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Ain, deux, trois, ne partez pas ! 16/11/2014

Un petit clin d’œil, d’abord, à la grande brocante de Chalamont, qui a lieu tous les ans le 11 Novembre. C’est une date un peu risquée, en ce qui concerne la météo ! Cette année, chance ! La température est très douce, et il ne pleut pas !




On vous avait dit qu’on partait Jeudi ? Le 13 Novembre ? Eh ben c’est raté ! Mercredi après-midi, on apprend que le plateau qui devait transporter Kaplumbağa a un problème de roulement. Le départ est repoussé à Lundi prochain... Et devinez quoi ? Jeudi matin, Noé boite à ne plus pouvoir poser par terre son antérieur droit. Elle reste câpie dans le coin du pré, immobile.
Vétérinaire.
Perplexe.
Aucune enflure. Aucune réaction douloureuse quand on le manipule de l’épaule au bout du sabot.
Moue dubitative de la dame de l’art.
Anti-inflammatoires. Encore !!!
Le lendemain, aucune amélioration. Rechute du claquage à l’épaule ?
Samedi matin. Comme chaque fois qu’on a un problème, le miracle survient.
INCROYABLE !
Donc, ce samedi matin, 15 Novembre, mon p’tit ordi sous l’bras, je m’apprête à me rendre chez Manu et Marie dans l’espoir de trouver, via Google, un ostéopathe. Peut-être détecterait-il mieux ce dont il s’agit qu’un vétérinaire ?
Je sors de la roulotte. Une voiture est arrêtée près de la carrière où viennent travailler chevaux et cavaliers du coin. Oswald, qui a peur qu’il ne s’agisse d’un employé municipal chargé de couper l’eau (hiver oblige) se précipite vers lui pour lui demander de patienter encore un peu. Je les rejoins pour dire bonjour. Erreur. Ce monsieur est un maréchal ferrant. Il a rendez-vous ici avec une cavalière (il est également comportementaliste et s’occupe de la rééducation de chevaux difficiles ou traumatisés - ou difficiles parce que traumatisés.) On discute un peu, on parle de notre voyage, de nos problèmes, et de Noé qui boite. Oswald lui explique qu’on commence vraiment à se poser des questions à son sujet : c’est toujours par elle que les soucis commencent.
« Attendez, attendez, on va voir ça, » nous dit ce Stéphane. 
Il regarde marcher Noé. Pense aussitôt à un abcès du pied. Ah bon ? Rien, vu de l’extérieur, ne pouvais nous faire penser à ça. Stéphane manipule la jambe de Noé dans tous les sens.
« Aucun problème musculaire » assure-t-il.
Il commence à enlever de la corne sous le pied, ce qui précise son soupçon. La cavalière avec qui Stéphane avait rendez-vous arrive avec son grand cheval nommé... Rouge de Bourgogne ! (Si, si, c’est pas une blague !) Stéphane nous abandonne pour aller s’occuper d’elle. Il en a environ pour une heure. Il reviendra s’occuper de Noé ensuite.
Il revient, reprend le pied de Noé, taille un beau triangle dans le sabot, et ouvre un bel abcès chronique, qui ne parvenait pas à percer vers l’extérieur à cause de l’épaisseur de la sole. Deux cavités qui se vidaient l’une dans l’autre à tour de rôle. Stéphane dit que c’est plus ou moins douloureux, suivant la compression sur les tissus autour, avec des périodes de douleur aiguë, insupportable, comme ce qui arrive maintenant. Le pus se met à couler vers l’extérieur par le trou découvert. Il paraît que ça va rapidement la soulager (24 à 48 heures.) Mais attention ! Le trou peut se refermer trop vite, ce qui remplirait à nouveau la poche de pus. D’un autre côté, si on garde le trou ouvert artificiellement, c’est la porte ouverte pour de nouveaux germes... Bouh ! C’est compliqué !
En tout cas, tremper le pied deux fois par jour dans l’eau de javel.




