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En Roulotte pour l'Aventure !
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Alunişu au jour le jour 16/11/2015

25 Octobre

Notre liseuse électronique est tombée en panne voici une quinzaine de jours. Bonne occasion pour me dé-livrer ? Trop compliqué. La lecture, c’est ma drogue dure !
On a quelques bouquins dans la roulotte. Lus et relus... Mais Kaplumbağa est toute petite. Des livres, ça prend de la place, et ça pèse. J’ai longtemps été rebelle à la liseuse électronique. J’aime trop l’odeur des livres et le contact du papier. Mais pour le voyage, j’ai craqué. La liseuse, c’était la possibilité d’emporter 5000 bouquins avec l’encombrement de même pas un.
Bref, la petite bestiole est devenue indispensable. Mais c’est que c’est fragile, ces petites bestioles-là. Et voilà. Elle est morte.
Donc, on en a commandé une toute neuve, et le colis est arrivé. Oswald avait épluché google et les forums pour en acheter une vraiment bien.
Ben oui mais... Celle qu’il a choisie est distribuée en France exclusivement par la FNAC, qui ne connaît que Windows et Mac. Hors, nous sommes adeptes de la secte des Linuxiens. Impossible de connecter la liseuse à l’ordinateur. Grrrrr !
HEUREUSEMENT, il y a Elsa. Elsa s’y connaît en informatique. Et ceux qui s’y connaissent, en informatique, sont toujours pleins de trucs et d’astuces pour déjouer les malices de cette chose énigmatique.
Donc, Elsa nous sauve ! Elle parvient (non sans difficulté, d’ailleurs) à venir à bout du problème. Ouf ! On va pouvoir lire !
Ce sera le Germinal de Zola. Oswald ne connaît pas.

27 Octobre

Petites gelées matinales, puis grand beau soleil, avec presque 20° à la mi-journée.
Jour de marché à Huedin. On décide d’y aller en stop.
On voudrait acheter un pot-au-lait, pour nous approvisionner en lait frais chez Magda, qui trait ses vaches à la main. Elle sera notre fournisseuse en lait, en œufs, et c’est elle qui lavera notre linge.
Justement, sur le marché, une femme vend, au milieu d’un joli bric-à-brac, un pot-au-lait. Oswald le prend, l’examine, demande le prix.
« C’est marqué là : 39 lei ! »
Elle veut qu’on le sache, le prix, la petite dame : deux étiquettes sont collées sur le fond du pot. Oswald enlève le couvercle, examine l’intérieur.
« Eh ! remarque-t-il, il y a deux endroits où l’émail est parti... »
La dame sourit.
« Je vous le laisse à 30 lei ! »
Oswald examine à nouveau le pot. Tiens, comme c’est curieux, les deux étiquettes, à l’extérieur, sont placées précisément aux endroits où l’émail est écaillé, à l’intérieur. Il enlève une étiquette. Le pot-au-lait est percé !
La femme rit et hausse les épaules. Ce ne sera pas aujourd’hui qu’elle roulera son pigeon.
Pour terminer l’histoire, nous trouvons dans une quincaillerie le même pot exactement, tout neuf, pour 24 lei !

29 Octobre

Les juments se trouvent dans un pré sans eau, à 500 mètres de la roulotte. Il faut donc quotidiennement aller les chercher pour les abreuver, et les remmener au pré. Le temps de ce petit voyage, un homme nous arrête : il est en train de presser son raisin, et veut absolument nous faire goûter au jus tout juste sorti du pressoir. Slurp ! Slurp ! Délicieux. Il en remplit une bouteille pour nous la donner.
Elsa et Julie, les deux WWOOFeuses, se sont baladées dans la montagne et elles ont ramené un paquet de laine de mouton, récoltée ça et là dans les broussailles. Je leur montre comment la carder sans carde, juste à la main. On s’y met toutes les trois.
Nous voici avec un joli nuage de laine toute légère. Elsa confectionne un très joli piège à rêve pour Carsten.

