouvoir aux paysans !
Ah Mais … !!!

Le froid arrive... C’est beau, le givre.

Quelques remarques

- Très difficile d’acheter de la viande. Les supermarchés n’ont qu’un choix extrêmement limité, et en plus c’est pas bon. Les boucheries-charcuteries sont rares. En fait, je l’ai déjà dit, presque tout le monde élève son porc, ses moutons, ses volailles. Les chèvres sont élevées pour le lait, bien sûr, mais les chevreaux mâles sont abattus et mangés vers l’âge de 5 ou 6 mois : on en fait de la goulash. Sur les marchés, les paysans vendent leurs grains, leurs fromages, leur lait, leurs légumes. Mais de charcuterie maison, point. Toute la viande est gardée pour la consommation personnelle. Nous avons demandé à plusieurs personnes du village, puisque c’est l’époque où les cochons sont abattus, mais bernique ! Personne pour vendre de ces produits-là ! On achète sur place lait, fromage, pommes de terre, tant qu’on en veut. On ne manque ni de noix, ni de pommes, ni de poires. On veut bien même nous céder de la confiture. Saucisses ? Pas question : « c’est pour nourrir la famille ! » On a fini par nous indiquer une minuscule charcuterie bien cachée à Huedin. Faut savoir que c’est là ! Le charcutier tue lui-même ses cochons et fabrique tout « comme à la maison ». Moi, je ne mange quasi pas de viande, mais Oswald est bien content d’avoir déniché ça.

- Les habitants du village s’entraident énormément, sans qu’il soit question d’argent, mais un coup de main en vaut un autre. Ou pour le moins il faut offrir quelque chose en échange. Celui que l’on voudrait aider comme ça, pour rien, juste pour le plaisir de rendre service, se sentirait très gêné : il aurait l’impression d’être redevable, un peu comme d’avoir une dette. C’est pourquoi quand nous allons rentrer du bois pour Anuţa, nous sommes obligés d’accepter les kilos de pommes qu’elle tient absolument à nous donner en échange. Ça la gênerait qu’on refuse.

- Il y a eu un décès dans le village. Une vieille dame est morte. Pas de fossoyeur. Des hommes du village creusent la tombe, payés par la famille de la défunte.

Anne, 16 Décembre 2015

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