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Via Lombardia 7/02/2015

29 Janvier : Cergnago – Tromello 12 km

On s’apprête à partir, quand un couple vient nous offrir... du foin pour les juments. Un excellent foin de luzerne, ma foi. Toujours bon à prendre : on ne sait jamais ! Si on ne trouvait qu’une rizière à leur offrir...
Mais le paysage commence à varier.
Rizières encore, bien sûr, avec ces immenses cascine qui autrefois pouvaient faire vivre une vingtaine de familles et logeaient jusqu’à une centaine de mondine (les femmes qui travaillaient dans les rizières) Les cultures étaient variées, il y avait des vaches et des moutons, on faisait du fromage, on cultivait des potagers. Aujourd’hui, presque toujours, il ne reste plus dans chaque cascina qu’une seule famille.

Cependant, on traverse aussi de grandes plantations de peupliers, dont on apprendra qu’ils servent à la fabrication du papier.

Quelques parcelles de bosquets marécageux assez sauvages : ouf ! Ça fait du bien !

La route est minuscule, très peu de circulation, mais quand on croise une voiture, c’est plutôt acrobatique. Heureusement, les automobilistes sont extrêmement prudents. Ils nous voient de loin et s’arrêtent gentiment sur le très étroit bas-côté pour nous permettre de passer. Et des grands bonjours ! Et les telefoninos qui sortent des poches pour la photo ! Des « che bello ! » et des « complimenti ! » à n’en plus finir !

Nous avions plus ou moins décidé d’aller jusqu’à Borgo San Siro, mais quatre kilomètres plus tôt, à la sortie du bourg de Tromello, voici une femme qui nous arrête, nous abreuve de compliments, et pleure d’émotion. Une jeune fille vient se mêler à la conversation. Question : « Vous connaissez un pré, avec de l’eau à proximité, où nous pourrions passer la nuit ? »
« Chez moi ! Chez moi ! s’exclame la jeune fille. Elle téléphone aussitôt à son Papa. Qui arrive. Mais pour se rendre chez eux, il faut faire demi-tour, sur un pré plutôt chaotique, avec une remontée pas très facile. Les juments assument. Nous retraversons tout le village, en suivant la voiture.
Ainsi, nous sommes arrivés chez Mauro, Luisa, leur fille Elisa et leur fils Mattéo.

Sans oublier la maman de Mauro.

Quel chaleur ! Quel accueil fantastique ! Nous sommes invités à dîner « ospitalità é ospitalità ! » Luisa est une excellente cuisinière. Soupe de légumes du jardin. Et... Pas de pâtes ! Décidément, nous avons de la chance !

30 Janvier à Tromello

La dame qui nous a arrêtés hier, les larmes aux yeux, juste avant qu’Elisa ne nous offre l’hospitalité, se prénomme Tullia. Elle tenait à nous inviter à déjeuner chez elle. Donc ce matin, Mauro nous emmène en voiture faire quelques courses à Tromello.

Il en profite pour nous présenter le « municipio », c’est à dire la mairie : il a été pendant dix ans le maire de Tromello.

Et, surprise ! Il arrête sa voiture, nous demande de descendre, nous invite à pénétrer dans... L’atelier de couture d’Elisa. Eh oui, Elisa est couturière. Elle possède son petit atelier à Tromello, dans une maison héritée de sa grand-mère. Son domaine est vraiment séduisant, aménagé avec beaucoup de goût. Elisa est passionnée par son métier. Visite magique !

Puis Mauro nous laisse chez Tullia. Nouvelle magie... Tullia est illustratrice et peintre. Sa maison est donc aussi son lieu de travail. Dans la cuisine, la table est joliment dressée.

Les chaises ont été peintes par Tullia elle-même.

Oswald et moi aimons tous les deux beaucoup le style de Tullia. Femmes, arbres, oiseaux...

Et en plus, le déjeuner est excellent. Tullia parle anglais, nous pouvons donc échanger de façon plus approfondie qu’avec le seul Italien. Et décidément, les atomes crochus accrochent bien ! Le courant de sympathie est très fort. Nous effleurons même le spirituel. Tullia est bouddhiste.