30 Octobre

On « fabrique » une cuisinière pour faire la popotte dehors, et aussi pour faire chauffer l’eau dans une grosse cocotte en vue de la toilette. Un bidon de deux cents litres, quelques briques, et le tour est joué !

Oswald a pitié de moi en me voyant m’époumoner pour activer la flamme.

Il coupe une branche de sureau et me confectionne un superbe bouffadou.

Et voilà le résultat !

31 0ctobre

Des musiciens sont venus rendre visite à Lars et Robyn. Un jeune couple : lui Tchèque, elle Japonaise, et un ami à eux, Japonais aussi. L’année dernière, le jeune couple a parcouru en quatre mois, à pied, avec leur bébé et un cheval de bât, la ligne de crête des Carpates.

Même Oswald a dû participer à l’ambiance musique !

L’après-midi, longue balade dans les montagnes environnantes. Dans cette montagne-ci, il y a paraît-il trois ours. Depuis six ans que Lars habite la région, il n’a vu qu’une seule fois les traces de leurs pattes. Donc... très peu de chance de les apercevoir.
Des loups, aussi. C’est pourquoi les bergers ont tous des chiens de protection. Il arrive cependant parfois que les loups soient plus malins que les chiens. Et alors, bien sûr, ça fait des histoires !

Le 31 Octobre (jour des morts) a lieu une cérémonie religieuse, à la suite de laquelle la coutume veut que l’on se rende au cimetière. On allume sur les tombes des bougies enfermées dans des lampes de verre rouge. On les laissera brûler toute la nuit, jusqu’au lendemain, 1er Novembre (Toussaint).
Nous sommes montés au cimetière lorsque l’obscurité a été complète. Plus personne ne s’y trouvait. Ambiance mystérieuse, magique, apaisante. Émotion...

1er Novembre

Nous faisons connaissance de Dan et Adela. Ils vivent à Cluj Napoca, dans un ancien hôtel pourvu d’un jardin de 200 mètres carrés, qu’ils cultivent en bio, afin de prouver qu’on peut se nourrir soi-même, y compris en ville. Ils reçoivent de nombreux stagiaires avec lesquels ils partagent leur savoir-faire. Ils militent activement pour la préservation de l’environnement en Roumanie. Je leur demande s’il y a une vraie prise de conscience dans ce pays.
« Oui, me répond Dan, en paroles ! On en parle beaucoup. Mais pour passer à l’acte...

  • Oh ! C’est un peu pareil en France ! précisé-je
  • Mmmm... C’est pour ça qu’on dit ici que la France est la grande sœur de la Roumanie. » Rires On parle du problème des plastiques qui traînent partout. Dans les villes et les villages, un énorme effort est fait au niveau des poubelles : il y en a partout. Sans tri, par contre. Et d’ailleurs, les rues sont plutôt propres. C’est dans les campagnes que le problème se pose. « Mais, reprend Dan, mettre des poubelles partout, ce n’est pas la solution. Ce qu’il faudrait, c’est ne pas avoir de plastique ! Autrefois, les gens jetaient aussi, mais ce qu’ils jetaient était « biodégradable », comme on dit maintenant. Ils ont gardé l’habitude de jeter... Le problème, c’est que ça ne se dégrade plus. » Ben mon vieux, avant que le plastique ne disparaisse... En attendant, les poubelles (en plastoc !) sont quand même un moindre mal, je pense.

2 Novembre

Départ d’Elsa et Julie, les deux WWOOFeuses.
Nous allons à la foire aux chevaux et aux cochons à Huedin. Très malheureusement sans appareil photo. C’est une fois par mois. On tâchera de ne pas oublier la prochaine fois.
Beaucoup de chevaux, très peu de beaux. Les roumains ne font pas trop dans la tendresse vis à vis d’eux. Les fouets claquent. Y compris celui d’un petit bouchon encore tout branlant sur ses jambes. Il ne doit pas avoir plus de 18 mois. Il brandit fièrement son fouet minuscule et s’efforce de le faire claquer en criant comme les grandes personnes.
Des sacs blancs bien gonflés et bien fermés sont attachés à des poteaux par des ficelles bleues. Les sacs gigotent et se tortillent : à l’intérieur de chacun, il y a un petit cochon qui doit bien se demander ce qui lui arrive.

