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Altaï : "Viva Italia !" 28/01/2015

Vous savez quoi ? L’Italie, ça me plaît bien ! Eh oui, mes Humains se sont fait engueuler parce que j’étais attaché à la remorque. Un vétérinaire a même appelé la police pour signaler qu’on me torturait ! Une jolie policière est venue expliquer à mes Humains qu’ici, en Italie, on n’a pas le droit d’attacher les chiens, et que je devrai voyager en courant librement, ou alors confortablement installé dans la roulotte. Librement, mes Humains ont trop peur que je me fasse encore butter par une voiture. Ouais, ça m’est déjà arrivé une fois, et j’ai eu vraiment très très mal. Depuis, je fais vachement attention, mais Eux, ils ont la trouille quand même !

C’est pas que ça me déplaisait de marcher sous la remorque, mais quand même, la roulotte, c’est un peu plus confortable. J’y monte sans me faire prier, je vous assure. Une fois, mon Humaine avait même laissé à ma disposition (du moins je le croyais) quelque chose qui était bien meilleur à déguster que mes sempiternelles croquettes. Juste là, par terre, dans un panier, à portée de truffe. Ben à la tête qu’elle a fait quand elle a vu le panier vide, je crois bien que c’était pas vraiment exprès pour moi, qu’elle avait laissé ça là.

Et puis j’ai trouvé un truc encore beaucoup mieux. Pendant que mes Humains étaient là, devant, en train de s’occuper des copines qui tirent la roulotte, j’ai reniflé leur odeur, là-haut... J’ai sauté sur Leur lit, juste comme ça, pour voir un peu et renifler. Alors là, je vous dis pas ! Douillet et confortable ! Ça amortit les secousses, c’est tout chaud, ça sent bon Leur odeur... Le bonheur total !
Et zut ! Ça n’a pas eu l’air de leur plaire, quand Ils se sont aperçus de ça ! Vous savez ce qu’ils font, maintenant ? Ils m’attachent ! Oui, Ils m’attachent à l’intérieur de la roulotte. Ils s’en fichent, que ce soit interdit, en Italie, d’attacher les chiens ! Pas vu, pas pris ! Au secours ! Évidemment, les gens qui nous doublent ou qui nous croisent ne peuvent pas deviner qu’il y a un martyre à l’intérieur ! Je me plaindrai à la SPA, moi ! Eh ! Vous ! Les Italiens qui lisez ces lignes ! Vous comprenez le français ? Vous pouvez pas appeler la police ???

Bon, j’exagère un peu. C’est seulement à peu près deux heures une fois tous les deux jours qu’on roule, en ce moment. Et avec mes Humains, je fais toujours des grandes balades dans la nature. Faut pas exagérer, quand même.

Et puis je crois qu’Ils commencent à me faire un peu plus confiance, rapport au danger des voitures. En tout cas, sur les petites routes, Ils me laissent courir à côté de la roulotte. Alors là, je m’éclate. Quand les copines trottent (eh oui, ça leur arrive !) je cours comme un fou ! Super ! Et si ça m’arrive de poser une patte sur le goudron, il suffit que mon Humain crie « Seite ! » (si c’est mon Humaine, Elle crie « à côté ! », mais je comprend aussi bien l’un que l’autre, qu’est-ce que vous croyez ? Je suis un chien bilingue, moi, ah mais...) donc, disais-je, il suffit que mon Humain crie « Seite ! » pour que je me range immédiatement sur le bas-côté.

Seulement, je crois bien qu’Ils vont me tester longtemps sur les petites routes avant de prendre le risque de me laisser courir sur les grandes, où parfois, les voitures roulent vraiment très vite.