Voici son splendide site

Tullia nous ramène chez Mauro et Luisa. Devinez donc ce qu’on fait de notre après-midi de repos ? Une promenade en voiture à cheval ! Eh oui ! Mauro est meneur, lui aussi. Il attelle à sa petite marathon ou à sa calèche un magnifique cheval entier Andalou « pura raza española », qui répond au très doux nom de « Quieto » (Tranquille). Son nom de naissance, inscrit sur les papiers (nous les avons vus), c’était « Dominante » ! (issu d’une jument nommée « Dominanta ») Lorsque « Dominante » est arrivé chez Mauro, il était doté d’un caractère explosif. Mauro l’a aussitôt rebaptisé « Quieto »... et a fait le nécessaire pour qu’il mérite son nouveau nom.
En tout cas, cet après-midi, le ciel est bleu, et c’est un vrai plaisir de se balader dans la marathon souple et confortable, au pas tranquille de Quieto, pour découvrir la campagne environnante.

Nous sommes cinq : Mauro, l’un de ses amis, Tullia, Oswald et moi. La discussion tourne autour de « est-ce que c’est normal de vivre en allant travailler huit heure par jour à l’usine ? » Tout ça dans une voiture à cheval très probablement fabriquée en Pologne (on n’a pas demandé, mais presque toutes les voitures de ce type sont fabriquées là-bas) par des ouvriers qui bossent huit heures par jour à l’usine (voire plus ?) Pour notre luxe, et même notre simple confort, nous avons besoin que d’autres moins chanceux bossent pour une bouchée de pain. On ne peut pas vivre sans électricité ??? Demandez donc ce qu’ils en pensent aux Nigériens qui se crèvent à extraire l’uranium qui fait tourner nos centrales nucléaires pour gagner de quoi ne pas mourir de faim !
Bref, nous nous éloignons du sujet... S’il vous agrée, allez donc lire ce qu’Oswald-le-sage raconte à ce propos. Ça s’appelle « du rêve et de la liberté »
Revenons donc au nôtre, de sujet, moins perturbant et plus agréable, n’est-ce-pas ? Après la campagne, un petit tour dans Tromello, puis retour à l’écurie !

Pour terminer la journée de façon très conviviale, nous soupons une nouvelle fois chez Mauro et Luisa, avec bien sûr Elisa et Mattéo. Tullia est invitée aussi.

31 Janvier : Tromello – San Biagio 13 km

Juste avant le départ, Mauro, qui possède un compresseur, regonfle nos six pneus. Qui en avaient bien besoin ! Et sa Mamma nous offre des œufs de ses poules. Miam !
Nous savons qu’il faudra passer un pont sur le Ticino. Nous n’avons pas trop le choix, il n’en existe qu’un entre Pavia et Vigevano. Donc, c’est celui-ci, si nous voulons éviter la ville.
À Borgo San Siro, on nous indique : « au carrefour qui croise la grande route, vous traversez, c’est tout droit ! Parvenus au carrefour, nous demeurons un instant perplexes. La route d’en face indique que la hauteur limite pour franchir le pont est de 2,70 m. La roulotte toise 2,80 m. Je suppose que la hauteur indiquée donne une petite marge de sécurité, mais tout de même... Oswald est très inquiet.
Un homme s’arrête à notre hauteur, nous dit que la route est impossible pour nous, qu’il faut faire un détour... qui nous rallonge de 8 km, sur la grande route ! Si on avait su, on aurait directement emprunté la grande route depuis Tromello, ça nous aurait gagné du temps.
Et pour comble, ce brave homme avait dû mal comprendre notre dilemme : le détour indiqué ne nous dispense pas du pont ! Ce qui fait que nous parcourons 8 km de grande route bien circulante, pour nous retrouver devant le même problème : ce pont : ça passe ou ça ne passe pas ? Nous croisons une voiture marquée « Polizia ». Nous l’arrêtons pour aller aux renseignements. Le vigile regarde la roulotte, grimace un peu, puis nous marmonne : « je pense que ça passe ».
À San Biagio, environ 4km avant le fameux pont, nous découvrons un déport, à gauche de la route, et une friche à droite, juste en face du déport, qui jouxte la station d’épuration. Nous décidons de nous arrêter et de remettre le problème du pont au lendemain.

