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le manège enchanté 3/06/2015

21 Mai : Dobrovnik (Slovénie) – Nemesnép (Hongrie) 15 km

Hier : 30° à l’ombre. Gros orage dans la nuit. Ce matin : 10° ! Brrrrrrr.... Une pluie froide, pas très motivante. Vers 9h30, la pluie cesse. On décide de partir. Le temps de garnir les juments sous un ciel gris uniforme, bien engoncés dans nos gros pulls, et la pluie se remet à tomber.
On roule quand même. Pluie incessante. On traverse une très belle forêt (« espace naturel protégé ») sur une toute petite route ou ne circulent que de très rares voitures.
Au beau milieu de cette forêt, la frontière Hongroise, avec l’ancien poste de douane déserté.

On ne s’aperçoit d’abord du changement de pays qu’au changement de langue sur les panneaux indicateurs : le Hongrois est bien différent du Slovène.
Immense centre touristique au beau milieu de la forêt, pas très loin de la frontière. Très chicos. On s’arrête quand même. Étant donnée l’humidité ambiante, si on pouvait stationner là, ce ne serait pas si mal, quitte à payer notre emplacement. Et tiens, il est même indiqué que l’on peut louer des chevaux pour la promenade. Oswald part aux renseignements. Accueil pas tellement aimable, annonce des tarifs... Mais surtout, il est hors de question d’accueillir les juments en extérieur. Des fois qu’elles souilleraient les jolies pelouses... Box obligatoire. Ça, c’est le répulsif définitif. On continue donc.
Forêt, toujours forêt. Puis tout petit village.
Et voici Nemesnép. Un joli arrêt de bus tout en bois. Quelques maisons. Un gentil monsieur qui nous permet de laisser brouter Océane et Noé avec ses trois moutons. Un peu intrigués, les moutons, par ces envahisseuses. Le bélier a des cornes magnifiques qui s’écartent de son crâne à l’horizontale.

Il pleut toujours. Ah ! Le romantisme du pays Magyar sous la pluie ! Petite promenade dans le minuscule village.

22 Mai : Nemesnép – Csesztreg 4,5 km

Toujours la pluie, le vent, et la fraîcheur. L’étape sera courte : On découvre à Csesztreg, très joli village, une superbe prairie coupée par un ruisseau. Il y a une banque juste en face. Ça tombe bien : il faut qu’on change nos Euros en Forints. Et juste à côté, un magasin minuscule qui vend un peu de tout. Oswald descend demander si on peut s’installer ici. Mais il ne trouve là que des gens parlant hongrois. En tout cas, il pleut toujours, on n’a pas envie d’aller plus loin, on s’installe donc.

Nous sommes en train de casser une petite croûte quand des coups violents sont frappés à la roulotte. Je sors. Un monsieur furibard m’invective en hongrois. Je ne pige pas un traître mot, mais je comprends fort bien qu’il n’est pas du tout content : qu’est-ce qu’on fiche là, d’ailleurs. Je lui dis qu’on vient de France, ça il comprend, et je lui montre la banque « euro-forint ! » que je lui dis. Il comprend aussi. Il me montre sa montre et pointe le doigt sur le 4 pour me signifier qu’à seize heures, on devra avoir dégagé de là.
Mais Oswald ne l’entend pas de cette oreille ! Sitôt la dernière bouchée avalée, il fonce à la mairie. Là, on lui présente la mairesse (« une très grosse dame », me précise Oswald à son retour) qui ne connaît pas un traître mot de français, ni d’anglais, ni d’allemand. Mais elle fait appeler une jeune demoiselle (« très très jolie » dixit Oswald) qui, elle, parle allemand. Explications. Le monsieur de tout à l’heure arrive aussi, avec un air toujours furieux. Mais Oswald négocie avec la mairesse, via la jolie jeune fille, et obtient la permission de ne partir que demain matin « avant 10 heures ! » Ouf !
Comme ça, Oswald peut prendre le bus jusqu’à Lenti, la « grosse » ville la plus proche, pour faire charger notre « boulette Internet » à la hongroise. Parce que bien sûr, la carte SIM Slovène ne fonctionne plus ici. Pendant ce temps, je vais faire quelques courses à la petite COOP du village. C’est tout petit, tout mignon, très simple... Il y a là juste le nécessaire. . Et vraiment très très bon marché. À titre d’exemple, un gros pain de 800 g coûte 219 Forints, soit l’équivalent de 0,71 €.