Ah ! Faut quand même que je vous en raconte aussi une bien bonne ! Une fois, au milieu de la nuit, une voiture noire avec un truc bleu très lumineux qui clignote fort sur le toit s’arrête tout près de la roulotte. Moi j’ouvre un œil, quand même. J’avais pas envie de dormir sous la roulotte, alors j’étais roulé en boule par terre, à côté. Deux humains sont descendus de la voiture. C’est des humains bizarres, on en a déjà vu plusieurs fois des comme ça. C’est toujours des mâles, et ils sont toujours habillés de la même façon, ils vont toujours par deux . Jamais les mêmes, ça j’en suis sûr, ils n’ont pas la même odeur, mais toujours la même voiture et le même costume. D’habitude, quand cette sorte d’humains s’arrête près de la roulotte, ça se passe comme ça : ils prononcent un mot humain : « documenti ». Alors mon Humaine à moi grimpe dans la roulotte, en redescend avec deux espèces de petits carnets à la main, les tend aux humains bizarres. Il y en a un qui les prend et qui les regarde très longtemps, pendant que mes Humains discutent avec l’autre. Après quoi, ils se disent cordialement au revoir, et la voiture noire disparaît.
Mais cette nuit-là, les humains bizarres ont appelé les miens, d’Humains, tout en restant à bonne distance de moi. Y’en a un qu’avait la trouille, je le sentais bien. Ça a une odeur spéciale, un humain qu’a la trouille. Mon Humain est sorti de la roulotte à moitié endormi et tout dépenaillé. Et là, ça ne s’est pas passé comme d’habitude. Au lieu de dire « documenti », les drôles d’humains ont demandé pourquoi je n’avais pas de couverture pour dormir dessus ! Mon Humain a répondu que j’en avais eu une, mais que je l’avais bouffée. Ce qui est vrai. C’est la troisième couverture que je déchiquette depuis le début du voyage. Tous les soirs, mon Humaine la pliait soigneusement en quatre, pour faire une bonne épaisseur, et la posait sous la roulotte. Et moi, dès qu’Elle avait le dos tourné, je la tirais dehors, et je la grignotais. Ça, c’est vachement agréable. Ça crisse un peu sous la dent, ça fait des petits morceaux partout, c’est un super jeu. Alors mon Humaine, vous comprenez, elle pliait consciencieusement une couverture chaque soir un peu plus petite et un peu plus trouée. Et à un moment donné, plus de couverture ! Mon Humain l’a jetée, parce que ça ne valait vraiment plus la peine de la garder. Remarquez, ça m’arrivait quand même de dormir dessus, hein ! C’était pas toujours pour rien que mon Humaine s’échinait tous les soirs à me préparer un beau matelas. En tout cas, depuis quelques jours, de couverture, j’en avais plus, parce que mes Humains n’en avaient pas encore retrouvé une nouvelle. Voilà pourquoi je dormais à même le sol, cette nuit-là. Bon, dites donc, mon père est un berger d’Anatolie, quand même. Et là-bas, en Anatolie, d’après ce que m’a expliqué mon Humaine, il fait drôlement plus froid qu’ici. Et les chiens couchent dehors quand même. C’est en me racontant ça qu’Elle m’a expliqué très sérieusement que tant pis pour moi, je devrai me passer de couverture jusqu’à ce qu’on en trouve une nouvelle. Vous parlez que je m’en fiche ! Pas besoin de couverture, moi !

En tout cas, les drôles d’humains n’ont pas insisté. Ils ont seulement demandé si j’étais méchant. Le pétochard a demandé : « est-ce qu’il mord ? » et mon Humain a répondu « oui, dans un salami ! » et il m’a détaché. Là, le drôle d’humain qu’avait la frousse est devenu blême. Alors je me suis approché de lui tout doucement, je lui ai léché la main, et je lui ai fait des gros câlins. Et là, j’ai senti l’odeur de peur disparaître d’un seul coup, et il a même demandé mon nom. Et vous savez comment l’histoire a fini ? Par des fous rires !!!

Altaï, traduit par Anne, 28 Janvier 2015

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