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Bébé Taureau 2/01/2015

Mardi 16 Décembre

Puisque nous voici coincés à Avigliana pour cause de Noé défaillante, nous en profitons pour aller passer une journée à Torino. En train. ½ heure pour aller à pied du centre équestre à la gare d’Avigliana, et ½ heure de train pour aller d’Avigliana à Torino.
Toro, en Italien, signifie Taureau. Torino : petit taureau ou bébé taureau. Alors pourquoi avoir traduit ce joli nom par « Turin », en Français, qui ne signifie rien du tout. On aurait pu lui conserver son nom Italien. Ou encore traduire par « Taurillon ». À la rigueur par « Taurin ». À vrai dire, le symbole de Torino n’a rien d’un mignon petit veau ! C’est un énorme taureau, à l’attitude bien combative !

L’origine de ce nom ? Lorsque les Romains, avec leur folie d’expansion, sont arrivés au pied des Alpes, ils y ont découvert des tribus Celtiques qui élevaient des bovins et se distrayaient en organisant des combats de taureaux. Loisir qui selon toute apparence a fasciné les Romains, qui ne manquaient pourtant pas d’imagination en matière de jeux spectaculaires !

Arrivée en gare. Les Italiens sont tout aussi tagueurs de trains que les Français. Peut-être même plus !

Dans le hall se dresse un immense sapin à vœux, criblé de morceaux de papiers réclamateurs. L’un d’eux, écriture enfantine, nous a pas mal bouleversés :
« VORREI SOLO STARE BENE CON LA MIA FAMIGLIA » (Je voudrais seulement être bien avec ma famille)

On commence par chercher l’office de tourisme, n’ayant aucune idée ni l’un ni l’autre de ce que peut bien être Torino. Les personnes à qui nous demandons savent toutes très exactement où ça se trouve ! Sauf que quand on arrive à l’endroit indiqué, on ne trouve jamais la chose ! Nouvelle demande : « Ah, non, c’est pas là, c’est là-bas ! » Nouvelle indication, toute aussi fausse ! Où c’est nous qu’on pige rien ??? Au bout de 20 minutes de stériles tournicotages, on abandonne. Laissons-nous donc guider par’ le hasard...
Au fil des rues, bien quadrillées à la Romaine, architectures assez variées.

On peut s’attarder sur les détails : ils foisonnent !

La surprise, au tournant, d’un joli marché.

Presque partout des arcades où l’on peut se promener à l’abri de la pluie ou du soleil, suivant la saison.

Une petite envie pressante ? Obligés de se payer un café pour la satisfaire !

Les bouches d’égout en pierre épatent Oswald, ainsi que les énormes dalles qui pavent les rues.

Et à force de passer devant d’appétissantes vitrines, c’est qu’on finirait par avoir faim !

Alors... On se paye un petit resto ? Pour une fois, ce n’est ni notre très débutant italien, ni l’anglais, ni le français qui nous sont utiles.
[ne parlons pas de l’allemand. La seule fois où ça nous a servi, c’était dans un kebab où le patron Turc, (oups, pardon, Kurde,) avait travaillé 3 ans clandestinement en Allemagne. Il avait fini par se faire épingler et jeter hors des frontières tudesques. (« Allemand » se dit « Tedesco », en Italien.) Il a réussi à obtenir l’asile politique en Italie, où il a ouvert, en toute légalité, son petit kebab.]
Ici, dans ce petit resto, la serveuse parle... espagnol. C’est donc en espagnol que nous conversons. Je me commande la pasta con pomodoro (tomate), et Oswald un risotto.

Après le déjeuner, nous déambulons tranquillement dans les rues, au hasard, puisqu’il n’y a rien d’autre à faire. Et soudain, ce monument gigantesque ! Une synagogue. Décidément, les hommes ont la folie de la grandiloquence quand il s’agit d’honorer leur Dieu ! Des Alpini, deux hommes et une femme, (l’équivalent de nos chasseurs Alpins) en uniforme, avec leur joli chapeau à plume d’aigle, montent la garde. Il faut croire que le risque d’attentat n’est pas nul !

Les Alpini, en Italie, sont des militaires pacifiques. Ils refusent de combattre. Ils ne tirent pas, ils protègent. Ce sont eux qui sont envoyés sur le terrain lors de catastrophes naturelles, par exemple.

Cette synagogue d’un style mauresque (un comble, par les temps qui courent...) a été inaugurée en 1884. Puis gravement endommagée en 1942 par des bombardements. (décorations, mobilier et archives détruits.) Reconstruction terminée en 1949.
Cette synagogue peut contenir 1400 personnes ! Au sous-sol, où il existe un four pour la cuisson de l’azyme, on a retrouvé en 1970 une petite synagogue utilisée au quotidien.

