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sans fers : bilan après 1300 km 28/04/2015

Bilan expérience « sans fers »
1294 km

Pourquoi sans fers ?

Nous nous sommes pas mal documentés sur la question.
Il semble maintenant bien acquis que les chevaux non ferrés vivent en moyenne en meilleure santé et plus longtemps que les chevaux ferrés.
Les chevaux ferrés sont obligés de porter leurs chaussures en permanence, même au repos ! (essayez donc de dormir avec vos bottes aux pieds...)
Je sais parer, mais pas ferrer (hormis reposer un fer tombé) et je sais aussi qu’il n’est pas toujours aisé de trouver un bon maréchal. Donc ne pas ferrer nous permet d’avoir plus d’autonomie, et de ne pas être obligés de rechercher désespérément un maréchal (c’est quand on en a besoin qu’on n’en trouve pas !)
Personnellement, je suis une adepte du pieds-nus pour moi-même, et je sais donc quoi répondre quand on me dit « essayez donc de marcher pieds nus, et vous verrez comme ça fait mal ! » Oui, oui ! Au printemps, quand on peut recommencer à enlever les chaussures, on éprouve effectivement un peu de difficulté à marcher sur des cailloux pointus ! Il faut s’y remettre progressivement, et à la fin de l’été, on court dessus sans problème. La corne, ça se forme. Et pour les chevaux, c’est encore plus facile que pour la petite peau fragile de nos pieds. En tout cas, je sais de quoi je parle, puisque je pratique !
Cependant, les controverses sont vives. Nous avons été traités de fous ou d’inconscients par un certain nombre de professionnels très expérimentés, très sûrs d’eux, qui nous faisaient le pari que nous serions obligés de ferrer au bout de 100 ou 200 km. Sans fers sur le macadam ? Ça va pas la tête ?
Bon, OK, mais avec des sandales ? Moues dubitatives. Vos sandales ? Elles ne tiendront pas le coup ! Elles vont s’user à toute vitesse ! Et au prix que ça coûte...
À noter quand même qu’aucun de tous ces bons conseilleurs, tous très sympas et fort désireux de nous aider, n’avaient jamais expérimenté eux-mêmes, sur plus ou moins long terme, ni le « pieds-nus », ni les sandales.
Nous sommes tombés aussi sur l’inverse : les « total fans » du « pieds-nus » exclusif. Ferrer est une véritable torture, et même les sandales sont parfaitement inutiles et indésirables. Tout cheval dont les pieds ont été bien préparés devrait pouvoir accomplir pieds nus l’intégralité du voyage. En n’excédant pas, quand même les trente kilomètres journaliers.
Là, j’avoue, c’est moi qui ai grimacé une moue dubitative ! J’avais quand même des doutes au sujet du « tout pieds nus »,
Qui croire ? Et que faire d’autre que d’expérimenter par soi-même ?
Restait à trouver les sandales adéquates.
Le mieux était donc de s’adresser à des personnes qui avaient déjà acquis une certaine expérience dans la randonnée long cours, sans fers. C’est d’ailleurs ainsi que nous avons découvert les clogs de chez Dallmer, qu’on nous a chaudement recommandés, et qui sont quasi introuvables en France. Nous les avons commandés directement en Allemagne, où nous sommes tombés sur un monsieur extrêmement compétent, dont les conseils nous ont été précieux.

Cependant, tous les utilisateurs d’hipposandales contactés étaient des cavaliers, non des meneurs. Et les cavaliers ne marchent pas en permanence sur l’asphalte !

Notre idée était de marcher pieds nus le plus possible, en surveillant de très près l’usure des sabots, et en chaussant chaque fois que nous le jugerions nécessaire, plutôt trop souvent que pas assez, afin de ne pas prendre de risques.
On avait d’ailleurs décidé de ne pas être bêtement sectaires, et on s’était dit qu’en cas de nécessité, on avait toujours la possibilité de faire ferrer en cours de route.

Préparation des juments

Nos atouts ? Océane et Noé ont d’excellents pieds, et n’ont pas été ferrées depuis deux ans. Dans les trois mois qui ont précédé notre départ, nous les avons préparées en les faisant marcher sur le dur, en main ou attelées, sur des distances de plus en plus longues. Aucun problème de boiterie. Au début, pieds sensibles sur les chemins caillouteux, mais accoutumance assez rapide. En tout cas, de bon augure.
Nous les avons également attelées avec les clogs, pour voir comment elles réagissaient : aucun problème d’adaptation.

