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Tétiguienne et Palsambleu, chapitre deuxième. 16/02/2015

Il était une fois et une fois il n’était pas (ceci pour conjurer le mauvais sort)

Je vous avais bien prévenu que notre voyage devenait un vrai conte de fées ! Vous vous souvenez ?
Si vous avez un trou de mémoire, vous pouvez toujours relire le

CHAPITRE PREMIER

de « tétiguienne et palsambleu » qui se terminait par quelque chose comme... la suite au prochain numéro.
Évidemment, elle n’a pas voulu lâcher le morceau, la Carabosse. Bien trop fière et entêtée pour ça !
Elle a dû oublier ce que signifie le surnom que nous nous sommes choisis : TÊTES DE MULET
Quand le divorce a été consommé, entre les mulets et nous, nous avions décidé de conserver ce titre royal. Désormais, les têtes de mulet, ce serait nous-mêmes. Na !
En tout état de cause, si la Carabosse s’imagine que nous céderons, elle se trompe. Ou alors, il faudra qu’elle nous expédie au cimetière. Espérons donc qu’elle n’ira pas jusqu’à cette extrémité. Espérons à tout le moins que la bonne fée Neyrelle restera en mesure de contrecarrer ce sinistre projet.
Je ne saurais nullement vous décrire l’aspect physique de ces deux magiques personnalités : elles sont douées d’invisibilité à nos minables yeux d’humains. Peut-être, après tout, ne ressemblent-elles pas du tout à ce que nous pouvons imaginer. Peut-être Carabosse est-elle dotée de la lumineuse beauté d’un Lucifer, et peut-être Neyrelle ressemble-t-elle un un hippopotame. Mais après tout, qu’existe-t-il de plus admirable, au regard d’un monsieur hippopotame, que la grâce dodue d’une madame hippopotame ?

Donc, après le grain de folie qui avait embarbelé nos juments, nous voici repartis. Pour une étape. Pas plus.

Car il était une fois, donc, une acariâtre Carabosse, tout à fait décidée à ne pas lâcher le morceau.

TÉTIGUIENNE ! hurla-t-elle. Tant que vous vous acharnerez, je m’acharnerai aussi !!!
Voici au petit matin notre pauvre Noé raide comme un piquet, incapable de poser un pied devant l’autre. Au secours, Monsieur le vétérinaire !
Fourbure ! Celle-ci, Carabosse n’avait pas eu grand peine à l’inventer. Quatre semaines de convalescence et de farniente dans une immense prairie où le trèfle abondait... C’était sans doute fatal que le mal arrivât ! Voici donc notre Noé condamnée à la diète, ou plus exactement au foin sec. Et la pauvre Océane aussi, par la même occasion, puisqu’il est impossible de séparer ces deux frangines-là. Mais où trouver un endroit adéquat pour empêcher les deux belles de se gaver d’herbe verte ?

HEUREUSEMENT, il était une fois aussi la vigilante fée Neyrelle qui ne s’en laissait pas conter. Elle plaça sur notre chemin Raph et Flo. Ces deux-là possédaient un morceau de prairie bien rasé, tout clôturé, et par-dessus le marché un hangar plein de foin. Une semaine à ce régime-là, plus quelques anti-inflammatoires, et nous voilà repartis.

CORNEGIDOUILLE ! Mais elles ont donc le diable au corps, ces Têtes de Mulet-là, vociféra la Carabosse. On va voir ce qu’on va voir ! Je n’ai pas dit mon dernier mot !
Le temps pour elle de fomenter son prochain vilain tour, nous avons quand même réussi à avancer de quatre étapes !!! On passera sous silence une tentative avortée : petite fugue des juments, vite arrêtée par un brave homme qui les a ramenées saines et sauves au bercail au bout d’une heure à peine. Mais à la cinquième, ah ! Elle ne s’est pas loupée, la sorcière ! Un faux pas de Noé et... une belle déchirure musculaire, au niveau de l’épaule. Rien d’autre à faire que d’attendre la cicatrisation du muscle endommagé. En aidant un peu avec des emplâtres d’argile. Trois semaines d’arrêt.