Alors là, c’est qui, cette statue gigantesque et grandiloquente ? Le Victor-Emmanuel... ! Celui qui a participé activement à l’unification de l’Italie. Il doit bien exister quelque part plus loin une statue de Garibaldi ! (Nous ne la découvrirons pas aujourd’hui. Plus tard, seulement, et de nuit, donc vous n’aurez pas droit à sa photo.)

Au fil de nos flâneries, nous découvrons que les tagueurs ne sévissent pas seulement sur les trains. Ça fait partie de la nouvelle culture urbaine.

Plus triste que les tags : les mendiants. Un barbu crado bien imbibé à moitié endormi. Il se secoue de temps à autre pour tendre sa sébile, et grommeler d’une voix pâteuse, incompréhensible. Un jeune homme avec un petit chien bien enveloppé dans une couverture (le chien, pas le type.) Devant eux, un panneau de carton : « abbiamo fame ». Une jeune femme (roumaine ?) air égaré-desespéré. Un homme dans la cinquantaine, qui s’est installé sur un épais matelas (un vrai !) et mendie allongé dessus ! Un drôle de type qui a déchiré son pantalon au niveau de la cuisse pour que l’on puisse bien voir l’horrible et profonde cicatrice qui la balafre. Un tout jeune homme hagard, l’air un peu drogué sur les bords...

Et nous ne pouvons pas nous balader dans Torino sans nous arrêter goûter un VRAI chocolat chaud dans une VRAIE cioccolatteria. Ambiance feutrée, musique retro (on a même droit à du Brassens en italien.)
Clientèle ? Deux dames âgées très très chic. Une étudiante, seule, très absorbée par son Mac. Deux jeunes garçons d’une vingtaine d’année, tout droit sortis d’un roman de Proust, qui sirotent un thé en discutant fort posément. Un homme seul, cheveux et barbe très longs, crayon de papier à la main, cahier posé sur la table (il note ou il dessine ?) regard fouineur.
Déco ? Au plafond, une grande rosace et des rinceaux végétaux. Des photos ambiance 1900. D’anciennes réclames françaises pour biscuits, thés et chocolats, sobrement encadrées. Une armoire-vitrine où s’expose toute une collection de services à thé.
Le chocolat est sublime.
Oswald prétend qu’il a bu le même, à Montpellier, en plein été, un jour où il avait oublié une tablette de chocolat dans sa voiture !!!
Moi, je sors mon carnet de notes !

Et voilà. Retour par le train. Paysage qui défile. Une photo pas trop mauvaise.

Dimanche 28 Décembre

Stationnés à Fiano, où nous sommes particulièrement cajolés et gâtés, nous avons rencontré un merveilleux Luciano. Après nous avoir invités à déjeuner chez lui (repas préparé par sa maman âgée de 88 ans, véritable cordon bleu !), il nous emmène visiter Torino de nuit. Luciano est un guide remarquablement intéressant, passionné par l’histoire de sa région, et particulièrement amoureux du bébé taureau !
« Sans l’Italie, Torino serait toujours Torino, mais sans Torino, l’Italie ne serait pas ce qu’elle est. » Car c’est à Torino qu’est née l’idée d’unification de l’Italie.
Et aussi : « Turin, c’est la petite Cendrillon de l’Italie. Les gens n’imaginent pas combien cette ville est belle. Même les Italiens. Florence, Venise, Milan, Rome... Voilà ce qu’on va visiter. Pourtant, en ce qui concerne l’architecture, c’est vraiment Turin qu’il faut voir. »
En allant à Torino, nous longeons une immense muraille de pierres. Elle entoure un petit parc de 14 km de long sur 10 km de large. Petite propriété de campagne et territoire de chasse des rois. Aujourd’hui intégrée dans le parc naturel régional la Mandria. On n’y pénètre qu’en montrant patte blanche, toute construction y est interdite, la nature y reprend ses droit. Excepté autour du château, où les jardins sont entretenus. Les bâtiments de ferme qui entourent le château sont gigantesques, car il fallait bien nourrir toute cette cour !
La température est bien frisquette (-3°), mais le ciel est clair, et nous sommes scotchés aux paroles de notre guide.
Voici un monument aux morts impressionnant, non éclairé, (photo difficile !) Pour une fois, ce ne sont pas les glorieux soldats tombés pour la patrie qui sont célébrés ici. Mais les hommes morts... en creusant le tunnel de Fréjus ! Ouvert en 1871, pour faire passer le chemin de fer. Ça devait être quelque chose ! Cette sombre sculpture a été édifiée sur l’emplacement où les Romains enterraient les gladiateurs, et où beaucoup plus tard avait été montée la guillotine. Autant dire un joyeux emplacement !