4 Novembre

« Notre » verger regorge de poires. Journée ramassage.

On ne se prive pas de déguster...

On garde pour nous les plus belles : on a même une cave à disposition pour stocker nos fruits et légumes

Le reste sera pour les chèvres et les chevaux.

On les monte à la brouette jusque chez Lars et Robyn. La brouette est bien chargée. C’est vraiment très lourd. La côte est raide. Je pousse, et Oswald tire. Ouf ! On est contents d’arriver en haut !

5 Novembre

Arrivée de Thomas (Belge) et Isabelle (Québécoise), avec une très mignonne petite Célia de cinq ans. WWOOfers, eux aussi. Pour une semaine. Thomas et Isabelle possèdent une ferme dans les Ardennes Belges. Maraîchage et élevage de chevaux Haflingers. Eux-mêmes accueillent des WWOOfers et des stagiaires chez eux. Maintenant, c’est une période creuse (un tout petit peu) et c’est le seul moment de l’année où ils peuvent se libérer un peu. Ils viennent ici parce qu’ils voudraient remplacer leur tracteur par les chevaux. Ils ont besoin de se former, et Lars va les faire travailler avec son petit cheval Roïbo.

6 Novembre

Eh bien pour atteler, ils vont être servis, ce matin, Thomas et Isabelle. Parce que c’est nous qui attelons Océane, à la charrette de Lars, pour lui faire rentrer le casse-croûte hivernal. La charrette n’est prévue que pour un cheval. Ce sera Océane qui s’y collera.
Problème : impossible de séparer Océane et Noé. Donc il faudra que quelqu’un fasse marcher Noé à la longe à côté d’Océane tout le temps que durera le boulot.

On se relaiera, Isabelle, Thomas et moi. (Moi ? Pas trop longtemps ! J’ai du mal à suivre le rythme, et j’aurai la meilleure place de la matinée : photographe !)
D’abord, aller à vide jusque chez Ghita, qui nous vend le foin.

Faire reculer Océane attelée sous la grange. (Elle le fait !) Charger le foin.

Retourner « chez nous », la charrette bien pleine !

Avec le courageux Oswald aux guides ! Quelle évolution, depuis le début de notre périple ! Faut le faire, quand même, de se mettre comme ça à l’attelage, à son âge ! D’autant qu’Océane n’est pas si facile à mener.

Décharger.

Et regardez-moi ça ! La Océane qui se met à imiter les chevaux roumains, en restant à l’arrêt bien sagement sans que personne ne la tienne ! (Je ne suis pas loin, quand même, au cas où...)

On a fait trois tours, comme ça. D’abord un chargement de paille, puis le foin. Elles sont contentes de retrouver le pré, les louloutes !

On a trouvé quelqu’un pour scier notre bois à la tronçonneuse : il faut débiter les morceaux d’un mètre en petits tronçons qui ne dépassent pas 25 cm, pour notre petit poêle. Et scier tout ça à la main... pffffttt ! Surtout que certains morceaux ont un diamètre assez conséquent ! Le pauvre monsieur n’a pas le temps de finir nos deux stères : une belle ficelle bleue s’emberlificote dans la chaîne. Il n’a pas envie de se lancer ici et maintenant dans le déberlificotage ! Il reviendra plus tard : on a déjà de quoi brûler.
Oui mais c’est pas l’tout ! C’est qu’il faut encore le fendre et l’entasser ! Quand on dit que le bois, ça réchauffe !

Après l’effort, le réconfort. Devine quoi ? Pálinka !!! (Pas pour moi, non merci.)