HEUREUSEMENT... Quoi, heureusement ? La pauvre Neyrelle n’avait pas grand chose d’autre à faire que de nous donner la force de supporter patiemment cette nouvelle épreuve. C’est pour nous y aider, sans doute, nous nous sommes laissés chouchouter, bichonner, gâter, choyer, par Annie, Fanny et son mari, Michel et Madeleine, Pierre et Stéphanie, et surtout Daniel et Ariane.
Et c’est reparti ! Nous n’osons pas penser à la prochaine perfidie que rumine la Carabosse en maugréant dans son antre.

CRISTI DE SAPRISTI ! Que va-t-il donc falloir que j’invente pour les arrêter ? se grommela pour elle-même la sombre Carabosse. Quatre étapes encore avant ne jaillisse de son crâne infâme la plus horrible idée qu’elle eût encore jamais eue.

Patatras ! Les deux juments par terre !

HEUREUSEMENT, Neyrelle, soupçonneuse, n’était pas loin. Elle veilla scrupuleusement à ce que l’accident demeure plus spectaculaire que grave. Nous nous en tirâmes avec une trouille terrible, une paire de guides cassées, et deux juments tout à fait indemnes !

PALSAMBLEU ! jura Carabosse. Ils vont comprendre de quel bois je me chauffe. Et comme si c’était sur Noé et sur elle seule qu’elle voulait assouvir sa soif de méchanceté, elle lança contre son sabot de devant et de droite un maléfice redoutable.
Pauvre Noé. Immobile. L’œil tristounet. Incapable de poser le pied par terre. Vétérinaire perplexe, qui avoua n’y rien comprendre. Mais en profita pour soutirer une somme rondelette de notre porte-monnaie.

HEUREUSEMENT, notre ange gardien, la douce Neyrelle, intervint une fois encore. Ah ! Neyrelle ! Neyrelle ! Aussi persévérante que Carabosse. Que ne te devons-nous pas ! Nous devions prendre le camion pour l’Italie, et nous ne savions plus que faire. Partir quand même ? Rester jusqu’à la guérison du pied ? Mais tout d’abord, que lui arrivait-il donc à ce pied, si même un vétérinaire n’y comprenait rien ? Bah ! Neyrelle avait bien deviné que dans un cas pareil, c’était un maréchal ferrant qu’il fallait nous envoyer. Celui-ci, Stéphane, nous tomba dessus tout à fait par hasard, sans que nous ayons un instant songé à l’appeler. (Par hasard ? Faut-il encore croire au hasard ?) Il diagnostiqua un abcès, ouvrit le sabot, et le pus gicla aussitôt.

Une heure plus tard, Noé marchait sans boiter. Stéphane soutint que d’ici une dizaine de jours, Noé pourra être ré-attelée, à condition de la bien soigner : bains de pieds à l’eau de javel, deux fois par jour.

En attendant, nous ne songions plus qu’au passage motorisé à travers les Alpes. Incroyable ! Tout se passa bien ! Sur ce coup là, Carabosse a manqué d’imagination. Ou bien, elle était occupée ailleurs, va savoir...
Nous avions espéré qu’elle ne franchirait point les Alpes. Mais les fées, bonnes ou mauvaises, sont-elles censées respecter les frontières ?

Noé semblait pourtant aller mieux lorsque nous avons dû quitter Susa.

HÉ ! HÉ ! HÉ ! HÉ ! HÉ ! avait ricané Carabosse. VENTRE-SAINT-GRIS, vous allez enfin comprendre dans quel acier je suis coulée !
Et elle nous expédia illico un employé municipal, qui nous fit remarquer que notre petit séjour ici avait assez duré, et que notre présence devenait indésirable.
Pauvre Noé. Trois étapes de douleur atroce ! Impossible de dénicher un endroit où s’arrêter plus d’une nuit. Pardon, Noé ! Pardon, Noé, de te faire souffrir ainsi.