À peine stationné, voici des gens qui s’arrêtent, ouvrent le coffre de leur voiture, et nous offrent... un panettone ! Leur coffre en est rempli. Avec un petit mot collé dessus : « offert par l’association des amis de San Biagio à l’occasion de la fête patronale. » Ils reviennent une heure plus tard, leur tournée de distribution terminée, pour nous en donner deux autres ! Ils avaient du rabiot. Oswald est aux anges : petit déjeuner garanti pour plusieurs jours !
Petit problème : l’eau. Les berges de la rivière sont trop encaissées pour que les juments y aient accès, et nous ne trouvons aucun endroit où descendre remplir le seau. Aux grands maux, les grands remèdes :

Film clique sur ce lienhttp://vimeo.com/118993856

19 h. Il fait nuit. Bien évidemment : Polizia ! Et là, bonne rigolade ! On ne nous l’avait pas encore faite, celle-là ! Bon O.K. Les vigili ont une excuse. Il fait nuit noire. Mais quand même ! Après un joyeux « buona sera ! » les voilà qui tournicotent autour de notre bizarre véhicule éclairé par les phares de leur voiture, l’air perplexe, et me demandent le plus sérieusement du monde : « Mais où est le moteur ? » Je retiens le fou rire qui me monte à la gorge, de crainte de les vexer, et je leur désigne, le plus sérieusement du monde, la friche d’en face : « là, de l’autre côté de la strada ». Comme ils me dévisagent, dubitatifs, je prends la peine de leur expliquer : « ce sont deux juments. » Là, l’un des deux blêmit : « mais c’est la pleine campagne ! » Effectivement : nous nous désormais à l’intérieur du « parco naturale de la valle del Ticino ». Les rizières ont fait place aux roseaux, prêles, et bosquets marécageux.

Je rassure les deux vigili en leur disant qu’on a une clôture électrifiée. « À vous ? » me demandent-ils. « À nous ! » réponds-je.
Bien entendu, ils me demandent les « documenti », et me précisent gentiment que je peux rester au chaud dans la roulotte le temps qu’ils les examinent. (Température : - 2°)
Lorsque ces messieurs me rendent les passeports, j’en profitent pour leur demander s’il pensent qu’on peut franchir le pont. Ils font la grimace, jaugent la hauteur de Kaplumbağa, se concertent, et finissent par estimer que non. J’évite de leur parler du collègue croisé qui estimait le contraire.
Ils finissent par nous quitter avec une cordiale poignée de main, et un chaleureux : « complimenti ».
Que faire ? Nous décidons d’aller jusqu’au pont. Il ne se trouve qu’à 3 ou 4 km d’ici. Si ça ne passe pas, on fait demi-tour, et on reprend la route de Vigevano, pour franchir là-bas le Ticino. 3 ou 4 jours de marche en supplément. Si ça passe, ça nous évitera ce grand détour.

1er Février : San Biagio – Bereguardo 8,5 km

Ah ! Ah ! Vous êtes bien curieux de savoir ce qu’il en a été, de ce fameux pont ! Eh bien... Il valait bien un article à lui tout seul. Donc, rendez-vous dans l’article intitulé « le pont épique ».