9 Novembre

Journée cueillette des cynorhodons. Lars et le petit Carsten (4 ans), Isabelle et Thomas, avec la petite Célia (5 ans ET DEMI) Oswald et moi. Plus la chienne de Lars et notre Altaï. Plus le cheval Roïbo.
Direction la montagne. Roïbo, attelé à sa charrette, emmène tout ce petit monde. Les deux chiens courent à côté.

Arrivée sur le lieu où la montagne est couverte d’églantiers. On s’arrête.

Lars dételle Roïbo

et l’entrave pour qu’il ne se sauve pas trop loin.

Roïbo se précipite... sur les gratte-cul ! Il en raffole !

Pendant ce temps, nous, on se pique, on se griffe, mais on cueille !

Deux variétés : les longs pointus et les petits joufflus.

Pause pique-nique ! Tartines de zakouska. Les grandes personnes papotent et les enfants cavalent.

Belle récolte !

Incontournable : le troupeau de petits cochons pour amuser les enfants.

10 Novembre

On va faire la confiture de gargailloux « à la roumaine ». C’est à dire avec cette longue, longue cuisson, durant laquelle il ne faut pas cesser de touiller pendant des heures (la recette berrichonne, c’est ½ heure de cuisson, à titre de comparaison). En fait, le résultat n’est pas le même. Ce que l’on a dégusté ici a plutôt la consistance d’une mélasse. c’est un vrai délice. Magda nous a donné la recette. Pas moyen de se dérober !
En tout cas, première « corvée », couper tous les petits groins. Ma foi, quand on s’y met à plusieurs en papotant, ce n’est pas un labeur désagréable.

Mais ce n’est pas le seul boulot pour aujourd’hui. On a droit aussi à la cueillette des pommes. Celles qui sont tombées ou abîmées sont jetées dans un grand sac. Elles serviront de nourriture aux animaux. Celles qui tiennent encore à l’arbre doivent être cueillies avec délicatesse, et pas cognées du tout, pour assurer une bonne conservation tout l’hiver. Le moindre gnon les fait pourrir assez vite, et quand elles sont pourries, elles contaminent les autres. Cela demande de l’attention quand on les place dans le grand panier : les déposer tout doucement.

Thomas grimpe dans l’arbre et cueille à la main. Oswald fait de même, mais en restant sur l’échelle.

Tandis que Lars demeure sur le plancher des vaches et utilise un cueilloir à long manche. Pas si évident !

Quant à moi, mon rôle est simple : je ramasse les pommes tombées et je les fourre dans le sac. Pas trop compliqué.

11 Novembre

Ana a 87 ans. Elle vit seule à l’écart d’Alunişu.

Presque tous les jours, elle monte à pied au village. Quand je dis « monter », c’est pour de vrai : ça grimpe assez dur, partant de chez elle. Elle ne peut plus s’occuper de son bois, et elle a deux arbres morts à abattre. Son plus proche voisin, un peu éloigné quand même, a une tronçonneuse. Il lui a proposé d’abattre et de couper les tronçons. Courageux, le type : il a un drain qui part des reins et descend le long de ses jambes, relié à une poche de récupération de l’urine. Il ne peut pas se pencher beaucoup pour tronçonner.

Et nous ? Thomas et Oswald aident à l’abattage.

Puis Oswald s’attaque à fendre le bois, pendant que moi, je ramasse, je casse les brindilles qui serviront à allumer le feu et j’entasse.

Ana surveille du coin de l’œil !

Elle me montre où entasser, et m’aide à décharger la brouette. Je lui demande si je peux faire une photo. J’aurais aimé l’avoir en plein travail, « au naturel ». Mais non ! Elle minaude, arrange ses cheveux et son foulard, prend la pause avec un petit air fiérot.

Le soir, on est invités à dîner chez Lars et Robyn, et compagnie de Thomas et Isabelle, qui partent demain matin. Thomas et Isabelle, les maraîchers, récoltent bien entendu leurs graines, et ils en ont apporté de Belgique une grande quantité. Du coup, j’ai sorti ma jolie bosse de Kokopelli. Lars va chercher ses propres graines. Le partage est donc triangulaire, cette fois ! Devine sur quoi roule la conversation !!!