23 Mai : Csesztreg – Csöde 25 km

Une station de rêve après une route de cauchemar !
Jusque là , les routes hongroises que nous avons suivies étaient indiquées en rouge sur la carte, et nous n’y avons croisé qu’une très minime circulation. Pour aller jusqu’à Csöde, nous avions le choix entre une route rouge et une minuscule route blanche, que nous avions choisie en premier lieu. Comme nous ne sommes pas très loin de la frontière, ces routes figurent encore sur notre carte de Slovénie. Mais hier, à Lenti, Oswald a acheté une carte de Hongrie, et sur celle-ci, la petite route en question est barrée de deux traits noirs, dont nous ne trouvons pas la signification dans la légende. Oswald suppose que cette route n’est pas empruntable, et décide qu’étant donné le peu de voitures rencontrées sur les routes rouges, il vaut mieux prendre celle-ci plutôt que de se voir contraints à un demi-tour devant la petite route. Je grognasse un peu, mais bon...
Et là, nous tombons sur l’horreur absolue. Même en Italie on n’a jamais connu une chose pareille. Ah ! Des voitures, il n’y en a pas, c’est sûr (on en a peut-être vu cinq ou six sur les 20 km) mais des poids lourds... des bahuts énormes ! Dont pas un seul Hongrois. Des Polonais, des Tchèques, des Slovènes, des Lituaniens, des Grecs, et quelques autres... Roulant sur cette route à deux voies, bien tortueuse et bien pentue (montées et descentes se succèdent. Nous nous trouvons dans une région de collines.) Bien la peine de traverser cette très belle forêt pour avoir sans cesse dans les oreilles le ronflement des moteurs ! En plus, ils sont vraiment tarés, roulent comme des fous, nous rasent en doublant. Comme il pleut, la route est bien glissante. Je suis morte de trouille, et je n’ai pas tort : dans un grand virage, en pleine descente, un énorme semi-remorque est couché dans le fossé. Il a écrabouillé le joli petit abri-bus en bois sur lequel il est tombé.
Là, un beau panneau limitant la vitesse à 30 km/h, avec, dans le fameux triangle « attention », le dessin de deux voitures qui se rentrent dedans. Virage très dangereux. Aucune visibilité. Eh bien ! Ça n’empêche pas un gigantesque truck de nous doubler ! Cinglé, le type ! Ça ne lui a pas servi de leçon, le camion couché, là-bas ? Chance : personne n’arrivait en face au même instant. Pourtant, ça circule autant des deux côtés. Bref, vingt kilomètres d’enfer ! Environ deux heures (je laisse trotter les juments pour sortir au plus vite de cette horreur.)
Quand nous quittons enfin cette route infernale, je jubile. Et je me lâche. Pauvre Oswald ! « Tu ne m’y reprendras pas, avec tes foutues routes rouges !!! »
Le reste est un régal. Pas un chat. Quand nous arrivons à Csöde, on nous indique où se trouve la maison de Bert et de Viola, chez qui nous nous rendons, envoyés par circo Soluna. Là, c’est carrément le paradis : 1,5 km d’un chemin forestier bien gadouilleux. Les juments ahanent.

Puis la ferme, totalement isolée dans les collines.

Les chèvres gambadent en liberté.