À Bereguardo, 3 km après le pont, je reluque un emplacement possible. Je trouve que ça suffit amplement pour aujourd’hui, les émotions. Nous nous arrêtons au bord du terrain visé, où l’herbe est assez rase, mais tant pis, et tiens donc ! nous tombons pile sur la propriétaire du dit terrain, qui nous permet de nous y installer.
Nous voyons arriver Luisa et Elisa avec... les quatre chaussures d’Océane, que nous avions oubliées chez elles ! Comme Océane a marché pieds nus, on ne s’en était pas aperçu !!!
Comment est-ce possible, une étourderie aussi énorme ????
Et en parlant de chaussures : à l’arrivée, il manquait celle de l’antérieur droit de Noé ! Ma faute ! Noé allant mieux, nous avions décidé de lui remettre les clogs, beaucoup plus rapides à chausser que les super Old Mac’s. Des beaux clogs tout neufs. On avait passé du temps à les ajuster aux pieds de Noé, mais je savais qu’il faudrait re-régler les courroies au bout de deux ou trois utilisations. Et ce matin, comme je les trouvais un peu trop faciles à chausser, j’avais dit à Oswald : « il faudra penser à resserrer les courroies en arrivant » Ben c’était avant de partir qu’il aurait fallu le faire ! Flemmarde ! Balluche ! Triple andouille ! Où l’a-t-elle perdu, la Noé, ce fichu clog ? Sur le pont ? Et comment on a fait pour ne pas s’en apercevoir ? Trop obnubilés par le pont pour penser à autre chose ! Oswald réquisitionne une voiture. Et revient... avec le clog ! Intact ! Ouf ! Un kilomètre avant de franchir le pont, qu’il avait glissé du pied de Noé !
Le policier qui vient aux nouvelles (on commence à prendre l’habitude !) le fait plus par curiosité que par obligation : il est lui-même camping-cariste. Il est très intrigué par notre aventure et se demande pourquoi nous avons choisi un mode de voyage aussi compliqué. Il est ravi quand on l’invite à visiter notre petit nid douillet, et très surpris de la chaleur qui règne à l’intérieur. Et dites donc, il ne nous a même pas demandé les « documenti » !

3 Février : Bereguardo – Certosa di Pavia 14 km

Quelque chose doit gêner Noé, mais quoi ? Elle tire sans cesse sur le mors, tourne la tête, se couvre de sueur. Je ne détecte pourtant rien d’anormal. On s’arrête, je desserre d’un cran la gourmette, des fois que... Ça ne change rien. A-t-elle mal dans la bouche ? C’est la première fois qu’elle se comporte de cette étrange façon. Elle m’épuise, mon dos en prend un coup. Et ça enquiquine Océane par-dessus le marché !
Mais voici un village où ce n’est pas la peine d’essayer de passer la nuit !

Pour comble, il faut qu’on se farcisse deux kilomètres sur la grande route Milano – Pavia ! Pas moyen de l’éviter. Ouh là là ! Les automobilistes n’y sont pas gentils du tout ! Ils nous doublent en rasant la roulotte et les juments. Heureusement, c’est Océane qui est attelée à gauche. Si ça avait été Noé, avec le fil à retordre qu’elle me donne aujourd’hui, je n’ose pas imaginer ce que ça aurait pu donner !
Oswald avait visé sur la carte le beau carré bien vert du campo sportivo. Ouais ben sauf que le campo sportivo est entièrement clôturé, et que le long du parking, c’est encore une rizière. Pauvres juments ! Ça ne me plaît pas beaucoup, mais bon, puisqu’on est là...
On installe les juments.

Polizia. Un jeune vigile, un peu paumé par la nouveauté de la situation. Il se sent obligé de téléphoner à la police routière pour demander si un véhicule hippomobile a bien le droit de circuler sur les routes italiennes. Puis il téléphone au propriétaire de la rizière, qui ne voit aucun inconvénient à ce qu’on reste là pour une nuit. Ouf ! Je suis épuisée, je ne me voyais vraiment pas ré-atteler !

Et voici quand même une photo de la Certosa, la Chartreuse de Pavie, en bon français. C’est un immense monastère construit entre 1396 et 1473, le plus important monument du gothique tardif en Italie. Il a d’abord abrité des moines Chartreux, d’où le nom « Certosa », qui signifie « Chartreuse ».

Pour les fans d’architecture qui voudraient en savoir plus, vous pouvez demander à l’ami Google : on y trouve des tas de détails intéressants.

4 Février : Certosa di Pavia - Liconasco 12,5 km

Nous passons avec les juments devant la fameuse Certosa.

Nous avons décidé de nous arrêter dès qu’on trouverait un endroit adéquat, même si on a fait peu de kilomètres. Et justement, ici, à Zeccone, voici une prairie communale, flanquée d’un immense parking quasi désert. Tentant ! On dételle, Oswald monte la clôture pendant que je dégarnis les juments. On lâche les demoiselles dans une herbe bien verte et bien juteuse. Elles sont ravies.