Robyn et Isabelle ont commencé la préparation de la confiture :
Mettre les gargailloux dans une grande gamelle, couvrir d’eau, et faire cuire jusqu’à ce que les fruits soient assez mous pour être écrasés au pilon.
Le pilonnage, c’est Isabelle qui s’y colle. Ça donne ça : une bouillie pleine de graines.

12 Novembre

Temps toujours incroyablement beau.
Un « amoureux » a suivi Océane et Noé jusqu’à la roulotte. Un beau cheval gris. En liberté, mais entravé aux antérieurs, ce qui ne l’a pas empêcher de nous rejoindre... au galop ! Les juments à moitié folles. Elles nous ont échappé pour aller courir le guilledou. Maintenant, on en rigole bien, mais sur le coup, on était plutôt enquiquinés.
Pour éviter que les louloutes ne recommencent à nous arracher la longe des mains, je confectionne deux tresses en ficelle pour botte de paille. J’accroche au bout un mousqueton. Je fais coulisser le tout dans les licols un peu trop doux. Si elles tirent, elles se puniront toutes seules d’un coup sur la nuque. Je sais pas si c’est éthologique, mais c’est efficace.
On a trouvé pour elles une vraie de vraie pierre à sel, brute de sortie de mine. Sel laissé là par une mer aujourd’hui disparue. Polluée au pipi de dinosaure ?
En tout cas, Océane et Noé en raffolent.

On continue la confiture.
Réchauffer l’espèce de purée obtenue par le pilonnage des gratte-cul.
La presser dans la passoire à gros trous, pour enlever les graines.

On obtient une purée plus fine, mais dans laquelle il reste quand même encore quelques graines.

13 Novembre

Maintenant, on va repasser la purée de gargaillou, après l’avoir une nouvelle fois réchauffée en ajoutant un peu d’eau, à la grille moyenne. Cette fois-ci, on va utiliser un instrument traditionnel, conçu tout exprès pour ce travail.

C’est moi qui m’y colle : 2 heures de boulot.

14 Novembre

7 heures du matin. Pendant qu’Oswald prépare le petit déjeuner, j’ouvre l’ordi pour lire les courriels. J’aime bien commencer ma journée en lisant les nouvelles de la petite famille...
Celui de Magali, ma fille parisienne, me laisse perplexe.
"Coucou. Au cas où vous avez entendu les news. Tout va bien pour nous. On a juste une copine qui est à la maison et qui ne peut pas rentrer chez elle.
gros bisous.
Mag."

Qu’est-ce que ça veut dire ? Notre réception radio ne fonctionne plus, ce qui fait que les nouvelles du monde, on ne les reçoit que sporadiquement, quand on pense à interroger Google, ce qui n’est pas très souvent.
Je tape : « informations France »
Atterrés, on apprend l’horreur. Je pleure.
Un peu plus tard arrive un courriel de mon autre parisienne de fille, Isabelle. Tout va bien pour elle aussi. Son mari se trouvait dans un bar du 20ème pour regarder le match de foot. Couvre-feu. Évacuation. Ordre de rester confiné chez soi.
Personne à l’abri. Où et quand vont-ils frapper la prochaine fois ?

Et nous ? On vit... Alunişu est un tout petit village des Carpates. Un risque de ce type est pratiquement exclu. Les gens du village hochent la tête d’un air navré sur notre passage.

Ce matin, l’amoureux d’Océane et Noé est passé attelé sur la route pendant qu’on s’occupait de leur toilette quotidienne. Il y a pourtant une grosse barrière en bois qui nous isole de la route, mais ça ne les a pas empêchées de le reconnaître. Elles se sont mises à hennir comme des désespérées. Pourtant, quand d’autres chevaux passent, et c’est très souvent, elles ne bronchent pas.