HEUREUSEMENT, Neyrelle possédait elle aussi plus d’une malice dans son sac à magie. Elle aussi connaissait l’art d’influencer les actes des humains. C’est ainsi que par un habile tour de passe-passe, elle nous dénicha Carolina.
Carolina qui savait guérir les abcès, même les plus anciennement et profondément enracinés.

DIANTRE ! rugit Carabosse en furie. Je voudrais bien en finir une fois pour toutes. C’est pourquoi avec son art d’apprivoiser les bestioles microscopiques, elle insuffla quelques-unes d’entre elles à l’intérieur du corps de la malheureuse Noé. Mais pourquoi donc Carabosse s’acharnait-elle avec tant insistance sur cette jument-là ? Noé lui avait-elle autrefois joué quelque bonne farce, dont Carabosse cherchait à se venger cruellement ?
Fièvre, constipation, perte d’appétit, faiblesse généralisée...

HEUREUSEMENT, la Carolina, envoyée fort à propos par notre Neyrelle protectrice, se trouvait toujours là. Le vilain sort put ainsi se trouver contré. presque gratos. Pour tout juste le prix des médicaments.
Réhydratation

Perfusion

Achat de chaussures antidérapantes et amortissantes

Ouf ! Et regardez-moi ça : 13 étapes sans histoire. Vous avez bien lu : 13 ! N’était-ce pas trop beau pour durer ?

SAPERLIPOPETTE, maugréait Carabosse. Je suis à court d’idées. Tiens, tiens, tiens. Voici longtemps que je n’ai pas essayé de traficoter leur chère Kaplumbağa. Essayons donc. On ne sait jamais...
Et voici Kaplumbağa coincée juste à côté d’un rond-point à grande circulation. Freins bloqués. Impossible de la bouger.

HEUREUSEMENT, Neyrelle a trouvé le moyen d’agir très très vite, en la circonstance : route à grande circulation = danger mortel ! Moins de dix minutes plus tard, d’une façon qui ne peut vraiment provenir que de la magie, un mécanicien était à quatre pattes près de Kaplumbağa.

Et un gentil policier nous trouvait une halte de rêve, suffisante pour enrayer dans la foulée la petite bronchite que venait par-dessus le marché de déclarer Noé. Carabosse, encore ?

BIGRE-BOUGRE ! L’imaginaition venait à manquer à Carabosse jusque dans ses jurons. D’ailleurs, les Têtes de Mulet commençaient à sérieusement s’endurcir. Une malheureuse panne de frein ne devenait plus qu’un petit incident tout juste bon à les faire rire. Carabosse tenta pourtant de renouveler l’expérience. Kaplumbağa coincée une nouvelle fois. Cette fois, Anne arrêta les juments tandis qu’Oswald purgeait les freins. Mais il y avait là un mystère à résoudre. Deux fois de suite ? Quelque chose ne collait pas. La Carabosse devait encore receler derrière sa tête l’un de ses sournois maléfices.

HEUREUSEMENT, Neyrelle envoya à la rencontre des Têtes de Mulet un Pietro qui les invita à s’installer chez lui aussi longtemps que nécessaire. Ce Pietro connaissait un mécanicien qui vint examiner de très près l’affaire, changea la pièce défaillante, et refusa obstinément de délester la bourse des Têtes de Mulet du moindre petit Euro.

Bien fait, la Carabosse. Sur ce coup là, encore raté !

Quand on vous disait que notre voyage est un véritable conte de fées ! Vous nous croyez, maintenant ?

La suite demeure encore un mystère...

Anne, 16 Février 2015

2013-2017 Tête de Mulet
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