Pas un voisin en vu. Un paysage de rêve. Pas de poteaux ni de fils électriques. Bert (Belge Flamand) et Viola (Finlandaise) ne sont pas raccordés au réseau et utilisent des panneaux solaires. Chauffage au bois, bien sûr. Accueil délirant.
Dès que nous en avons fini avec les juments, nous sommes invités à déjeuner. Ici, chacun prend une assiette et se sert de ce qu’il veut, puis va s’asseoir où il veut, sur un siège disponible, chaise ou canapé. Il y a du riz, une sauce aux champignons, des lentilles aux carottes, de la salade, et un délicieux fromage de chèvre. On parle beaucoup, en français et en anglais. On se réchauffe avec une bonne tisane.
Explication de notre cauchemar : nous avons emprunté la route qui relie Varsovie à la Slovénie, empruntée par les poids lourds qui ne veulent pas payer l’autoroute. Et en plus, ça leur fait un fameux raccourci. Tellement connue dans toute la Hongrie pour sa dangerosité et ses nombreux accidents que presque aucune voiture n’ose s’aventurer dessus. On savait pas nous... Eh ben dis donc, on l’a échappé belle !

24 au 27 Mai

Vie très riche et intense, ici, à Csöde, chez les « Hipponette » (contraction de « hippo » (cheval) et « marionnette ») C’est le nom que se sont donnés Bert, Viola et leurs enfants.
Oswald est sidéré par le mode de vie, le plus autonome possible, et très simple. Il prétend qu’on se croirait dans la tache verte !
(Pour ceux qui ne savent pas : « la tache verte », c’est le titre de mon dernier roman, mélange de fantastique, de science fiction et d’anticipation. Nous sommes en 2150, plus aucune vie végétale sauvage ou animale n’existe sur terre. Les humains vivent dans des villes-pyramides et se nourrissent de plantes génétiquement modifiées, cultivées en hors-sol dans des « fermes-tours ». Toute plantule qui a le courage de pointer le bout de ses feuilles est aussitôt repérée et éradiquée, car les humains sont terrorisés à l’idée qu’un monstrueux végétal sauvage pourrait contaminer leurs précieuses plantes sophistiquées si soigneusement cultivées. MAIS : une menaçante tache verte est découverte, qui résiste à toute tentative de destruction. Un jeune et brillant botaniste, Célio, est envoyé dans ce lieu maudit. Il a pour mission de prélever des échantillons de ces plantes rebelles afin d’étudier le moyen de les détruire définitivement. Ce que Célio découvre........ Si tu veux le savoir, tu peux commander le bouquin chez ton libraire favori, ou le commander directement chez l’éditeur en cliquant ICI.) http://www.alicelyner.fr/romans/la-tache-verte/

Un immense jardin,

la cuisine au feu de bois, un intérieur chaleureux.
Des artistes dans l’âme. Après avoir longtemps voyagé en Europe avec leurs roulottes, leurs chevaux, leurs enfants et leur spectacle de marionnettes, Bert et Viola se sont sédentarisés en Hongrie, ici, à Csöde, dans les collines et au milieu de la forêt. Lieu magique, d’une grande beauté. Les roulottes n’ont pas été abandonnées.

Elle servent désormais à transporter de-ci, de-là, dans les villages de Hongrie un fantastique manège enchanté

que Bert, Viola et leurs filles ont construit de leurs propres mains. Chaque animal a été sculpté par Viola dans du bois de tilleul et représente un animal réel qui accompagne ou a accompagné la famille.

Sisko et Philippa, deux des filles, merveilleuses artistes, les ont peints.

Le seul animal qui ne fasse pas partie de la ménagerie des Hipponette, c’est Shy-Boy.

Shy-Boy : le cheval de Monty Roberts, célèbre « chuchoteur », qui a demandé à Sisko et à Philippa d’illustrer l’un de ses livres : l’autobiographie de ce Shy-Boy, justement (c’est le cheval qui raconte son histoire)
Ce qu’elles ont fait. Lorsque le livre est sorti, Sisko et Philippa n’avaient que 19 et 17 ans. Voici l’une des illustrations.

Elles ont peint aussi les panneaux qui ornent la plaque tournante du manège... comme cadeau d’anniversaire pour les 50 ans de leur Maman.