Il s’agit d’un abcès ancien, nous explique-t-il, qui date d’au moins huit mois, voire un an (donc à priori d’avant l’achat des juments). Noé devait être très gênée, mais sans boiterie, et souffrir surtout dans les montées ! Ce qui explique ses glissades et dérapages qui nous ont valu la sciatique, la déchirure musculaire, et la dernière chute spectaculaire ! Tous ces problème liés à une cause profonde et ancienne jamais détectée, ni par nous, ni par le maréchal qui a vu les juments avant le départ, ni par les vétérinaires, ni par les ostéopathes. Et pourtant, on en a croisé, depuis le début !!! Mais pour découvrir ça, il fallait ouvrir le sabot, et pour penser à ouvrir le sabot, il fallait une grosse boiterie... Et un maréchal compétent ! Quand même, la véto ne voyant pas ce que Noé pouvait avoir, elle aurait au moins pu nous conseiller de voir un maréchal ! Stéphane nous explique pourquoi, mécaniquement, Noé déployait des efforts démesurés dans les montées : pour compenser sa souffrance. Brave et courageuse Noé ! Si pleine de bonne volonté ! Et dire qu’Oswald la traitait de bêta !!!!
Brrrr... Si la remorque du camion n’avait pas été en panne, nous serions partis jeudi matin et nous n’aurions pas rencontré Stéphane. Aurions- nous eu la chance, en Italie, de trouver la personne compétente ? En tout cas, étant donné que la douleur responsable de la boiterie est intermittente, on aurait très bien pu, la phase aiguë passée, réatteler encore comme ça un moment...
Déjà, au moment où j’écris ces lignes, Noé ne boite presque plus. Quel soulagement !
Donc si la remorque est réparée, nous partons en principe lundi matin vers l’Italie. À suivre...

En attendant, nous en profitons, le Vendredi, pour aller en car jusqu’à Bourg-en-Bresse. Je ne suis pas une grande visiteuse de ville, mais Oswald, lui, aime bien ça, marcher dans le bruit des voitures et l’odeur des pots d’échappement. Donc...

Monument aux morts monumental !

Et tiens, chose plus rare, ils en ont même un pour les soldats tombés en Algérie !

Déjeuner chez la Jeanne, petit resto très sympa, rustique, avec des poutres en bois magnifique !
Ensuite, la pluie ne nous incitant pas trop à la promenade en plein-air, nous allons voir une expo photo dont le titre et l’affiche nous alléchaient :
AU DÉLABREMENT DU MONDE : LA PHOTOGRAPHIE RECONNAISSANTE.
Tout un programme. Chance, nous arrivons pile à l’heure de la visite commentée, ce qui augmente fortement l’intérêt de la chose.
Photos de divers artistes. Les sujets ?
- Pustules humaines sur la nature. (Une moisissure qui se dissémine absolument partout !)
- Génocide Arménien, tout en suggestion, avec de très belles photo en noir et blanc. 
- Génocide au Rwanda (Les sujets photographiés sont les génocidaires et non les génocidés. Pris au moment de leur procès, avec leurs aveux horriblement humains inscrits à côté de leur photo. Impressionnant !)
- Cambodge... Les khmers rouges.
- La chasse, en France... !!!
- Les laissés-pour-compte, en Colombie. Bouleversant.
- Le Liban, avec des photos sur puzzles où il reste des trous... Trous qui représentent l’histoire « à trous » du Liban, et la mémoire « à trous » des malades Alzheimer que l’artiste a rencontrés pour les faire parler sur ces photos de famille, dénichées sur un marché.
Tous ces sujets très différents, présentés par des sensibilités différentes n’étaient (heureusement !) pas trop « esthétisants », malgré leur excellente qualité. 
Bref, on est ressorti plutôt honteux de nous plaindre de nos petits soucis de vieux bourgeois écolos, assez riches pour se payer un voyage dans une roulotte de luxe.
Il ne nous reste plus qu’à se payer un bon chocolat chaud pour nous réconforter avant de reprendre le car !


Encore un samedi à passer, avec le temps typique de la Dombes en automne : brouillard.


Et Dimanche soir, le camion est là ! On monte notre Kaplumbağa sur le plateau porte-voiture. On dormira un peu plus haut, cette nuit !


On charge la petite remorque au fond du gros camion.


À demain pour le voyage motorisé !

Anne, Dimanche 16 Novembre.

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