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Gène dun ? Oh là là ! ces généticiens ! 11/06/2015

Oh là là, ces généticiens ! Ils nous embrouillent la cervelle, à vouloir décortiquer tous les secrets de l’ADN !
Oswald m’avait parlé des rouspétances de ses copains botanistes : les récentes découvertes génétiques bouleversent et remettent en cause la classification de leurs chères plantes. À s’en arracher les cheveux de la tête ! Tout ce qu’on leur avait appris se casse la figure.
Ben je viens de recevoir le même genre de douche !
Océane et Noé ne sont plus « isabelle », mais « bai dun ».
Non mais franchement ! « bai dun ». Ça ressemble à quoi, ça ?
Sur leurs papiers officiels, elles sont bien « isabelle ».
Les haras français sont assez longs à la détente. Il va sûrement leur falloir un bon moment avant d’admettre cette nouvelle donne, déjà bien ancrée dans les pays anglo-saxons.
En Norvège aussi, d’ailleurs, berceau de la race Fjord, systématiquement porteuse du gène « dun ». Là-bas, les différentes nuances de la robe portent chacune leur nom. « Brunnblakk » pour le bai dun. « Rødblakk » pour l’alezan dun. « Grå », c’est à dire « gris » pour les souris. Ulsblakk pour le bai porteur du gène dun et du gène crème. Gulblakk pour l’alezan porteur de ces deux gènes de dilution. Kvit, c’est à dire « blanc » pour le crème.

Eh ! Dis donc, la Anne, tu bavardes, tu bavardes, t’es bien gentille, mais c’est quoi, au juste, un gène « dun » ?
Bon je vais essayer de t’expliquer ça sans trop de complications. Pas plus tard qu’hier, je n’en savais pas plus long que toi ! Ce qui m’a mis la puce à l’oreille ? C’est que nous sommes chez Misi, que ce Misi-là possède une jument qui a du sang de Nonius, et que me renseignant sur cette belle race hongroise destinée particulièrement à l’attelage, j’ai appris qu’elle avait une robe « noir pangaré » ! Noir pangaré ???? C’est quoi ce machin ? Jamais entendu parler de ça. C’est vrai que les examens d’équitation que j’ai en poche commencent à dater quelque peu. Ça ne nous rajeunit pas, tout ça, mes braves gens. (Ça les est ben, les vieilles croûtes sur la route...) Moi, la robe de cette jument-là, j’aurais appelé ça bai brun foncé. Erreur. Un bai, c’est une robe marron plus ou moins foncé avec la crinière, la queue et les jambes noires. Un noir pangaré, c’est du noir qui a été décoloré par un gène (c’est que c’est capable de tout, ces machins-là !) ce qui fait qu’on a des reflets marron bronzé dans la robe. À vue d’œil humain, franchement, faut être fortiche pour voir la différence. Mais si on décortique l’ADN, alors là, la différence saute aux yeux ( enfin, il paraît. Moi j’veux bien.)

Alors, apprenant ça, un peu surprise, je me suis demandée si par hasard d’autres couleurs de robe auraient pu subir le même sort. J’ai donc interrogé l’ami Google.
Eh bé dis donc ! Même nos juments avaient changé de couleur !
Pourtant, « isabelle », ça me plaît bien. D’abord, l’une de mes filles se prénomme Isabelle. Ensuite, rapport à la robe du cheval, je trouve savoureuse la légende qui tourne autour. Allez, je la raconte, juste pour le plaisir. Il existe peut-être quelques lecteurs de ces lignes qui ne la connaissent pas.

« Il était une fois, il y a très longtemps, une reine d’Espagne nommée Isabel. Isabel de Castille. Isabel la Catholique. Ça te rappelle quelque chose ? Mais oui, la Isabel qui a repris l’Andalousie après pratiquement huit cents ans d’occupation par les Maures. La Isabel qui a reconquis Grenade. Celle qui, après cette éclatante victoire, a accepté de financer le voyage d’un dénommé Christophe Colomb.
On raconte donc que cette Isabel, en décidant de reconquérir le Sud de l’Espagne, avait fait fait un vœu : elle ne changerait pas de chemise tant que la ville de Grenade ne serait pas reprise aux infidèles. Étant donné le temps qu’il lui a fallu pour mener à bien ces guerres de reconquête, tu imagines un peu la couleur qu’avait pu prendre la belle chemise blanche ! Dans le genre beige marronâtre, avec le col et les poignets complètement noirs...
Et voilà pourquoi quand un cheval porte une robe d’un beige plus où moins foncé, avec la crinière, la queue et les jambes noires, on nomme cette robe isabelle. »

P.S. Y’en a qui prétendent que c’est pas du tout d’Isabel de Castille qu’il s’agirait, mais d’Isabelle de Flandres, cousine de Charles Quint, qui aurait fait le vœu de ne pas changer de chemise tant que la ville d’Ostende serait aux mais de l’ennemi.

La robe « isabelle » existe encore bel et bien, je te rassure. Sauf que là, le gène responsable de la dilution de la couleur n’est pas le gène « dun », mais le gène « crème ». Le « bai dun » s’en distingue facilement. Et il est clair qu’Océane et Noé ont bien cette robe-là, caractérisée par une raie de mulet qui court tout au long de leur dos, et des zébrures aux jambes.

Ces marques n’existent pas dans la vraie robe « isabelle ».

Explication :

Le gène dun est un gène de dilution. Il est responsable de couleurs de robes que l’on qualifie de « sauvages ». En plus de décolorer la robe, il entraîne des marques primitives : zébrures sur les jambes et raie de mulet.

La robe la plus fréquente associée à ce gène, dans les tons beige à brun-fauve avec les crins et le bas des jambes noirs, est appelée bai dun. C’est exactement la couleur de nos juments. Les autres chevaux dun peuvent avoir une teinte jaune pâle (alezan dun, dilution de l’alezan) ou gris acier (souris, dilution du noir)
Le dun est un vieux vieux gène, bien dominant : les chevaux des peintures préhistoriques possèdent cette robe-là.
Sa présence est très fréquente chez d’autres espèces du genre Equus. En particulier chez les sous-espèces comme le Tarpan, maintenant éteint et le cheval de Przewalski, toujours existant. On le trouve aussi chez les Hémiones, appelés également Onagres (ânes sauvages d’Asie) et les Kiang (ânes sauvages du Tibet, longtemps considérés comme sous-espèce d’Hémione. Mais nos chers généticiens – toujours eux – ont décrété après étude approfondie de l’ADN, que les Kiang sont bien une espèce à part entière.)

Océane et Noé ne sont pas officiellement des Henson : elles ne sont pas inscrites au stud-book. Néanmoins, c’est quand même ce qu’elles sont en pratique, puisque la race Henson est issue d’un savant mélange entre le Fjord Norvégien ( systématiquement porteur du gène « dun ») et le selle français ou le trotteur français. Nos deux louloutes étant issues de mère trotteuse et de père Fjord...
Allez, Océane et Noé, vous êtes des Henson F1 ! Ça fait pas chic, ça ?
Bof !
On s’en fiche complètement à vrai dire...
Pour nous, vous êtes les plus chouettes juments du monde et c’est tout.
Hey ! Pas seulement vous ! Il en existe une autre, plus chouette jument du monde.
C’est ma vieille Athéna, restée à la maison, et qui me manque beaucoup. Mais tiens, j’y pense... Elle est porteuse d’un gène de dilution aussi, Athéna, puisqu’elle s’habille d’une robe palomino. Mais ça, c’est une autre histoire.

Anne, 11 Juin 2015

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