L’intérieur de la maison est envahi par les très belles peintures de Sisko et Philippa, qui peignent toujours ensemble et signent leurs tableaux de leurs deux noms.

Bert, lui, fabrique de superbe couteaux dans le style scandinave. Bien entendu, Oswald (fou des couteaux, le Oswald) craque et lui en achète un. Regardez-moi ça ce mec ! On croirait Clint Eastwood dans « pour une poignée de dollars » !

Non loin de la maison des Hipponette, bien caché dans le bois, nous découvrons le campement de Bo.

Bo est un homme extraordinaire. Vraiment. Il a été vacher dans la Puszta, responsable d’immenses troupeaux de bovins. Très recherché par les éleveurs, paraît-il, et bien payé, parce qu’il est (c’est Viola qui nous le précise, je n’invente rien) « le seul berger de Hongrie qui ne soit pas alcoolique » ! Maintenant, Bo est devenu conteur. Il voyage en roulotte, lui aussi, mais sa roulotte est tractée par une paire de splendides bœufs hongrois aux cornes impressionnantes. Il a sillonné toute la Hongrie avec cet incroyable attelage, et nous donne de précieux conseils, carte déployée sur la table, pour la suite de notre voyage.

Pour le moment, il attend ici que sa jolie vache des Carpates mette bas. Elle est à terme, et il espère d’un jour à l’autre ce petit veau tout neuf. Il a aussi un cheval, mais pour le monter. Pour atteler, il préfère les bœufs, plus placides et plus adaptés à son rythme. Il chemine à côté de ses bœufs lorsqu’il voyage, et prétend pouvoir dormir en marchant, appuyé contre l’une des cornes ! Ce qui est bien sûr inenvisageable avec des chevaux ! Et puis, ajoute-t-il, la marche auprès des bœufs est très propice à la méditation.

Bo ne ferre pas ses bœufs, mais l’un d’entre eux use un onglon beaucoup plus que les autres. Pour cet onglon-là seulement, Bo a donc fabriqué une sandale à sa façon.

Les bœufs ne sont pas appariés, mais attelés avec un joug individuel.

Nous faisons de longues promenades dans la nature. Colline, forêts, vastes prairies... et pas de ligne électrique en vue. Très reposant.

La lundi de Pentecôte, nous allons jusqu’à un village voisin, en voiture, pour admirer le spectacle d’Elsa et Clea. Deux roulottières qui voyagent avec des chevaux et une mule. Clea, espagnole, a trois enfants (deux filles de 8 et 7 ans, un garçon de 4 ans). Elsa, française, a deux enfants (deux filles de 7 et 5 ans). Elles se sont associées pour monter un très joli spectacle fantaisiste et joyeux, auquel participent les cinq enfants (même le plus jeune joue merveilleusement bien son rôle) Ce spectacle, prévu pour l’extérieur, sera aujourd’hui joué en salle (pluie ! Pluie !)

Depuis quelques temps, je m’inquiète un peu du collier d’Océane. Océane a changé de morphologie avec le travail. Le collier, qui lui allait fort bien lorsque nous l’avons reçu, n’est plus parfaitement ajusté. Des frottements provoquent de petites plissures de la peau qui ne me plaisent guère. De surcroît, il me semble qu’Océane en ressent quelque gêne. Rien de grave, mais cela fait déjà un certain temps que je me creuse la tête à le recherche d’une solution. Je voudrais acheter un pad, comme celui de Noé, qui protégerait des frictions du cuir. Mais on ne trouve pas à tous les coins de rue un sellier, ou un magasin qui vend du matériel pour chevaux. Surtout quand il s’agit d’attelage.
C’est incroyable comme depuis le début de notre périple, chaque fois que nous avons un problème à résoudre, nous tombons sur la bonne personne au bon moment. Sisko, justement, fabrique des pads de collier. Elle me montre son travail. C’est exactement ce qu’il nous faut. Je lui demande si elle peut nous en fabriquer un, et elle me répond que le mieux serait qu’elle m’apprenne à le fabriquer moi-même. Merveilleux ! Nous posons le collier à Océane, prenons les mesures, au au boulot !