Les problèmes de Noé

Noé nous a causé de gros soucis (difficultés dans les montées, sciatique, déchirure musculaire à l’épaule, boiterie au point de ne plus poser le pied par terre... et même fourbure après 4 semaines de repos forcé dû aux blessures de barbelés, dans une prairie pleine de bon trèfle !) Au point que nous l’avons pensée inapte à ce que nous attendions d’elle, et que nous avons failli tout abandonner. Nous avons consulté des vétérinaires (4), des ostéopathes (2)... et finalement, c’est un maréchal ferrant qui a posé le diagnostic probablement responsable de tout ce que la pauvre Noé avait subi pendant presque 500 km :
un abcès interne profond dans le pied antérieur droit. (Invisible !) Le maréchal nous a affirmé que c’était un abcès ancien, vieux d’au moins 8 mois, voire 1 an. Donc qui datait très probablement d’avant notre départ !!! C’était lors de notre dernière étape française. Le maréchal a ouvert l’abcès, ce qui a énormément soulagé Noé. Soins : tremper le pied dans l’eau de javel, ¼ d’heure matin et soir.
Cependant, lors de nos premières étapes italiennes, Noé s’est remise à très mal marcher et sa souffrance semblait évidente. Là nous sommes tombés sur Carolina, une vétérinaire exceptionnelle, spécialiste des chevaux, qui travaillait en binôme avec un maréchal. Ils ont tous les deux confirmés que le problème était ancien. L’ouverture du sabot, en France, n’avait évacué qu’une petite partie du pus. Il existait une poche plus profonde, impossible à ouvrir. On a donc soigné avec un cataplasme qui aspire le pus vers l’extérieur, à base de gomme de tragacanthe et d’acide borique. Bien bander et faire tenir le tout grâce aux hipposandales jogging shoes (marque norvégienne) que nous avions essayées du temps de nos mulets, qui étaient trop grandes pour nos juments. Nous les avions quand même amenées avec nous, pensant en faire cadeau, peut-être, à l’occasion. C’est la deuxième fois qu’elles nous sont utiles (la première fois quand les deux louloutes s’étaient faites déchiqueter par des barbelés, et qu’il avait également fallu des pansements aux sabot.) Ce sont des sandales souples, qui englobent tout le pied, et comme elles sont trop grandes, le pansement loge impeccablement dedans.
Dire que nous avions hésité à nous en encombrer ! Elles font désormais partie de notre matériel d’infirmerie. Nous en avons deux neuves, jamais servi, dont nous nous séparerons peut-être si ça peut être utile à quelqu’un, et les deux qui ont servi aux pansements. Utile d’en garder deux : pendant qu’on en lave une, l’autre sert. Parce que du pus dans la sandale, ça sent vite mauvais ! Et comme le pied devait être protégé en permanence, nous devions changer de sandale à chaque renouvellement de pansement.
Après 4 semaines d’arrêt et de soins appropriés, Carolina a donné le feu vert pour repartir. Avec des conditions : sandales amortissantes, étapes courtes (pas plus de 10 km) et dans la mesure du possible, un jour de marche - un jour de repos. Tout ça pendant deux mois. La cicatrisation complète pouvant demander 3 ou 4 mois.
Nous avons donc opté pour les Old Macs, amortissantes et anti-dérapantes, et nous avons été épatés par leur efficacité. Après un moment de surprise, Noé s’y est assez vite adaptée. Dans les montées, où elle peinait énormément auparavant, elle est devenue méconnaissable : beaucoup plus à l’aise, même si c’esst loin d’être la perfection. Où nous avons vraiment apprécié, c’est lors d’une descente bien raide, bien tortueuse, et surtout bien verglacée : Océane, pieds nus, avait tendance à glisser, mais les Old Macs de Noé accrochaient vraiment très bien : aucune dérapade !

Lorsque Noé s’est mise à bien marcher et à ne plus souffrir, dans la plaine toute plate du Nord de l’Italie, nous lui avons remis les clogs, beaucoup plus faciles et rapides à poser. Nous commençons progressivement à la réhabituer aux pieds nus (il faut durcir la sole) en la déchaussant sur les courtes étapes. Puis nous l’avons laissée pieds nus une étape sur quatre, et désormais une étape sur trois. Pour l’instant, tout se passe bien. La sole commence à durcir, et Noé semble assez à l’aise. En tout cas, elle ne montre aucune gêne. Nos dernières étapes étaient d’une grosse vingtaine de kilomètres. Nous l’avons aussi fait marcher avec les seuls antérieurs chaussés, puisque ce sont eux qui sont plus sensibles, particulièrement celui qui a été atteint par l’abcès.