Confitures de cynorhodon, ultime étape :
Lars et Robyn ont emmené Carsten au cirque à Huedin, cet après-midi. Ce sont donc Oswald et Anne qui vont entamer la dernière ligne droite.
C’est à dire :
Réchauffer la bouillie obtenue hier.
La filtrer cette fois dans la passoire à grille très fine.

Je m’installe. Je commence à mains nues, comme je l’avais fait pour le premier passage.

Pas longtemps ! Je comprends très vite pourquoi ce joli petit fruit rouge se nomme très poétiquement gratte-cul. Parce que ce qu’il reste à filtrer, justement, pour ce dernier passage, c’est le poil à gratter !
J’enfile des gants de caoutchouc pour continuer le travail.

D’un côté, une pâte épaisse et urticante. De l’autre, une purée onctueuse et douce. Après une heure et demie de labeur.

Ajouter le sucre (entre ¼ et 1/3 du poids de la purée) Mettre sur le feu. Tourner sans cesse pendant 6 à 8 heures.
Oswald et moi, nous nous relayons. Quand c’est le tour de Monsieur, je m’allonge sur le canapé pour lui lire à haute voix « les fourmis », de Bernard Werber. Quand c’est mon tour, on papote.
Lorsque Lars et Robyn rentrent, Ils prennent la relève. Ils tourneront à tour de rôle toute la soirée.

15 Novembre 

Résultat :

Quelques remarques

  • À propos des poubelles. En voulant se débarrasser de nos propres déchets (allez, j’avoue tout : c’est du plastique !) Oswald a observé les poubelles. Il ouvre un couvercle : déchets compostables. Un autre : déchets compostables. Encore un : déchets compostables. Ben zut alors, on les met où les plastocs ? Dans n’importe quelle poubelle, qu’on lui répond : on n’a pas de tri, ici. Ça c’est quand même étrange : les gens, qui ont pourtant tous, ou presque, un jardin, ne font pas de compost et jettent leurs déchets de cuisine à la poubelle. Par contre, ils jettent leurs canettes et leurs plastiques dans la nature. Et même des choses plus grosses :

« Eh oui, soupire Lars, le compost, ils ne connaissent pas. Et ils font beaucoup brûler, aussi... »
Prise de conscience ? Y’a encore du boulot !

  • Faire de l’auto-stop en Roumanie, hyper fastoche ! Tout le monde en fait, à tous les âges. Car beaucoup de gens n’ont pas les moyens de se payer une voiture. Et les automobilistes s’arrêtent. Très rare d’attendre plus de dix minutes. MAIS. En fait il s’agit d’un mélange d’auto-stop et de co-voiturage. C’est à dire qu’il est de bon usage de demander à l’arrivée combien on doit, pour partager les frais de carburant. C’est au chauffeur de répondre « rien », ou de demander une participation. Très pratique pour nous. On peut facilement aller à Huedin (9 km)
  • « Ce face ? » (prononcer « tché fatché) « Qu’est-ce que tu fais ? » C’est ce que tout un chacun nous demande quand on le croise. On trouvait que les gens de ce village étaient bien curieux ! Explication : « Ce face » est la formule rituelle qui correspond à notre « comment ça va » ? À quoi on peut répondre tout simplement « bine » (bien) . Mais il est tout aussi poli de dire ce qu’on vient de faire, ou ce qu’on va faire. (On va chez Lars. On a coupé le bois chez Ana. On emmène de l’eau aux chevaux. Etc...)
  • Le PQ : en papier recyclé non blanchi. (En France, même celui qui est marqué « écotruc, issu du recyclage », ben il est quand même blanchi. Ça sert à quoi, vu l’usage qu’on en fait ?) En rouleau complet, compact, sans carton cylindrique au milieu pour tricher sur la quantité. Et on peut acheter un seul rouleau si on veut.

Anne, 16 Novembre 2015

2013-2017 Tête de Mulet
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