Notre idée, c’est de casser la croûte, et d’aller à la mairie dès l’ouverture pour demander une autorisation en bonne et due forme. Pas le temps. Arrive un flic. Un vrai, un dur, un bien méchant ! Qui nous hurle dessus ! « Qui vous a donné la permission ? C’est communal, ici ! C’est à nous ! Ça ne vous appartient pas ! » Oh là là ! Il va s’étrangler, le pauvre, à crier comme ça ! J’essaie mon plus beau sourire, je lui explique que les juments sont fatiguées et nous aussi. Que nous allons aller à la mairie demander la permission pour une seule nuit. Nom d’une pipe ! Il va nous faire une crise d’apoplexie ! « Pas de nomades ici ! » Je sais qu’il ne faut pas répondre à un flic en colère. Mais j’ose quand même lui faire remarquer que la courtoisie n’a jamais tué personne. Il se calme un tout petit peu. Je lui demande doucement si on a le droit de manger avant de repartir. Il me toise de toute sa hauteur, et accepte avec toute la condescendance dont il est capable. Je le remercie pour l’hospitalité de la bonne ville de Zeccone, et pour tout réponse, il répète qu’il nous accorde une heure pour déguerpir.
Bon.
On démonte la clôture, on garnit les juments. Un homme s’arrête pour les admirer. Je lui dis que c’est peut-être beau, mais qu’on n’a pas le permission de rester là. Aussitôt, Ruggero nous propose de venir chez lui, à 6 km d’ici. Ça nous embête un peu, parce que c’est un retour en arrière. Mais puisqu’il nous assure qu’on pourra rester quelques jours si on veut... on accepte. D’ailleurs, on n’aime pas refuser les invitations. Elles sont toujours l’occasion de rencontres passionnantes. De plus, la météo n’annonce rien de bon pour les jours à venir. Et rouler sous la pluie... bof !
Nous voici donc dans un petit hameau nommé Liconasco, chez Ruggero,

Où flotte la bannière vénitienne, puisque Ruggero est Vénitien !

Et voici que ce n’est pas la pluie, mais la neige qui s’en mêle !
Et ça tombe, et ça tombe !

Pendant que Kaplumbağa frissonne

Les juments se gavent de foin

Et Altaï s’éclate !

Et nous ? Que faire d’autre que rester au chaud, et écrire ?

6 Février

Eh bien, aller se promener à Milano ! Luciano est venu tout exprès de Fiano ( 2h30 de route !) pour nous faire visiter le duomo de Milano. Inconcevable que nous passions dans le secteur sans voir ÇA ! Bien entendu, c’est impossible avec la roulotte. Il fallait trouver un endroit où nos deux coquines restent en sécurité, et sans aucune possibilité de fuguer !!! C’est chose faite à Liconasco.
Donc si la visite de Milano par procuration vous intéresse, vous la trouverez dans l’article :
« la ville du milieu »

En revenant de Milano, nous avons retrouvé Océane et Noé à l’abri sous un échafaudage bâché, avec une énorme brassée de foin ! Voilà à quoi s’est occupé Ruggero pendant que nous, on se promenait tranquillement ! Grazie, grazie, Ruggero, grazie !

Quelques remarques

  • C’est curieux, en général, en passant d’une langue à l’autre, on reconnaît les noms des pays et de leurs habitants. Même s’il existe des différences, ça a quand même un petit air de famille. Italien, Italian, Italiano, Italienisch. Français, French, Francese, Fransösisch. Anglais, English, Inglese, Engländer. Mais pour les Allemands, c’est une autre paire de manche : vous trouvez une ressemblance, vous entre Allemand, German, Tedesco, et Deutsch ?
  • La campagne Italienne, c’est vraiment pas propre ! Tout le long des routes, des déchets. Partout ! Partout ! Remarquez, ce n’était guère mieux en France dans les années 70 ! Ce n’est pourtant pas faute de poubelle, ni faute de panneaux d’interdiction de jeter des ordures sous peine d’amende. Pas vu pas pris. On pourrait à la rigueur comprendre le paquet de cigarettes ou de petits gâteaux vides jetés par la fenêtre de la voiture (inconscience ou manque d’éducation ?) mais il y a manifestement des gens qui vont carrément jeter toutes leurs ordures dans les fossés. La déchetterie la plus proche doit être trop loin ? Bref...