Les clogs

Les clogs ont la forme des fers, ouverts en dessous, donc aération et pas de problème de transpiration excessive.
Il m’a fallu un peu de temps pour apprendre à les régler pile-poil.
Au niveau de l’usure : Noé a parcouru presque 600 km chaussée avec les clogs, Océane 500. Pratiquement pas d’usure. Nous pensons pouvoir parcourir facilement le triple de cette distance avec les mêmes clogs. C’était ce qu’on nous avait dit (pas seulement le vendeur qui vante sa marchandise, mais aussi les utilisateurs : on peut parcourir 1500 km avec les mêmes clogs. Nous ne les avons pas encore accomplis, mais à voir où ils en sont, nous voulons bien le croire. On vous tiendra au courant plus tard !) Il est certain en tout cas que la matière dont sont faits les clogs est beaucoup plus résistante à l’usure que le fer. Secret de fabrication !
On remarque que l’usure n’est pas régulière : Noé use plus d’un côté que de l’autre !
L’usure des clogs d’Océane est plus régulière, mais il y a quand même un léger déséquilibre.

Les problèmes que nous avons rencontré :
Jument qui se déchausse en court de route, ça nous est arrivé plusieurs fois, toujours de ma faute : une vis qu’il aurait fallu resserrer ou changer, par exemple. On s’en aperçoit au moment où on chausse, juste avant le départ. La flemme. On verra ça à l’arrivée. La sanction tombe en cours de route ! Bien fait ! Ça sert de leçon pour la prochaine fois !
Deux fois un clips cassé. Mais le vendeur n’a pas lésiné sur les clips de rechange, on en a une bonne provision. (Nous avons également plus qu’en suffisance des barrettes de réglage et des vis de secours)

Le plus gros pépin : dans une montée assez ardue, sur un chemin caillouteux, Noé s’est touchée (postérieur contre postérieur) Bilan : un protège-glomes déchiré, et le clog déformé. Nous avons mis un protège-glomes neuf avec le même clog, mais ça n’allait pas ! Le clog déformé, quelque soit le réglage, ne tenait plus au pied. Il a fallu le remplacer par un clog neuf.
Depuis que le réglage est au point, nous n’avons plus aucun problème de pied déchaussé, même au trot.

Les protège-glomes doivent être très soigneusement entretenus. S’ils sont un peu sales, gare aux blessures dues aux frottements ! Nous avons pris l’habitude de les brosser à chaque arrivée, et même de les laver chaque fois que le temps nous permet d’être sûrs qu’ils seront secs le lendemain. Avant de poser les clogs, nous talquons systématiquement les protège-glomes.

Les Old Macs

Vraiment géniaux en ce qui concerne le confort, le rôle amortissant, et la semelle anti-dérapante.
Par contre, ils sont complètement fermés, et le pied a tendance à macérer quelque peu là-dedans !
Il sont plus longs à poser que les clogs, et demandent un certain tour de main avant de le faire correctement du premier coup. C’est tout scratch (donc assez simple à fermer) sauf la boucle finale qui est vraiment casse-pied à serrer.
Sans eux, nous aurions été contraints de reculer encore notre redémarrage. Nous les avons utilisés seulement sur une centaine de kilomètres, mais nous soupçonnons qu’il pourront encore nous être utiles en montagne, sur les routes à forte déclivité.

Les jogging shoes

Souples, entièrement fermés, conçus comme des chaussures de sport, ils nous semblent un peu fragiles pour être vraiment utilisés sur le long terme. Par contre, un peu trop grands, ils sont idéaux pour faire tenir des pansements.

Bilan des kilomètres parcourus

Pieds des Juments après 493 km (dernière étape française)

Noé :
449 km pieds nus
597 km chaussée avec les clogs
88 km chaussée avec clogs uniquement aux antérieurs
101 km chaussée avec les Old Macs
20 km chaussée avec les Old Macs seulement aux antérieurs.

Noé a besoin d’être parée un peu plus souvent qu’Océane. Maintenant que nous recommençons à la laisser marcher d’avantage pieds nus, je pense que les parages vont s’espacer. À suivre.
En tout cas, sans les sandales, il est certain que Noé n’aurait pas tenu. Après les soins anti-abcès, ce sont les Old Macs qui nous ont permis de redémarrer. Au moment du re-départ nous avons testé les clogs : pas assez confortables. Noé boitait. Tandis qu’avec les Old Macs, elle marchait sans problème.
Les parcours effectués avec les antérieurs seuls chaussés étaient de courtes distances, où nous n’aurions en principe pas chaussé, mais l’antérieur malade étant encore sensible, nous n’avons pas osé le laisser déchaussé. Évidemment, si on en chausse un, il faut chausser les deux !