Heureusement, l’impression pesante est vite effacée par l’originalité des décorations de Noël, conçues par des artistes.

Toute une rue est illuminée par un... livre ? Si on prend la rue par un bout, et qu’on la longe en lisant les guirlandes, on a toute une histoire !

Et puis chacun décore sa devanture comme il l’entend !

Arcades de marbre

Le Mole, incontournable ! 167,5 m de hauteur. Symbole de Torino. Au départ, en 1863, ce devait être une synagogue. Puis il y a eu discorde avec l’architecte, donc arrêt des travaux. En 1873 la ville offre le terrain pour la construction de la nouvelle synagogue. En 1877, la ville de Torino s’est portée acquéreur, et les travaux ont repris.
Actuellement, il abrite le musée national du cinéma. La suite de Fibonacchi lumineuse grimpe sur son dôme depuis les jeux olympiques d’hiver de Turin.

La porte romaine, assez impressionnante, à l’esthétique bien romaine

Incontournable aussi, bien entendu, la cathédrale St Jean-Baptiste, écrin qui protège le fameux suaire de Turin. Les deux suaires, plutôt : le vrai, archi-protégé, et la copie conforme que l’on montre aux touristes.

Luciano nous promène de palazzio en palazzio ; celui roi, celui de Madame (la reine) et quelques autres monuments d’époques diverses.

Mais celui qui le fait hurler, c’est la nôtre, d’époque, qu’il représente ! Bureaux administratifs de la mairie de Torino, le XX ème siècle au beau milieu des bijoux du passé !

Lundi 29 Décembre

Luciano voulait nous montrer Torino de jour, mais c’est raté ! Il nous a d’abord emmené déjeuner dans une ex trattoria, rebaptisée récemment ristorante (ça fait plus chic), spécialisée dans la cuisine traditionnelle du Piémont. Une femme tient les rênes de la cuisine, héritière de sa mère qui cuisinait encore au feu de bois. Bien que le gaz ait remplacé le bois, l’excellence est au rendez-vous. MAIS !!! La cuisine Piemontaise, celle des jours de fêtes, comporte traditionnellement sept entrées ! D’abord froides et ensuite chaudes. Et nous n’y avons pas coupé ! Sans regret : c’était sublime ! Ici, entrée se dit « anti pasti ». Ce qui signifie « avant les pâtes ». Ce qui signifie qu’après les anti pasti, il y a les pâtes, et qu’après les pâtes, il y a encore le plat de résistance !!! Puis... le dessert. Bref, c’est bien dommage, mais nous avons jeté l’éponge après les pâtes ! Nous avons renoncé au plat de résistance pour pouvoir profiter un peu du dessert. Je sors du sujet « Torino », mais c’est qu’avec tout ça, nous sommes sortis de table à 15 h ! Après quoi, Luciano nous a emmené en repérage sur nos deux prochaines étapes. Ce qui fait que nous sommes arrivés à Torino au coucher du soleil. Magnifique, d’ailleurs ! Vue panoramique sur toute la chaîne des Alpes, teintée d’orange flamboyant et de rose. Devant nous, le Mont Viso, bien reconnaissable.

La belle ligne lumineuse toute droite que vous voyez là, c’est la voie qui s’en va vers la France. 14 km en ligne droite.

Lorsque nous arrivons en haut de la colline où se dresse l’orgueilleuse Superga, la nuit est tout à fait tombée. Un prince couard a envoyé ses soldats faire la guerre, tandis que lui-même se réfugiait en haut de cette colline pour surveiller (de très très loin) les manœuvres, et prier pour la victoire. Il avait promis à la vierge que s’il gagnait cette bataille, il lui ferait ériger une église magnifique. Il faut croire que la vierge avait quelque chose contre les ennemis, puisqu’elle a donné la victoire aux Italiens. Ou alors qu’elle a des goûts de luxe, et qu’elle voulait son église ! Eh bien, elle l’a eue !

Même qu’on s’est fait photographier devant !

Cependant, aujourd’hui, la plupart des visiteurs sont... des amateurs passionnés de football ! Ils viennent s’y recueillir en souvenir de l’avion transportant l’équipe de foot « TORINO » (concurrente de la « JUVENTUD ») qui est venu s’écraser contre Superga, le 4 Mai 1949. Pas de survivant.

Visite aussi d’une copie de château fort et d’un village médiéval construits à la fin du XIXème pour l’exposition universelle. Qui n’a jamais été démonté par la suite (même histoire que notre tour Eiffel)

On passe près des bâtiments de FIAT (Fabrique Italienne Automobile Turin) 2 millions de mètres carrés ! Impressionnant.

Allez, Bonne Année à tous !

Anne, 31 Décembre 2014

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