Après quoi, il faut encore coudre les lanières de cuir qui tiendront le pad au collier. Je ne suis pas encore experte dans le maniement de l’alène. Doigt percé, sang qui dégouline, petit pansement. Ça m’apprendra à faire attention !

Reste les essayages. Parfait ! Je suis très fière de moi !

Merci, merci, Sisko !

De jeunes pins sont abattus. Nous donnons un coup de main pour ébrancher les troncs, à la hachette et à la machete, ainsi que pour entasser les branches et les têtes. Après quoi, les troncs sont débardés par Sisko, avec un cheval. Ils serviront à la construction d’un corral pour l’éducation des jeunes chevaux.

Voici l’occasion rêvée pour sortir le sac de Kokopelli, et échanger des graines.

28 Mai : Csöde – Bajásenye

Cela nous fait un joli retour en arrière, presque jusqu’à la frontière Slovène ! Mais rien ne nous presse. Bert et Viola doivent aller faire tourner leur carrousel dans le village de Bajásenye. Nous décidons de les accompagner. Ils attellent deux chevaux à leur roulotte, dans laquelle le manège démonté a été chargé, et en route ! Nous les suivons pendant quelques kilomètres.

Nous croisons sur la route un paysan qui utilise encore des chevaux.

Mais nos juments de compétition s’impatientent fortement, à être obligées de marcher d’un pas très lent derrière la roulotte qui les précède. Quand Oswald prend les guides, elles en profitent pour essayer de doubler ! Il a un peu de mal à les rappeler à l’ordre.
Donc, lorsque Bert et Viola s’arrêtent pour poser leurs affiches, nous prenons les devants. Océane et Noé s’élancent au trot. Ouf ! semblent-elles dire.
Notre stationnement ? La cour de l’école maternelle ! Il faut attendre que tous les enfants aient disparu pour monter le manège : ce doit être une surprise pour la fête des enfants qui aura lieu demain. (Il n’y a pas de journée nationale pour la fête des enfants. Elle a lieu une fois par an, mais chaque mairie choisit sa date)
Nous voici donc promus monteurs de manège débutants !

29 Mai

Je profite du soleil pour faire un brin de lessive

C’est la fête ! Trampolin, et petites promenades gratuites sur le dos d’une jument pur-sang arabe d’une très grande gentillesse.

Tournez manège !!! Musique ? Viola à l’accordéon.

Clea, Elsa et leurs enfants, qui ont baptisé leur compagnie « teatro del viento », sont là aussi pour jouer leur spectacle. Cette fois, il fait grand beau temps donc cela se passe en plein-air, ce qui donne une ambiance tout à fait différente.

30 Mai : Bajásenye – Kerkáskápolna 4 km

Pour bien commencer la matinée, je me casse la figure sur le chemin de béton près duquel Kaplumbağa est stationnée. Un genou esquinté, une main écorchée, et surtout, je n’ai pas pu éviter que mon visage ne heurte le sol. Ça saigne au nez et au front. Bétadine.
Un peu plus tard, Bert : « qu’est-ce qui t’es arrivé ? » Je raconte . Viola éclate de rire. Ça alors ! Je sais bien que c’est un réflexe de se marrer quand on voit quelqu’un se casser la figure. Le cinéma profite d’ailleurs largement de cette caractéristique bien humaine. Mais de là à rigoler quand on raconte à froid une heure plus tard... Ce qui fait pouffer Viola ? « C’est que tu ne comprends pas le Hongrois ! Tu vois le panneau, juste à côté de l’endroit où tu es tombée ? Dessus, c’est écrit : ’’chemin dangereux, vous l’empruntez à vos risques et périls’’ Alors tu comprends... »
Bon, très bien, je prends bonne note ! Je tâche de mémoriser le panneau, ça pourra peut-être resservir plus tard.