Océane :

763 km pieds nus
500 km chaussée (clogs)
31 km chaussée seulement aux antérieurs.

Océane a beaucoup marché pieds nus. Nous la chaussons quand nous prévoyons une grosse étape, ou si la route est pleine de gravillons. Les 31 km parcourus avec les seuls antérieurs chaussés, c’était parce que la sole d’un antérieur s’était un peu bizarrement creusée. Mais le véto nous a dit que ce n’était rien, et qu’il ne voyait aucun inconvénient à ne pas mettre les sandales.
Océane a une sole extrêmement dure, épaisse, et l’entretien de ses sabots est maintenant réduit au minimum : juste un petit coup de râpe de temps en temps. Apparemment, la corne a pris l’habitude de repousser à peu près au même rythme que l’usure. C’est vraiment super. Elle pourrait même sûrement marcher beaucoup plus pieds nus. C’est moi qui me fais des scrupules, je crois !
Il est bien possible qu’Océane aurait été capable de ne jamais être chaussée.

Pieds des juments à la dernière étape Italienne

Depuis la dernière étape française (photos précédentes), les juments ont parcouru 801 km,
dont pour Noé 203 km pieds nus, et pour Océane 462 km pieds nus. On constate qu’elles ont bien besoin d’un bon parage ! Le macadam n’a pas usé la corne au point qu’elles n’aient plus de pieds.

Les photos du dessous des pieds (ci-dessus) ont été prises avant le parage. On voit bien ainsi que la corne a poussé, qu’un parage est nécessaire, surtout pour Noé qui a moins qu’Océane l’occasion d’user. Mais même pour Océane, je suis obligée de jouer de la râpe, et parfois d’un petit coup de pince à parer ou de rogne-pied. Je ne suis pas maréchal, et le travail est certainement loin d’être parfait ! Depuis le départ, nous avons une seule fois fait parer par un maréchal professionnel. Un autre maréchal et quatre vétérinaires ont vu les pieds et ont trouvé qu’ils étaient tout à fait correct. Ce qui me réconforte un peu quand même. (Je n’ai pas eu droit à un « oh là là ! Qu’est-ce que c’est que ce massacre ? » horrifié. C’est toujours ça !) Il n’empêche que si l’occasion se présente, on n’hésitera pas à faire refaire un « vrai » parage. À condition de trouver un maréchal qui sait parer en vue du « pieds-nus » et non pas uniquement en vue de la ferrure.
On peut en tout cas constater que les prédictions de ceux qui nous assuraient que les pieds seraient très vite usés jusqu’au sang ne se sont jamais réalisées !

Avantages du sans fer

Autonomie. Pas besoin de chercher un maréchal.
Juments plus à l’aise pieds nus, ça ne dérape pas.
Les clogs sont beaucoup moins glissants que des fers. Quand aux Old Macs, ils tiennent super bien la route !
Quand on s’arrête quelques jours, les juments ne sont pas contraintes de garder leurs chaussures aux pieds.

Contraintes

Il faut chausser et déchausser, ce qui prend du temps. C’est assez vite fait avec les clogs, mais plus long quand il s’agit des Old Macs !
Surveillance très attentive des pieds avant chaque départ (on chausse ou on ne chausse pas ?)
et après chaque arrivée, surtout si on a laissé pieds nus (il ne faudrait pas qu’un petit caillou soit resté coincé quelque part !)

Conclusion

Ça vaut vraiment la peine, à notre avis. Après pratiquement 1300 km, nous n’envisageons plus du tout de faire ferrer. Je soupçonne même que ça va être possible de marcher pieds nus davantage que nous ne l’avons pratiqué jusque là.
Nous n’en concluons pas forcément que tous les chevaux peuvent être attelés pieds nus. Ce ne serait peut-être pas possible avec des chevaux ayant une corne plus fragile que celle des nôtres. D’autre part, au moins pour Noé, le « pieds nus » intégral est totalement inenvisageable. Néanmoins, en choisissant de bonnes hipposandales bien réglées, nous pensons qu’il est envisageable de se passer de fers dans la majorité des cas. À condition d’accepter le temps passé à chausser et déchausser ! Il nous semble à nous que le jeu en vaut la chandelle. D’autant plus que la ferrure n’est pas sans poser un certain nombre de problèmes, surtout quand il faut la renouveler souvent (ce qui serait le cas dans un périple comme le nôtre) et qu’on ne sait plus où planter les clous !
Nous attendrons la fin de l’aventure pour présenter le bilan financier, mais à priori, il ne semble pas que cela revienne plus cher que la ferrure, surtout si on ne ferre pas soi-même.

Anne, 28 Avril 2015

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