Il existe tout de même un bourg italien (on n’a pas su nous dire lequel) où quelqu’un a eu, paraît-il, une idée de génie. Dans ce bourg, un feu tricolore (semaforo). Quand le feu était rouge, des petits malins en profitaient pour ouvrir leur fenêtre et jeter qui son cendrier, qui son paquet de tabac vide, qui carrément sa poubelle. La trouvaille lumineuse du quelqu’un en question a été d’accrocher au semaforo un grand sac poubelle en hauteur, façon panier de basket-ball. Avec un panneau : « voyons si vous êtes assez adroit pour parvenir à y jeter vos déchets » Et ça a marché !!!!
Bof... pas longtemps : ça a si bien marché que les gens s’arrêtaient... au feu vert pour tester leur adresse ! La municipalité a jugé préférable de ne pas continuer l’expérience.

  • Le massacre à Charlie Hebdo a été beaucoup commenté en Italie. Je vous traduis ici un extrait d’un article paru dans la Stampa, parce que nous l’avons beaucoup apprécié : « La satire n’est pas un blasphème parce qu’elle ne s’occupe pas de l’absolu mais du relatif. Pas de la spiritualité mais de l’humanité. La satire ne manque pas de respect à Dieu, mais aux hommes qui utilisent Dieu pour dominer les autres hommes. Charlie Hebdo ne s’insurge pas contre le Prophète, mais contre la stupidité de l’Islamisme intégriste. Il n’attaque pas Mahomet mais un groupe de fanatiques superstitieux et ignorants qui en son nom interdisent l’école aux femmes et condamnent les hommes qui fument ou qui boivent. »
  • Mattéo, le fils de Mauro, est représentant en semences de maïs « non transgénique », précise-t-il, les OGM étant interdits de séjour en Italie. Il nous explique que son métier est assez difficile, ici, en pleine région rizicole, à cause de la PAC. On donne des subventions aux agriculteurs pour qu’ils pratiquent un assolement riz-maïs-soja. Mais on leur donne des subventions encore plus importantes pour qu’il pratiquent la riziculture en monoculture ! Devinez ce qui se passe ? Mauro déplore que le paysage agricole, encore assez varié il y a une vingtaine d’année, se soit transformé très rapidement en une immense plaine à riz. Les vaches ont pratiquement disparu des cascine (un seul élevage survivant sur la commune de Tromello)
  • Depuis le début de notre voyage, on a vu quelques panneaux prévenant de faire attention au chien assez rigolos et originaux, mais celui-ci ne manque pas de piquant. Encadrant l’image d’une tête de chien, le texte suivant (je traduis) : « Y a-t-il une vie après la mort ? Si tu franchis cette barrière, tu le sauras ! »

En France, on avait vu une fois « Je suis gentil, je ne mord pas, vous êtes les bienvenus »

  • Dans certaines voitures, on trouve une petite caméra qui filme tous les trajets effectués. En cas d’accident, le film peut servir à prouver qui était en tort. Donc, celui qui possède ce genre de caméra paye son assurance moins cher.
  • Nous avons vu de nos propres yeux un type dégager la neige accumulée devant la porte de sa maison et la jeter... au beau milieu de la route, là où le chasse-neige venait de passer ! On a cru avoir vu un gars à l’esprit un peu dérangé, mais on nous a affirmé que non. C’est une pratique courante. Les gens dégagent leur entrée en balançant la neige sur la route. Le chasse-neige passe et repousse la neige devant les maisons, les gens recommencent leur petit manège, le chasse-neige repasse, etc... etc... jusqu’à ce que la neige ait fondu toute seule. Ils sont fous ces Italiens ! Proverbe : « Il existe deux travaux inutiles : tuer un homme (il finira par mourir tout seul) et enlever la neige (elle finira par fondre toute seule) »

Anne
7 Février 2015

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