Toute petite étape, car nous rejoignons le campement de Clea et d’Elsa, situé non loin d’ici, pour admirer leurs roulottes. Les juments sont d’une sagesse exemplaire, ce matin.

Clea et Elsa stationnent chez Adriane, une vétérinaire qui possède une grande ferme où elle élève des chevaux. D’ailleurs, un petit poulain est né cette nuit.

Adriane élève également des vaches, des chèvres et des moutons. Mais elle s’entoure aussi d’animaux bien plus originaux. Un yak. Un sanglier et sa laie. Une biche qui vit librement sa vie de biche. Celle-ci, on ne la voit pas de la journée, mais elle vient chaque soir brouter en compagnie des chèvres, et ne dédaigne nullement les caresses !

À Kerkáskápolna, je suis bien entendu sollicitée pour raconter des histoires aux enfants. Et c’est un vrai plaisir que d’avoir cinq petits auditeurs capables de comprendre le français, avec leurs sourires et leurs yeux pétillants ! Quatre délicieuses petites filles, et un petit garçon craquant...
Je me régale.

Elsa et Clea ont déjà une longue expérience du voyage en roulotte, aussi les échanges sont-ils intenses ! Clea en est à sa quatrième roulotte auto-construite. Elle ferre elle-même ses chevaux, et trimbale forge et enclume dans sa roulotte. Elle sait souder, travailler le bois et le cuir, coudre, fabriquer des masques en feutre ou en papier mâché, et même être institutrice, puisque les enfants ne sont pas scolarisés.
Elle détecte une faiblesse au train avant de notre roulotte, nous explique les risques. Elle nous conseille vivement de rencontrer un spécialiste de la mécanique des véhicules hippomobiles pour lui demander son avis, et pratiquer les éventuelles améliorations possible.
Muchas gracias, Clea !

Ce monsieur n’est pas exactement sur la route que nous avions prévue, mais ce serait dommage de nous priver de ses conseils. Nous envoyons un mail à l’ami Bo pour lui expliquer la situation. Il nous répond que ce Misi est la personne la plus compétente que nous puissions rencontrer pour résoudre ce genre de problème. Donc, c’est décidé, nous ferons le détour.
Elsa trace sur notre carte les routes que nous devrons emprunter : depuis le temps qu’elle sillonne la Hongrie avec le teatro del viento, elle en connaît tous les chemins agréables aux roulottes !
« pas celle-ci : trop de méchantes côtes ! Ni celle-là : trop de circulation ! » Elsa nous conseille donc tout un tas de toutes petites routes très sympas (dit-elle) même si elles rallongent quelque peu la distance.
Merci, Elsa !
Un dernier dîner partagé en plein air autour du feu... Demain, il faudra s’en aller. Voyage ! Voyage !

Quelques remarques

  • En Hongrie, les magasins ouvrent à 6 heures du matin, voire pour certains 5 heures. Mais l’après-midi, presque tout est fermé à 17 heures. Il faut le savoir, et s’organiser en conséquence. Les gens font leurs courses le matin AVANT d’aller au travail. Après le boulot, on ne fait pas les courses, voyons ! On s’occupe de sa famille et de sa maison !
  • On voit encore pas mal de petites parcelles de prairie où le foin est fauché à la faux et entassé en meules à l’aide d’une belle fourche en bois.

  • Les cloches Hongroises sont assez bavardes elles aussi. Elles sonnent un coup pour le quart, deux coups pour la demie, trois coup à moins le quart, quatre coups sur une certaine tonalité pour prévenir que ça va sonner l’heure, et le nombre de coups qu’il faut pour indiquer l’heure sur une autre tonalité. À six heures et sept heures du matin, on a droit au grand carillonnage !
  • Les panneaux « sortie d’école » ont dû être « sponsorisés » par Michelin ! Ce n’est pas un cas isolé : ils sont semblables dans presque tous les villages.

Anne, 3 Juin 2015

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